yellow-ga78551ff3_1920

Propriété, équité, sainteté (Lv 19.1-2, 9-10)

INTRODUCTION

Nous aspirons tous à vivre dans un pays parfait. Un pays, un monde où règnent l’équité, le partage, l’harmonie sociale.

On espère évidemment que notre prochain gouvernement saura satisfaire cette aspiration… Mais comment nous pouvons nous, déjà à notre échelle, travailler à ces si belles valeurs ?

Aujourd’hui, nous poursuivons notre série « Vivre une vie juste et généreuse », en étudiant un peu les concepts de propriété, équité et sainteté. Comment la Bible en parle ?

LECTURE LV 19.1-2, 9-10

1Le Seigneur dit à Moïse : 2« Communique ceci à toute la communauté d’Israël :

Soyez saints, car je suis saint, moi, le Seigneur votre Dieu !

9Quand tu moissonnes, ne coupe pas les épis qui ont poussé en bordure de tes champs, et ne retourne pas ramasser les épis oubliés ;

10 ne repasse pas non plus dans tes vignes pour ramasser les grappes oubliées ou les grains tombés à terre. Laisse-les pour les pauvres et pour les immigrés. Je suis le Seigneur votre Dieu !

Le livre du Lévitique est un peu le mal-aimé de la Bible. Pourtant, il est très riche, rempli de lois civiles très bonnes. Ce livre est un recueil de paroles de Dieu adressées à Moïse pour les Lévites, les prêtres ainsi qu’à l’ensemble du peuple. Les lois transmises visent justement à faire vivre l’harmonie sociale, l’équité et surtout adopter la sainte culture de Dieu.

Le chapitre 19 reprend chacun des 10 commandements, les détaille, et ponctue régulièrement d’une phrase « Je suis le Seigneur votre Dieu ». Le Seigneur Dieu est saint, alors il veut inspirer chacun à être saint comme lui. La culture de Dieu est sainte, c’est-à-dire extraordinairement pure, unique, sans mal, sans péché. Dieu veut transmettre sa culture.

  1. Propriété

Pour ce faire, il donne cette parole à chacun: « Quand tu moissonnes tes champs, limite-toi. Ne repasse pas derrière ta première récolte pour ramasser ce qui est tombé ».

Il n’est pas même question de laisser, ici, un cinquième du champ ou de la récolte pour le donner aux pauvres. Donc ce n’est pas vraiment de la charité. Dieu demande simplement de limiter le profit jusqu’auboutiste. Il demande au propriétaire de se limiter lui-même. De ne pas grappiller jusqu’à l’épis tombé par terre, la grappe isolée que l’on n’a pas vu la première fois.

A ce moment-là, Dieu n’est apparemment pas contre le concept de propriété. La propriété n’est pas le vol ici (cf. Pierre-Joseph Proudhon, 1840). Toutefois, Dieu inspire le partage rudimentaire. Le minimum, les épis des bords de champs, mélangés peut-être avec des herbes hautes, les grains tombés par terre, le pommes de terre trop petites pour être vendues, les fruits et légumes trop mûrs, invendables. Peut-être que le propriétaire aurait même jeté ou laissé dans la terre ces denrées alimentaires. En plus, cette pratique n’impose aucune charge supplémentaire au propriétaire. Il n’a rien à payer pour la collecte de ces glanages.

Cependant lorsque l’on voit que nos biens, même dont on n’a pas l’utilité, être pris gratuitement, c’est une autre histoire. Soit on peut se réjouir, soit on est titillé. Peut-être qu’on aurait pu rentabiliser notre propriété jusqu’au bout. Mais, Dieu prescrit aux propriétaires un préventif à la cupidité. Il leur inspire la reconnaissance pour la récolte. Il leur inspire le moyen d’exprimer leur reconnaissance envers lui qui les a bénis richement, et ce, en partageant l’infime partie de la récolte avec les pauvres et les immigrés.

Celui qui a fait pleuvoir sur ces champs, c’est le Seigneur. Celui qui a créé l’univers, créé la terre, le cycle de l’eau, les semences et leur germination, c’est le Seigneur. Dieu a créé, l’humain a replanté, Dieu a fait croître, l’humain a récolté.

En même temps, Dieu protège les propriétaires du vol ou du glanage excessif. Dans Deutéronome 23 (v.24-25), Dieu permet que les Israélites puissent manger chez le voisin, autant que nécessaire, mais sans faire de réserves. Il le permet à tous, alors c’est équitable.

Et en même temps, si un propriétaire Israélite refusait tout glanage dans son champ, ne respectait pas un commandement de Dieu, donc ne respectait pas Dieu, alors des malheurs pouvaient arriver… La stérilité de la terre, la sécheresse, la colonisation (Lv 26.14ss). Ces malheurs « pour briser votre orgueilleuse assurance » dit Dieu en Lv 26.19.

