Jésus, je te suivrai !

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Lecture biblique: Luc 9.57-62

Jésus je te suivrai ! C’est la définition même de la vie chrétienne, de la foi, c’est le sens du baptême, et je vous propose de nous arrêter ce matin sur un passage de la Bible où Jésus clarifie ce que cela veut dire.

Jésus m’étonnera toujours… Franchement, il est un peu dur là ! Un homme s’approche de lui, candide, ouvert, bien intentionné, prêt à tout, et Jésus le reçoit avec une remarque sévère : « les renards et les oiseaux ont des lieux de repos, de confort, des lieux rassurants, mais pas moi. Tu veux me suivre ? partout ? mais moi je marche sur un chemin difficile, étroit, abrupt et rocailleux… Es-tu prêt à me suivre avec tout ce que cela implique ? »

Croisant un autre homme, Jésus prend l’initiative : « suis-moi ». Cet homme endeuillé, se préparant à enterrer son père, accepte mais demande un délai. Quoi de plus normal ? C’est son père ! Et dans la culture juive, ce serait un déshonneur terrible que de ne pas assister aux obsèques de son père, du chef de famille ! Pas que dans la culture juive d’ailleurs… Jésus fait fi de cette demande : « laisse tout, ce qui compte, c’est de me suivre. »

Un troisième homme arrive, un peu entre les deux : comme le premier, il est volontaire, comme le deuxième il demande un délai – pour une raison moins dramatique mais légitime : saluer ses parents. Ces trois hommes sont enthousiastes, ils veulent suivre Jésus, et Jésus leur répond à tous les trois d’un ton dur, sévère, réprobateur. Ont-ils été découragés par les remarques de Jésus ou ont-ils choisi de suivre Jésus malgré tout ? On n’en sait rien, et finalement ce qui ressort du texte, ce n’est pas le destin de ces trois hommes anonymes, mais l’exigence que Jésus fixe à celui ou celle qui veut le suivre. Ce sont les paroles de Jésus qui résonnent de manière intemporelle à nos oreilles : tu veux me suivre ? Alors voilà ce que ça implique.

1)   Suivre Jésus avec détermination

Jésus exige qu’on le suive totalement, avec une détermination sans failles. Jésus était un prédicateur ambulant, à la vie pour le moins précaire : rien n’était assuré, et à chaque village, il fallait une bonne âme pour héberger et nourrir Jésus et tous ceux qui s’attachaient à lui, ce qui faisait une bonne petite troupe. Même les bêtes sauvages avaient plus de confort et de garanties que Jésus !

Celui qui suit Jésus doit s’attendre à emprunter des chemins inconnus, à délaisser le confort, la facilité, aujourd’hui encore. Aujourd’hui encore, si on veut suivre ses valeurs, ses priorités, vivre comme lui, avec Dieu, alors on s’engage en terre inconnue, dans un voyage qui ne ressemble pas à ce qu’on aurait prévu ou imaginé. Suivre Jésus, c’est abandonner les plans sur 10 ou 30 ans, abandonner les garanties qui nous rassurent. Certes, pour tout le monde, rien n’est jamais certain, c’est vrai. Mais Jésus demande à ce qu’on se prépare à abandonner toute certitude pour trouver notre seule assurance, notre seule garantie, notre seule stabilité en lui, et pas ailleurs. Pas dans une maison, pas dans notre travail, ou dans notre santé, ou, pour l’église, dans notre histoire, nos murs ou notre fonctionnement. Notre stabilité, c’est Jésus, notre garantie, notre repos, notre home sweet home, c’est Jésus. Et Jésus marche, Jésus avance, Jésus nous emmène à sa suite, dans la précarité, nous obligeant à nous reposer sur lui seul.

Mais dans cette remarque de Jésus sur la précarité de sa vie, face à l’enthousiasme de ce premier homme, on trouve plus que les difficultés d’une vie nomade. Ces dialogues ont lieu alors que Jésus s’est mis en route pour Jérusalem : c’est son dernier voyage. En effet, depuis qu’il s’est mis à parcourir le pays, Jésus a suscité l’opposition, notamment des chefs religieux, à cause de la liberté dont il fait preuve. Jésus ne rentre pas dans les cases, il parle avec une passion percutante, ses paroles ont la justesse de la vérité, sans oublier les miracles, les guérisons, qui attestent que Dieu le soutient, que Dieu est avec lui. Mais… Jésus bouscule trop l’ordre établi, il remet en cause par sa simple présence l’autorité des bons vieux chefs religieux et du système qui existait alors. Dès le début, Jésus a suscité l’opposition, qui a grandi avec les années, mais nous arrivons là à un stade où ses opposants vont tout faire pour le piéger, pour l’arrêter, à tout prix. Jésus sait cela, mais il est déterminé à remplir sa mission jusqu’au bout.

