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5 Solae (3) Par la foi seule

Regardez la prédication ici.

Ce matin, je ne vais pas vous traiter de personnes à la foi écœurante, mais … d’insensés !

LECTURE – Lettre aux Galates, 3.1-14

1Ô Galates insensés ! Qui vous a ensorcelés ? Pourtant, c’est une claire vision de Jésus Christ mort sur la croix qui vous a été présentée. 2Je désire que vous répondiez à cette seule question : avez-vous reçu l’Esprit de Dieu parce que vous avez obéi en tout à la Loi, ou parce que vous avez entendu et cru la bonne nouvelle ? 3Comment pouvez-vous être aussi insensés ? Ce que vous avez commencé par l’Esprit de Dieu, voulez-vous l’achever maintenant par vous-mêmes ? 4Avez-vous fait de telles expériences pour rien ? Il n’est pas possible que ce soit en vain. 5Dieu, qui vous accorde son Esprit et qui met en œuvre sa puissance au milieu de vous, le fait-il parce que vous obéissez à la Loi, ou parce que vous entendez et croyez la bonne nouvelle ?

6C’est ainsi qu’il est dit au sujet d’Abraham : « Il eut confiance en Dieu, et Dieu le considéra comme juste en tenant compte de sa foi. » 7Comprenez-le donc : ceux qui vivent selon la foi, ce sont eux les enfants d’Abraham. 8L’Écriture a prévu que Dieu reconnaîtrait ceux qui ne sont pas Juifs justes à ses yeux à cause de leur foi. C’est pourquoi elle a annoncé d’avance à Abraham cette bonne nouvelle : « Dieu bénira tous les peuples de la terre à travers toi. » 9Abraham a cru et il fut béni ; ainsi, toutes les personnes qui croient sont bénies comme il l’a été. 10En revanche, ceux qui comptent sur l’obéissance à la Loi sont frappés d’une malédiction. En effet, l’Écriture déclare : « Maudit soit celui qui ne met pas continuellement en pratique tout ce qui est écrit dans le livre de la Loi. » 11Il est d’ailleurs clair que personne ne peut être reconnu juste aux yeux de Dieu au moyen de la Loi, car il est écrit : « Celui qui est juste par la foi vivra. » 12Or, la Loi n’a rien à voir avec la foi. Au contraire, comme il est également écrit : « Celui qui met en pratique les commandements de la Loi vivra par eux. » 13Le Christ, en devenant objet de malédiction pour nous, nous a délivrés de la malédiction de la Loi. L’Écriture déclare en effet : « Maudit soit celui qui est pendu à un arbre. » 14C’est ainsi que la bénédiction promise à Abraham est accordée aussi à ceux qui ne sont pas Juifs grâce à Jésus Christ, et que nous recevons tous par la foi l’Esprit promis par Dieu.

Après ces « douces paroles », je vous invite à prier.

PRIERE

Notre Dieu notre Seigneur, renouvelle nous par ton Esprit. Rafraîchit et dépollue notre foi de tout ce qui ne vient pas de toi. Que nous écoutions et croyons à ta promesse certaine de délivrance et de pardon, par pure grâce. Amen.

INTRODUCTION

Ce matin, nous continuons notre série sur les 5 affirmations centrales de la Réforme protestante, en abordant aujourd’hui le par la foi seule. Il fait suite à ces affirmations : l’Écriture seule, la grâce seule, et suivront le Christ seul, à la gloire de Dieu seul.

La Bonne Nouvelle qui nous a été annoncée par l’Écriture, est celle de la grâce de Dieu qui pardonne nos fautes et guérit le cœur humain de toute sa corruption. Et cette grâce, elle est reçue par la foi seule. La grâce de Dieu ne peut être reçue sans une réponse de l’être-humain… Sa foi seule.

Et il faut le reconnaître, il n’est pas facile d’accueillir un cadeau dont on est terriblement indigne… La foi chrétienne est la seule qui parle d’un pardon divin gratuit, où les efforts ne comptent pas dans l’équation. ça n’a jamais été facile de renoncer à ajouter son “petit mérite” à la grâce de Dieu, même pour nos frères et sœurs chrétiens des premiers siècles.

La lettre que nous venons de lire a été écrite par l’apôtre Paul, aux chrétiens de Galatie. Il écrit plein d’émotions, vous vous en doutez ! Ceux à qui il a annoncé l’Evangile de Jésus-Christ se sont détournés de son enseignement… Les galates croient en un Evangile confus, mélangé, un salut « offert mais« . “Mais”, c’est important tout de même de se faire circoncire, de manger tel aliment et non tel autre, de célébrer les fêtes juives, de rechercher la perfection, etc.