La Bible n’est pas un recueil classique, où le riche est toujours le méchant, et le pauvre toujours la victime. Au v.15 de notre chapitre, Dieu commande : « Ne commets pas d’injustice dans tes jugements : n’avantage pas un faible, ne favorise pas un puissant, mais rends la justice de façon équitable envers les autres Israélites. » Dieu est équitable et ne fait jamais de favoritisme.

  1. Equité

Lorsque j’ai effectué quelques recherches sur le glanage aujourd’hui, une expression m’a faite doucement rire… « En Belgique, le glanage est encore encadré par une loi veille de plus de 130 ans ! ». Les amis, notre Dieu avait légiféré cette pratique il y a bien plus que 130 ans ! Quelle fierté !

En 1857, Jean-François MILLET expose pour la première fois son œuvre « Les Glaneuses ». Dans le tableau, les femmes se courbent, et scrutent nerveusement le sol à la recherche de blé. Chaque femme est courbée différemment, représentant les 3 phases nécessaires du glanage : se pencher, ramasser les épis, puis, se redresser avant de se courber encore. Elles apparaissent dignes, actrices d’une tâche nécessaire pour pouvoir se nourrir ainsi que leur famille.

Ceux qui glanent ne reçoivent pas la charité. Ils travaillent pour se nourrir. Ils sont respectables par ce fait d’avoir effectué des efforts pour obtenir leur nourriture. Dieu valorise le travail ! Peut-être pensez-vous à Ruth, immigrée, qui alla glaner tous les jours ardemment, pour nourrir sa belle-mère et elle-même.

Comme Ruth, les glaneurs sont les pauvres, les orphelins, les veuves, comme les immigrés : tous ceux qui n’ont pas accès à une propriété pour subvenir à leurs besoins.

Cela me fait penser aux deux équatoriens venus chez mes parents cet hiver. En plus d’un travail précaire la semaine, les week-ends, ils sont allés couper les arbres tombés sur la route ou gênants chez les uns les autres, et ils les vendaient ensuite en bois de chauffage. Leur voisin leur a prêté un entrepôt et des outils, et ils ont pu sortir, un peu, de leur situation de précarité. Le partage de leur propriétaire, des arbres des uns des autres, qui ne leur a rien coûté personnellement, les a réhabilité socialement et matériellement.

Dieu se soucie du propriétaire, comme du pauvre et de l’immigré. Il leur assure une une protection sociale, et une dignité sociale. Il transmet à son peuple la culture du partage, de l’équité, de l’harmonie sociale. Les immigrés comme les pauvres ont droit à cette loi généreuse. D’autres lois permettaient une redistribution des richesses tous les trois ans par exemple. La préoccupation de Dieu pour les pauvres est si forte que cette multitude de lois établies en leur faveur, si elles étaient appliquées, auraient pratiquement éliminé toute sous-classe permanente. Notre Dieu est ambitieux… Mais surtout Saint.

  1. Sainteté

Dans le Lévitique, livre très législatif, on ressent une grande distance entre Dieu et les humains. Pourquoi à votre avis ?

Nous aspirons tous à vivre dans un pays où règnent le partage, l’équité, l’harmonie sociale… Mais un problème récurrent demeure. Il y a comme une force qui nous pousse à l’égoïsme, l’injustice, la cupidité, la honte ou le mépris. Cette force, nous l’appelons le mal. Le mal endommage notre relation à Dieu, et notre relation aux autres. Il nous éloigne à des années lumière de la culture de Dieu, de sa sainteté.

Au lieu d’instaurer la paix, la justice sociale, l’équité, nous instaurons le mépris, la honte, le vol, l’injustice, etc.… Nous avons pour cela une dette envers Dieu.

Par ses lois, Il voulait réhabiliter nos relations et notre relation à Lui. Ces lois servent d’itinéraire vers sa sainteté.

Bien sûr, le mal est ancré en nous, de génération en génération, et nous rend incapables d’être saints comme Lui. C’est pourquoi déjà, dans ce troisième livre de la Bible, le Seigneur prévoyait un jour d’expiations pour les péchés. Le Yom Kippour. Le Jour où notre dette envers Lui était payée, régulièrement. Le Jour du Grand Pardon, le grand prêtre tirait au sort deux boucs : l’un pour être sacrifié, l’autre, bouc émissaire, chassé dans le désert, chargé symboliquement de tous les péchés d’Israël.

Cet animal sacrifié, ce bouc émissaire chassé, n’ont pas été suffisants. La symbolique est insuffisante. Nos péchés sont récurrents… C’est le cœur de l’humain qu’il faut changer. Alors, Dieu s’est chargé lui-même de nos péchés. En Christ, Dieu s’est fait homme, et a donné sa vie en rançon pour payer notre dette envers Lui. Il s’est fait lui-même sacrifice et bouc émissaire, pour nous. Égoïsme, cupidité, paresse, honte, Christ s’en est chargé. Par sa vie, nous sommes rachetés. En Christ, nous sommes saints. En Christ, nous sommes réhabilités dans notre dignité première.