Celui qui suit Jésus peut rencontrer de l’opposition, du rejet, de l’incompréhension, parce qu’il a d’autres priorités, parce qu’il adopte d’autres valeurs, un autre style de vie, parce qu’il vit à contre-courant. Face au rejet, qu’en est-il ? Celui qui regarde en arrière ne pourra pas tenir, celui qui est nostalgique de la vie d’avant, celui qui cherche des arrangements pour inventer un équilibre impossible : celui-là ne peut pas être disciple et avancer avec Jésus. Essayez de conduire en regardant en arrière ! Vous risquez fort de ne pas arriver au bon endroit, et même d’avoir un grave accident.

Suivre Jésus exige que nous soyons déterminés, à 100%. On ne suit pas Jésus à moitié, sur certains points, ou à certains moments, ou avec certaines personnes. Les disciples, ceux qui suivaient Jésus physiquement, s’engageaient totalement à le suivre, et Jésus attend la même chose de nous : une détermination absolue, concentrée, inflexible.

2)   Choisir la vie

Faire de Jésus notre priorité, notre seul appui, notre but ultime, c’est une sacrée demande ! Pourquoi Jésus en demande-t-il autant ? Parce qu’en Jésus se trouve la vie ! Auprès de Jésus se trouve la vie !

Lorsque Jésus retient l’homme endeuillé qui devait enterrer son père, il le fait au nom de la vie ! « Laisse les morts enterrer les morts, et toi, va annoncer le royaume de Dieu ! » Annoncer le royaume de Dieu, c’est annoncer aux autres que Dieu nous aime et veut nous sauver, c’est relayer la bonne nouvelle que Jésus annonce : Dieu fait revivre celui qui vient à lui, quel qu’il soit. Dieu fait revivre.

De manière provocante, Jésus invite à laisser le passé, ce qui est mort, ce qui nous empêche d’avancer, derrière, pour se concentrer avec détermination sur la vie que Dieu donne, sur cette offre de salut que Dieu nous appelle à saisir et à partager avec ceux qui nous entourent. Non pas qu’il faille boycotter toutes les cérémonies d’obsèques ! mais dans le cas de ce jeune homme, il n’était pas possible de faire les deux : suivre Jésus tout en restant quelques jours pour organiser l’enterrement de son père. Dans ce dilemme, Jésus invite à choisir la priorité ultime : la vie, la vie à saisir, la vie à partager.

Pour nous ça peut être un autre renoncement – lié aux convenances sociales, au style de vie, aux passions… Ces choses sont bonnes, mais si elles se tiennent entre la vie et moi, si elles deviennent une diversion, une déviation, alors Jésus invite à choisir la vie !

Jésus lui-même a choisi la vie, ou plutôt, notre vie. Il a tout abandonné, tout sacrifié, tout trié dans ses priorités pour se concentrer uniquement sur ce qui allait nous faire vivre, sur sa mission. Sans cesse, il a annoncé l’amour de Dieu, montré l’amour de Dieu par ses paroles et ses actes, même quand il était fatigué, même quand il était pressé, même quand il avait prévu autre chose. La vie des autres a toujours été prioritaire. Il est allé jusqu’à donner sa propre vie pour que nous puissions recevoir le pardon de Dieu qui fait vivre. Il est mort pour que nous puissions vivre. Notre vie à ses yeux n’a pas de prix, il a tout donné pour nous : voilà pourquoi il nous exhorte avec autant de force à choisir la vie. La vie auprès de celui qui fait vivre : Dieu.

Conclusion

Jésus nous a ouvert un chemin de vie, avec Dieu. Pour cela il a fait preuve d’une détermination à toute épreuve, pour nous. Le suivre dans la foi demande aussi de la détermination : accepter de le suivre là où c’est difficile, choisir de lui faire confiance quand nos autres garanties s’effacent, renoncer à ce qui nous retient dans notre marche avec lui. Mais le jeu en vaut la chandelle, car sur ce chemin étroit, nous trouvons Dieu, nous trouvons celui qui fait vivre, nous recevons sa joie, sa paix, sa grâce !

 

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