Paul est tellement remonté par leur confusion qu’il les traite d’insensés, manquant d’intelligence. Alors il les enseigne à nouveau, avec pédagogie. Il leur pose une question… en cinq.

1 question = 5

Qui vous a ensorcelé ? Ce que vous avez commencé par l’Esprit, voulez-vous l’achever par vous-mêmes ? Avez-vous fait de telles expériences pour rien ? Mais une seule question est déterminante : Avez-vous reçu l’Esprit de Dieu grâce à vos bonnes œuvres, ou parce que vous avez accueillis la grâce de Dieu ?

Les chrétiens de Galatie sont confus. Ils ont perdu l’intelligence de la foi. Ils ont été ensorcelés, endoctrinés. Nul besoin d’un magicien pour ensorceler. Il suffit de bons orateurs, bien appréciés et convaincants, pour chambouler une conviction.

Selon Paul, être intelligent dépend du fait d’avoir gardé intact l’Evangile. L’Evangile pur, c’est l’Evangile non pollué par quelconque message supplémentaire à la celui de la croix. C’est l’Evangile scandaleux de la grâce. Être intelligent pour Paul, c’est garder ce que l’on a entendu et cru : la vision de Jésus-Christ sur la croix, et je rajouterais, le tombeau vide du Christ ressuscité.

Manifestement, les galates ont détourné leur regard de Christ sur la croix pour se regarder eux-mêmes. Ils ont oublié que sans la grâce de Dieu en Christ, et sans le don de son Esprit, ils sont incapables de se racheter eux-mêmes ! Il y a une déchirure entre ce qu’ils ont entendu et cru au début de leur vie chrétienne, et maintenant… Ils ont besoin d’entendre et de croire à nouveau ! (v3/5)

3Ce que vous avez commencé par l’Esprit de Dieu, voulez-vous l’achever maintenant par vous-mêmes ?

Tous ces croyants sont habités par l’Esprit de Dieu. L’Esprit de Dieu n’est pas une récompense reçue à la fin de notre marche chrétienne, mais un énième cadeau de Dieu pour le suivre. Il n’est pas le fruit de nos efforts, mais il est notre aspiration à connaître Dieu. L’Esprit Saint nous titillait déjà à croire en l’Evangile avant même que nous en soyons l’hôte. L’Esprit Saint est le commencement de la vie avec Christ. Il est notre collaborateur, notre influenceur fidèle. C’est grâce à lui que nous avons eu la foi. Comment voudrions-nous terminer par nos propres forces ou nos efforts ?

Seul l’Esprit est capable de me faire tenir devant Dieu, de me rendre meilleure, de me faire persévérer dans la foi. Dieu nous donne son Esprit non pas parce que nous serions persévérants, parce que nous sommes gentils, de « bons chrétiens », que l’on est martyr ou que l’on se flagelle tous les jours, mais par grâce. On reçoit sa grâce non par mérite, mais par confiance en ses promesses. Croyons dans les promesses de Dieu. Laissons l’Esprit régner en nous, nous inspirer, nous renouveler, nous amener à ressembler au Christ. Laissons-le agir au milieu de nous par sa puissance, sans tomber dans le piège de « je ne mérite pas sa grâce », « je ne peux pas me faire baptiser encore parce que je n’ai pas lu la bible en entier, parce que je suis trop jeune, trop vieux, pas assez parfait, trop indigne…

Nous ne parviendrons jamais à atteindre la justice de Dieu. C’est pourquoi dans son amour “extravagant”, surabondant, il nous a donné son Esprit.

Regardons à la croix de Christ et aux œuvres de l’Esprit plutôt qu’à nous-mêmes.

Ne comptons pas nos bonnes œuvres, mais comptons sur l’Esprit Saint en nous qui œuvre. C’est cela l’intelligence de la foi.

2 régimes en valent zéro

2 régimes en valent zéro. La Loi et la foi font mauvais mélange. Toutes les additions ne sont pas bonnes. Les galates ont voulu rajouter au régime de la grâce leurs efforts, leurs ressources, leurs formules mathématiques. Mais Paul les reprend : les deux ne sont pas additionnables ! Il y a deux voies : soit la voie des œuvres humaines, soit celle de la foi. Soit celle de l’obéissance aux commandements de Dieu, à une justice réellement accomplie, comme le disent les v10 et 12 (citations empruntées au Dt 27.26 dans son ancienne version grecque et Lv 18.5). Celui qui fera ces choses vivra par elles, et malheur à celui qui n’y obéit pas !