En Christ, Dieu réhabilite parfaitement sa sainteté en nous.

CONCLUSION

En Christ, Dieu réhabilite parfaitement l’harmonie sociale, l’équité et notre sainteté. Dans un pays encore à venir, son Royaume éternel, ceux qui auront accepté Christ comme Sauveur et Seigneur Dieu, vivront cette réhabilitation parfaite. En attendant, suivons l’itinéraire du Christ, Dieu Saint fait homme. Soyons inspirés par la sainteté de Jésus-Christ, notre Seigneur.

PRIERE

Dieu Saint, pour ta sagesse, bonté et pureté infinies, merci. Merci d’être si parfaitement juste, si parfaitement équitable, impartial, et ô combien généreux. Sans mérite devant ta grâce, sans plus aucune crainte devant ta face, nous sommes. Sans effort, non sans quelque résignation, nous t’acceptons Jésus, tout à nouveau, comme Sauveur et Seigneur. Par ton Esprit Saint, sanctifie-nous. Par ton Esprit, que je sois semblable à toi.

Le Saint-Esprit : Dieu en nous (Ac 2.1-41)

Qui est l’Esprit Saint ? À quoi sert-il ?

Afin de répondre à ces deux questions, je vous propose de lire le fameux récit du livre des Actes, le chapitre 2. Actes 2, versets 1 à 41.

1Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. 2Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme un violent coup de vent, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. 3Ils virent apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et se posèrent une à une sur chacun d’eux. 4Ils furent tous remplis de l’Esprit saint et ils se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer. 5À Jérusalem vivaient des Juifs qui honoraient Dieu, venus de tous les pays du monde. 6Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. 7Ils étaient remplis de stupeur et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? 8Comment se fait-il que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? 9Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie ; 10certains sont de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; d’autres sont venus de Rome, 11de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes œuvres de Dieu ! » 12Ils étaient tous remplis de stupeur et ne savaient plus que penser ; ils se demandaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela signifie ? » 13Mais d’autres se moquaient en disant : « Ils sont complètement ivres ! »
14Pierre se leva avec les onze autres apôtres ; d’une voix forte, il s’adressa à la foule : « Vous, Juifs, et vous tous qui vivez à Jérusalem, écoutez attentivement mes paroles et comprenez bien ce qui se passe. 15Ces gens ne sont pas ivres comme vous le supposez, car il est neuf heures du matin. 16Mais c’est maintenant que se réalise ce que le prophète Joël a annoncé : 17“Voici ce qui arrivera dans les derniers jours, dit Dieu : Je répandrai de mon Esprit sur tout être humain ; vos fils et vos filles deviendront prophètes,je parlerai par des visions à vos jeunes gens et par des rêves aux plus âgés parmi vous. 18Oui, je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes en ces jours-là, et ils parleront en prophètes. 19Je susciterai des prodiges en haut dans les cieux et des signes miraculeux en bas sur la terre : Il y aura du sang, du feu et des nuages de fumée, 20le soleil deviendra obscur et la lune sera rouge comme du sang, avant que vienne le jour du Seigneur, ce jour grand et éclatant. 21Alors toute personne qui fera appel au Seigneur sera sauvée.”
22Gens d’Israël, écoutez ce que je vais vous dire : Jésus de Nazareth était un homme dont Dieu vous a démontré l’autorité, en accomplissant par lui toutes sortes de miracles, de prodiges et de signes extraordinaires au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. 23Cet homme, livré conformément à la décision que Dieu avait prise et au projet qu’il avait formé d’avance, vous l’avez fait attacher sur une croix et tuer par des gens sans foi. 24Mais Dieu l’a ressuscité, il l’a délivré des douleurs de la mort, car il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir. 25En effet, David a dit à son sujet : “Je voyais continuellement le Seigneur devant moi, il est à mes côtés pour que je ne tremble pas. 26C’est pourquoi mon cœur est rempli de bonheur et mes paroles débordent de joie ; mon corps lui-même reposera dans l’espérance, 27car, Seigneur, tu ne m’abandonneras pas dans le monde des morts, tu ne permettras pas que moi, ton ami fidèle, je pourrisse dans la tombe. 28Tu m’as montré les chemins qui mènent à la vie, tu me rempliras de joie par ta présence.” 29Frères et sœurs, il m’est permis de vous dire très clairement au sujet du patriarche David : il est mort, il a été enterré et sa tombe se trouve encore aujourd’hui chez nous. 30Mais il était prophète et il savait que Dieu lui avait promis sous serment que l’un de ses descendants lui succéderait comme roi. 31David a vu d’avance ce qui allait arriver ; il a donc parlé de la résurrection du Christ quand il a dit : “Il n’a pas été abandonné dans le monde des morts, et son corps n’a pas pourri dans la tombe.”
32Ce Jésus dont je parle, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes tous témoins. 33Il a été élevé par la main droite de Dieu et il a reçu du Père l’Esprit saint qui avait été promis ; il l’a répandu sur nous, et c’est ce que vous voyez et entendez maintenant. 34Car David n’est pas monté lui-même aux cieux, mais il a déclaré : “Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, 35jusqu’à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds.” 36Tout le peuple d’Israël doit donc le savoir avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié ! »
37Les auditeurs furent profondément bouleversés par ces paroles. Ils demandèrent à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? » 38Pierre leur répondit : « Changez de vie et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnés. Vous recevrez alors le don de l’Esprit saint. 39Car la promesse de Dieu a été faite pour vous et pour vos enfants, ainsi que pour tous ceux qui vivent au loin, tous ceux que le Seigneur notre Dieu appellera. » 40Pierre leur adressait encore beaucoup d’autres paroles pour les convaincre et les encourager, et il disait : « Acceptez le salut pour n’avoir pas le sort de ces gens perdus ! » 41Un grand nombre d’entre eux acceptèrent les paroles de Pierre et furent baptisés. Ce jour-là, environ 3 000 personnes s’ajoutèrent au groupe des croyants. 
 

1. Qui est le Saint-Esprit ?

Comment cet épisode de la vie des disciples du Christ, épisode historique pour toute l’Humanité, peut répondre à notre question : Qui est le Saint Esprit ?

Les disciples de Jésus en avait entendu parler. Avant tout, ils l’attendaient, comme tous les autres juifs, comme un don promis de Dieu. C’est ce que Pierre enseigne en citant la promesse de Dieu transmise par le prophète Joël (Jl 3.1-5, version LXX/grecque). Dieu dit : « Dans la fin des temps, je répandrai de mon Esprit sur tout être humain ! Jeunes, vieux, hommes, femmes ! Et tous parleront de ma part ! ». C’est cela le sens général de « prophétiser » : parler de la part de Dieu.

L’Esprit de Dieu est envoyé par Dieu le Père et par Jésus son Fils (Ac 2.33). Jésus lui-même a rappelé ceci aux disciples avant son ascension : « Vous recevrez une puissance quand l’Esprit Saint descendra sur vous. ALORS, vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde. » (Ac 1.8).

Le Saint-Esprit se manifeste comme Dieu. Comme un violent coup de vent, un grand bruit venant du ciel, comme des flammèches de feu… Ces comparaisons ressemblent à plusieurs autres scènes dans lesquelles Dieu se manifestait à son peuple. Par exemple au mont Sinaï où Dieu « descend » pour parler à Moïse : feu, nuage de fumée, tonnerre, tremblements sont au rendez-vous (cf. Ex 19.18 ; 1 R 19.11-12 ; Es 29.6 ; 30.27-28). Cet épisode dans l’histoire du peuple d’Israël est fondamental pour comprendre la venue du Saint-Esprit sur les disciples. Au mont Sinaï, Dieu descend pour conclure une alliance avec le peuple. Dans ce spectacle de feu, de tonnerre, de montagnes tremblantes, Dieu donne à Moïse les 10 commandements qui illustrent sa volonté pour le peuple.

C’est ce que la Pentecôte juive célèbre. Celle-ci attira des milliers de juifs des quatre coins du monde à Jérusalem d’après le livre des Actes (2 Ch 15.10ss ; Ac 2.5). De même, quand l’Esprit Saint descend sur les disciples, c’est Dieu lui-même qui descend, mais EN eux. Dieu en nous. Quoi de mieux, pour accomplir la volonté de Dieu, que d’avoir son Esprit en nous…

Attention, le Saint-Esprit n’est pas une sorte d’énergie, un fluide divin, une sorte d’électricité. Il est aussi bien plus qu’une force vitale présente dans la nature. L’Esprit Saint est la troisième personne de la Trinité. Le Saint Esprit est Dieu, au même titre que le Père est Dieu, que Jésus-Christ son Fils est Dieu. Nous, chrétiens, croyons en un seul Dieu manifesté en trois personnes.

Le Saint Esprit remplit les disciples. Il vient habiter, demeurer complètement dans chacun des disciples présents. Pas seulement les onze, mais tous ! Hommes et femmes de tout âge, de toute nation, de toute culture. Qu’importe leur passé, qu’importe leur étape de compréhension des œuvres de Dieu, de sa Parole : tous sont remplis de l’Esprit, dans tout leur être.

Il est personnel, mais non personnalisable. L’Esprit Saint remplit chacun des disciples, mais tous annoncent le même Dieu. Un ami à moi, comme beaucoup aujourd’hui, croit en Dieu. Seulement, contrairement au Dieu de la Bible, son Dieu n’existe comme tel que dans sa réalité, son cœur. Ce Dieu là est une sorte de force agissante, intimement liée à son intuition. Et pour lui, chacun peut avoir son Dieu, modelable selon les ressentis et les besoins. Quant à l’Esprit Saint, il ne se modèle pas à notre image, mais imprime l’image de Dieu en nous.