La première voie est pour tous une impasse. Nul ne peut être justifié par ce moyen, car toutes les œuvres que présentent les humains sont inadéquates, et ne peuvent satisfaire la justice, la sainteté de Dieu. C’est une autre voie qui mène à la vie, celle de la foi. La foi qui regarde à la croix de Christ, lui qui a pris notre malédiction, lui qui a satisfait la sainte justice de Dieu pour nous bénir de sa vie.

Nos frères et sœurs galates avaient saisi cela. Ils avaient entendu et cru en cette Bonne Nouvelle. Puis ils ont perdu l’intelligence… Ils ont confondus conversion et sanctification.

Et c’est là que nous pouvons être particulièrement rejoint à mon sens… Il est si facile de confondre conversion et sanctification, le commencement et la suite. Comment vous distingueriez les deux ?

Et en pratique, ne jugeons-nous pas les autres ou nous-mêmes en fonction de ce qu’on les voit faire, dire ou être ?

Bien sûr, il y a l’épître de Jacques qui avertit que la foi porte forcément des fruits. Seulement, PARCE QUE je suis sauvée par la foi, je laisserai l’Esprit produire des œuvres bonnes par moi. La foi même n’est pas une œuvre, mais un acte pour recevoir ce que Dieu offre.

C’est bien joli de le dire, mais concrètement, ce “par la foi seule” me dérange.

Je fus vraiment interpellée par Dieu ces derniers mois sur ce “par la foi seule”. Une dame parmi mes connaissances a fait du mal durant sa vie. Elle a construit des relations malsaines et destructrices et ainsi semé pour toute une vie de la division et des conflits, sans éviter un certain légalisme religieux. Et pour autant, elle n’a jamais lâché le Christ. Elle s’en est toujours remis à sa grâce, par la foi, bien que polluée. Dans ces derniers souffles, elle n’avait qu’une hâte : entrer dans la présence de son Seigneur fidèle. Vous savez quoi ? Son visage affichait le sourire le plus apaisé et mystérieux que je n’ai pu voir durant toute sa vie.

La grâce de Dieu n’a pas de limites. Lorsqu’il promet que la foi seule suffit, la foi profonde et sincère, il ne ment pas. Bien qu’elle puisse être vacillante parfois, gorgée de doutes, l’Esprit Saint nous fait demeurer dans cette promesse. La croix seule suffit, il n’y a rien à rajouter. J’irai plus loin… Ni mon engagement dans l’église locale, ni mes dons financiers ou spirituels, ni mon orientation sexuelle, ni la compréhension de mon genre ne peuvent m’éloigner de la promesse du salut de Dieu par la foi seule.

La foi seule est l’acte par lequel je m’en remets totalement à Dieu, en réponse à son offre miséricordieuse, à la promesse que quiconque croit sera sauvé. La simple croyance ne sauve pas. Les démons aussi croient en Dieu et ils tremblent.

“La foi est le mouvement du plus profond de l’être qui se projette dans la miséricorde de Dieu” (Henri Blocher).

1 promesse = ∞

Avant même que Dieu ne donne des règles à son peuple pour le réorienter, il promettait à Abraham de le sauver à cause de sa foi. En Gn 15.5, l’Eternel dit à Abraham : « Contemple et compte » les étoiles, si tu en es capable. Tes descendants seront aussi nombreux qu’elles”. Abraham crut en cette promesse, il eut confiance en Dieu. Et Dieu porta sa foi à son crédit, et le déclara juste.

Tous ceux qui placent leur confiance en la promesse de Dieu sont ces enfants d’Abraham. Nous sommes la réalisation de la promesse de Dieu envers Abraham ! Regardez-vous les uns les autres, vous êtes la promesse faite à Abraham.

Nous sommes cette génération sauvée par la foi SEULE. Comme Habacuc (Ga 3.11 //Ha 2.4), bien que le présent nous dessine une réalité contraire, nous comptons sur les promesses de Dieu. Nous comptons sur sa délivrance promise à venir.

Contemple et compte.

Aujourd’hui, contemplons la grâce de Dieu surabondante… Celle qui promet la vie en abondance, par seule confiance en sa promesse. Contemplons le Christ sur la croix. Comptons sur sa grâce par la foi seule. Contemplons et comptons les œuvres de l’Esprit qui agit en nous !

Que l’Esprit Saint, notre fidèle compagnon, vous fasse contempler la grâce de notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ, et compter sur sa promesse jusqu’au bout, par la foi seule.

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