Il pousse les disciples à raconter les œuvres merveilleuses de Dieu. Il éclaire leur compréhension des Écritures, les fait témoigner, et ce même dans d’autres langues ! Des hommes, des femmes se mettent à parler dans des langues qu’ils ne connaissent même pas ! Ces Juifs d’Israël, disciples de Jésus, ne venaient pas des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient donc pas connaître ces langues. C’est un miracle ! Un miracle qui aboutit à ce que des milliers de personnes en recherche spirituelle trouvent leur Sauveur en Jésus-Christ… Je trouve que c’est un encouragement direct pour nous, supplémentaire à tout ce que ce passage peut nous donner : l’Esprit Saint peut aussi nous faire témoigner à une personne de manière complètement appropriée, parfaitement compréhensible pour elle.

L’Esprit Saint ne fait pas l’unanimité. Il reçoit admiration et mépris…(Ac 2.7, 12-13). De surcroît, il opère un tri entre les personnes à la foi authentique, qui découvrent Jésus-Christ comme leur Sauveur, et ceux qui endurcissent leur cœur. Ceux qui résistent à voir Dieu à l’œuvre devant leurs yeux, dans leur quotidien, ceux qui résistent à la grâce de Dieu.

En même temps, l’Esprit Saint unie. C’est un réconciliateur ! Vous vous souvenez l’épisode de la tour de Babel (Gn 11.1-19) ? Les humains voulaient atteindre le ciel en construisant tous ensemble une tour et faire de cet édifice grandiose un sujet de gloriole. Quand Dieu vit leurs intentions, il brouilla simplement leur langage, qui était unique à l’époque. C’est suite à Babel que fut créée la diversité des langues, diversité des nations. C’est par la Pentecôte d’Actes 2, la venue du ciel sur terre, que fut initiée la réconciliation des nations, la réconciliation des humains.

Dans le reste de la Bible, le Saint Esprit est aussi un acteur fondamental de la Création de l’univers (Gn 1.2). Il est celui qui nous maintient tous en vie (Gn 7.22, Ps 4.30), sans qui tout l’univers s’évanouirait dans le néant. C’est une personne qui a inspiré les prophètes d’autrefois, qui a habité et guidé des rois, des juges d’Israël. La différence avec aujourd’hui, c’est que l’Esprit de Dieu demeure éternellement dans les croyants. Une personne qui a réellement reçu l’Esprit de Dieu, même si pendant un temps elle délaisse sa relation avec Dieu, sa foi, l’Esprit Saint demeure toujours en elle ! Rien ne pourra lui arracher. Quel sujet d’espérance !

L’Esprit Saint a une volonté, une intelligence, des sentiments. Il distribue des dons, inspire, guide (Ps 143). Il nous soutient, il prie à notre place lorsque nous n’y arrivons plus (Rm 8.26). Il est un avocat, un défendeur pour les croyants après l’ascension du Christ (1 Jn 2.1). Il travaille en nous pour produire l’amour, la paix, la fidélité, et tant d’autres fruits. Il produit aussi des miracles ! D’ailleurs, le livre des Actes des Apôtres devraient plutôt s’appeler « les Actes de l’Esprit Saint » selon un de mes professeurs. C’est par l’Esprit que les malades ont guéris, que les paralysés se sont mis à marcher, que tous les miracles racontés dans les Actes se sont produits. Jésus lui-même accomplissait toutes ces choses par l’Esprit de Dieu. Lui est rempli de l’Esprit sans mesure, éternellement, tout simplement parce qu’il est Dieu ! C’est l’Esprit qui a ressuscité Jésus et qui ressuscitera l’humanité entière pour voir Dieu face à face. En revanche, on peut l’attrister (Es 63.10 ; Ep 4.30), lui résister, lui mentir (Ac 5.3).

Cet Esprit nous enseigne la volonté de Dieu (Ph 2.13) et témoigne de Christ. Il témoigne du Christ EN nous et PAR nous. Par sa présence en nous, il nous rend fils et filles adoptifs de Dieu, une fois pour toutes (Eph 4.30 ; Rm 8.14) ! Il est aussi appelé Esprit du Christ et Esprit du Père (Rm 8.9 ; Ga 4.6 ; Ph 1.19 ; 1 P 1.11 ; Ac 16.7 ; Mt 10.20). L’Esprit Saint est Dieu dans chaque chrétien authentique. L’Esprit Saint est Dieu en nous.

2. Vivre avec le Saint-Esprit ?

Sans le Saint-Esprit, suivre Christ serait impossible. Sans lui, l’Église n’existerait pas, parce que sans lui, personne ne peut recevoir la grâce de Dieu. Sans lui, nous ne nous connaitrions pas. Nous ne serions pas ensemble ce matin. Sans lui, nous ne pouvons pas connaître l’amour de Dieu, ni le recevoir, ni l’aimer en retour. Sans lui, il n’y aurait aucune limite au mal dans le monde et moins encore de limite à notre propre corruption. Sans lui, la vie n’existerait pas, alors moins encore la nouvelle vie en Jésus-Christ.

L’Esprit Saint est indispensable. Aujourd’hui, c’est un peu la fête de la création de l’Église. On pourrait inconsciemment cantonner l’Esprit Saint à la spiritualité de nos frères et sœurs pentecôtistes. Nous faisons erreur : tout chrétien authentique est habité par l’Esprit de Dieu. Cet Esprit qui est le même hier, aujourd’hui et demain.

Ce que les disciples ont vécu avec l’Esprit, nous pouvons le vivre aujourd’hui ! Alors bien sûr, les Actes sont un temps tout particulier : l’ouverture du Royaume, la création de l’Église, l’accomplissement des promesses qui s’entament. Seulement, l’Esprit en nous, même si nous ne le ressentons pas, est la même personne avec la même volonté.

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai tendance à l’oublier. C’est d’ailleurs le titre d’un livre « Le Dieu oublié », de Francis Chan.

Ma pasteur donnait cette image : le Saint-Esprit est souvent dans nos vies comme l’invité cantonné au fauteuil du salon. Vous savez, un invité que l’on laisse sagement assis pendant que l’on fait nos affaires. Cet invité-là n’a qu’un désir : que nous lui disions « Tu es ici chez toi. ».

Tu es ici chez toi. Tu peux ouvrir toutes les pièces de mon être, fouiller les vieux placards, ouvrir les vieux dossiers jamais classés et faire le ménage en moi. Tu peux ouvrir les rideaux de cette vieille pièce fermée depuis des années où je stocke tout ce que je ne veux plus voir… J’accepte que tu sois là à chaque instant. J’accepte que tu me guides, que tu me conseilles, que tu m’aides à suivre Christ de mieux en mieux. J’accepte que tu me donnes le courage de témoigner de Christ avec audace, coûte que coûte. Saint Esprit, tu es en moi chez toi.

Je vous invite à parler avec Dieu. tout à nouveau s’adresser à l’Esprit de Dieu et lui dire ceci : « Tu es en moi chez toi ».

Comment l’Esprit de Dieu se manifeste-t-il à vous en ce moment ? Ou bien, lequel de ses attributs voudriez-vous vivre prochainement ?

Le Saint-Esprit est Dieu en nous. Il est la marque que Dieu nous a aimés en premier en Christ. Il est notre fidèle ami quotidien, celui qui nous aide à aimer Christ et témoigner de Christ de tout notre être.

(Eglantine CAUDWELL)

La Bonne Nouvelle du Royaume

Est-ce que vous connaissez le mot « Evangile » ? que signifie-t-il, à votre avis ? littéralement, « bonne nouvelle » ; un des quatre évangiles, un des quatre livres qui racontent la vie de Jésus, qui est une bonne nouvelle pour nous ; le message qui concerne Jésus et qui résume la foi chrétienne…

Parmi ceux qui ont écrit un évangile (biographie de Jésus), il n’y a que Marc qui utilise ce mot, et il lui donne une place particulière.

Lecture biblique: Marc 1.1, 14-15

1 Commencement de la bonne nouvelle [évangile] de Jésus, Christ, Fils de Dieu. 

[arrive le prophète Jean, le baptiste, qui prêche la venue du Messie et invite à se préparer en mettant de l’ordre dans sa vie pour l’accueillir. Jésus arrive à son tour, il reçoit le baptême de Jean]

14 Après que Jean eut été mis en prison, Jésus se rendit en Galilée ; il y proclamait la bonne nouvelle [évangile] de Dieu. 

15 « Le moment favorable est venu, disait-il, et le règne de Dieu est tout proche ! Changez de vie et croyez à la bonne nouvelle [évangile] ! »

Marc donne le ton de l’usage du mot évangile : au v.1, c’est un peu le titre de son livre, qui résume ce qu’il va nous dire au sujet de Jésus : c’est le Fils de Dieu, celui qui va montrer par sa sagesse, sa puissance et sa compassion, qu’il est bien plus qu’un homme.  Plus loin, le mot vient résumer le message de Jésus lui-même, sa prédication. Nous en aurons plein d’exemples par la suite, mais la Bonne Nouvelle, c’est ce que Jésus vient annoncer dans sa région. Nous sommes ici au tout début du ministère de Jésus.

Le règne de Dieu au cœur du message

Or, qu’est-ce qui est au cœur du message de Jésus ? La venue du règne de Dieu. C’est vraiment ainsi que vous définiriez l’Evangile ? En mettant l’accent sur le Royaume de Dieu ? Spontanément, on parlerait plutôt de salut, d’incarnation, de pardon, d’amour… Mais Jésus, celui qui accède au trône divin le jour de l’Ascension, le Roi, Jésus annonce dès le début le Royaume de Dieu.

Et pour lui, c’est une excellente nouvelle !! mais… qu’est-ce que ça veut dire ? Nulle part, nous n’avons la définition. Comme quelqu’un qui viendrait vous voir avec un immense sourire : « ça y est, on l’a ! » Super !! mais quoi ? On sent qu’il faut se réjouir, mais… de quoi, exactement ? ils ont quoi ? les clefs de leur nouvel appartement mieux placé, la réponse à une demande de formation, le cadeau pour la fête des mères, le DJ pour le mariage ?… En fonction du contenu, vous ajustez votre réponse ! Et ça peut être gênant quand on ne sait pas de quoi l’autre se réjouit.

Alors, le règne, c’est quoi ? c’est l’activité du roi : il règne. En général, en histoire-géo, on parlera du règne de Louis IX p. ex. (1226-1270) : les dates correspondent à la période où il est en charge, où c’est lui le roi, lui qui a autorité. Du coup, le règne implique aussi un royaume, un lieu, des personnes, sur qui ce roi a autorité, et dans la bouche de Jésus, on peut comprendre à la fois règne et royaume.

Il y a quelque chose de temporel dans l’annonce de Jésus : le règne de Dieu va bientôt commencer. Sauf que… Dieu est déjà roi ! à la création, à l’époque d’Abraham, à l’époque de Jésus et à notre époque ! ce n’est pas comme s’il y avait d’autres dieux, d’autres créateurs en rivalité avec lui pour monter sur le trône : personne ne vient avant ou après Dieu !

Alors au temporel, il faut ajouter du géographique : son règne existe, quelque part, mais les frontières bougent, et l’étendue du royaume de Dieu est en train de changer. Dans la géopolitique spirituelle, à l’époque de Jésus, on a une espèce de statu quo : les humains ont opté depuis des millénaires pour le séparatisme, et ils se sont exclus du royaume de Dieu. Ils s’auto-gouvernent, avec des conséquences merveilleuses comme l’harmonie entre les peuples, la paix entre les personnes, la justice et l’équité, la vérité et l’honnêteté, l’amour et la compassion, la générosité… Ah non pardon, je me suis trompée ! Ca, c’est quand Dieu règne !

Depuis le coup d’état humain, la gouvernance a changé, et on est plutôt confronté à l’insécurité, à la violence, aux inégalités, à la cupidité – peu importe l’endroit du monde. Qui est roi dans notre monde séparatiste ? L’être humain, avec ses grandeurs et ses décadences… mais pas seulement ! A notre insu, nous avons donné le pouvoir à des êtres mal intentionnés, à l’adversaire de Dieu, au rebelle qui ne supportait pas l’autorité de Dieu et qui préfère le chaos à l’harmonie – celui qui qu’on appelle Satan, l’accusateur, l’adversaire. Il nous flatte en persiflant : « oui, oui, vous êtes maître de votre vie », alors qu’en douce, il fait ses petites affaires et il compte les pertes.

Jésus se met à parcourir le pays avec ce message : les lignes bougent… le roi légitime arrive pour rétablir un règne pacifique et juste. Et le déclic, le moment clef, c’est la venue de Jésus lui-même : même s’il n’en parle pas encore, c’est lui, Jésus, Fils de Dieu devenu homme, Roi divin, c’est lui qui fait bouger les lignes. Il vient là en ambassadeur, en diplomate, pour annoncer le changement de régime, et conduire les négociations. Avec qui ?

Du côté des négociations, Jésus ne prendra pas la peine de parler avec les dirigeants humains, avec l’Empereur ou même avec le gouverneur romain. Non, Jésus sait très bien que puissants ou faibles, nous sommes tous manipulés d’une manière ou d’une autre en coulisse. Non, il négocie directement avec Satan ! Je ne sais pas trop comment ça s’est passé, la géopolitique spirituelle dépasse notre niveau de connaissance, mais ce que je sais, c’est que l’ambassadeur Jésus a été prêt à payer le prix fort pour que le changement de régime se fasse avec le moins de dommages collatéraux possibles. Il a négocié notre réintégration dans le royaume de Dieu, comme un transfert de population, en mettant sur la table sa vie, sa justice, sa perfection et sa puissance, et il est mort. Sauf que sa vie et sa justice étaient plus que suffisantes pour couvrir le coût de notre rançon, et il est ressuscité : Satan, et son système basé sur la destruction, la perversion, et la mort, est en train de s’écrouler.

Et en parallèle, il y a l’annonce politique du changement de règne, et elle, Jésus la destine à tous, aux hommes, aux femmes, aux enfants : c’est un fait, les lignes bougent. Qu’est-ce qu’on choisit ? On reste du côté séparatiste ou on se rallie au Roi qui arrive ?

          Une annonce solennelle

Le mot évangile, « bonne nouvelle », a un sens particulier à l’époque de Jésus, c’est un mot assez solennel. Un peu comme un faire-part. Et un faire-part peut avoir un double sens : un faire-part de naissance vous annonce que la famille a changé, qu’il y a un avant et un après. Un faire-part de mariage vous prévient d’un événement heureux à venir… Dans la bouche de Jésus, l’Evangile est un double faire-part : Dieu a pris les choses en main, le déclic est passé… et le royaume arrive, de façon inexorable.

C’est en cours, ça a déjà commencé – et c’est une excellente nouvelle ! Le changement commence avec la venue de Jésus, la victoire est scellée à sa mort et à sa résurrection, et le signe de sa victoire, c’est qu’il prend place à la droite de Dieu, Jésus ressuscité, Jésus roi. Ce n’est pas encore complètement visible, l’Adversaire déchu fait encore des siennes, espérant utiliser la technique de la terre brûlée, mais le roi a remporté la victoire, et son règne approche.

L’Ascension est cruciale pour nous, pas parce que c’est un long week-end ! mais parce que ce moment nous rappelle que le règne de Dieu est en marche, de façon inexorable. le message de Jésus dépasse la dimension individuelle de notre salut et de notre relation personnelle avec Dieu : il y a une dimension globale, mondiale, cosmique  car Dieu veut rétablir l’harmonie dans ce monde, voir la justice triompher, la vie s’épanouir, la joie éclater.

           Une décision à prendre

Vous êtes dans la salle d’attente de la gare Matabiau, il est 10h du matin, et vous attendez le train pour Bordeaux. Une annonce passe dans les enceintes (« le train en direction de Bordeaux Saint-Jean est arrivé en voie 4. Il partira voie 4, à 10h23 »). Dans cette annonce, il y a une question : votre train est là, vous faites quoi ?

Jésus fait la même annonce : le royaume est en route… Alors, vous faites quoi ? Vous rejoignez l’aventure ? Ah vous n’avez pas de billet, et pas assez sur vous pour en acheter ? C’est pas grave, Jésus vous l’offre ! Il paye votre place.

Changez de vie et croyez ! Montez dans le train ! rejoignez le royaume… En annonçant que les lignes bougent, Jésus nous interpelle : il faut prendre une décision. Il faut se positionner. Un changement de régime est en cours, on ne peut pas rester neutre, il faut choisir. A la différence de la géopolitique humaine, Jésus ne demande pas de prendre les armes… Il demande plutôt de baisser les armes ! de laisser de côté le séparatisme et ses illusions, ses mensonges, ses décadences, pour faire allégeance au vrai Roi, le roi de justice et de paix. La foi, ce n’est pas seulement une ouverture au monde spirituel… une connexion à un Être supérieur… C’est un positionnement, un acte politique, une appartenance : le Roi légitime arrive, et je le rejoins. Je fais un choix.

En faisant cet acte d’allégeance aujourd’hui, alors que la victoire est proclamée sans que la passation de pouvoir ait été officielle, nous vivons déjà un peu de ce règne de Dieu : connectés à lui, nous recevons sa paix et son pardon, son amour et ses paroles de vérité. Nous goûtons à son royaume, à sa liberté, à sa bonté. Nous sommes citoyens du Royaume de Dieu, même si nous habitons encore ici ou là.

Et cela, nous l’expérimentons personnellement, dans la proximité avec Dieu, et ensemble, en église, en communautés rassemblées comme des avant-postes avant-gardistes du Règne de Dieu qui vient, où nous apprenons ensemble à quoi ressemble la vie avec Dieu, où nous nous soutenons ensemble pour expérimenter les projets innovants de Dieu – des projets d’amour et de vérité qui se concrétisent entre nous, et sur le terrain de notre vie quotidienne…

Alors l’apprentissage est long, pour apprendre la langue, la culture, les us et coutumes du Royaume de Dieu, d’autant que comme toute différence géopolitique, nos choix peuvent vite créer des incompréhensions, des écarts, des tensions… Mais ça en vaut la peine ! Vous préférez quoi, les ruines d’un royaume de mensonge et de violence, ou les frémissements de la justice et de la paix ?

 

Jésus est Roi, à la droite du Père. Son règne arrive, inexorablement – le message résonne avec autant d’urgence qu’à son époque : à qui rendrons-nous allégeance ? Au roi puissant, aimant, juste et libérateur, ou à l’imposteur qui agite la bannière de l’autonomie pour mieux nous manipuler ?

Jésus nous invite à rejoindre l’aventure… à monter dans le train… Où vous situez-vous ? dans la salle d’attente de la gare, ou sur le quai, ou dans un mauvais train, ou sur le marche-pied, hésitant, ou installés dans le bon train, endormis ou réveillés… L’annonce résonne : que choisissez-vous ?