Archives mensuelles : mars 2019

image_pdfimage_print

Prier ou agir, faut-il choisir ?

image_pdfimage_print

 

Tout √† l’heure, nous avons pri√© pour les actions du SEL. Nous offrons aussi la possibilit√© de donner pour soutenir financi√®rement ces actions.

Plus proche de nous, nous sommes tous confront√©s √† des besoins, des attentes autour de nous, et on ne sait pas toujours comment y r√©pondre, ni m√™me si nous devons y r√©pondre… Peut-√™tre qu’alors nous prions pour ces besoins.

Est-ce suffisant ? Ici se pose en fait la question du lien entre nos pri√®res et nos actions. Finalement, en tant que croyant, ne sommes-nous pas convaincus que c’est Dieu qui agit ? La Bible ne dit-elle pas que la pri√®re du juste a une grande efficacit√© ? Alors pourquoi la pri√®re ne suffirait-elle pas ? Plut√īt que de faire des b√™tises, ne faudrait-il pas seulement prier et laisser Dieu agir ?

Je vous propose de chercher des √©l√©ments de r√©ponse √† ces questions dans un extrait du chapitre 15 de l’Evangile selon Jean :

Jean 15.5-10

5 (J√©sus dit ūüôā ¬ę Je suis la vigne, vous √™tes les sarments. Si quelqu’un reste attach√© √† moi comme je suis attach√© √† lui, il donne beaucoup de fruit. En effet, sans moi, vous ne pouvez rien faire. 6 Celui qui ne reste pas attach√© √† moi, on le jette dehors, comme les branches. Alors les branches deviennent s√®ches, on les ramasse, on les jette dans le feu, et elles br√Ľlent. 7 Si vous restez attach√©s √† moi, et si mes paroles restent en vous, demandez ce que vous voulez, et vous l’aurez. 8 Donnez beaucoup de fruits et soyez ainsi mes disciples, alors vous montrerez la gloire de mon P√®re. 9 Je vous ai aim√©s comme le P√®re m’a aim√©. Restez dans mon amour. 10 J’ai ob√©i aux commandements de mon P√®re et je reste dans son amour. De la m√™me fa√ßon, si vous ob√©issez √† mes commandements, vous resterez dans mon amour.

“Demandez ce que vous voulez, et vous l’aurez !” Au coeur de ce texte, cette affirmation ressemble un peu √† un slogan publicitaire…” On pourrait presque ajouter : appelez le 08 777 et dites “J√©sus !”

Sauf que ce n’est pas un slogan publicitaire mais une promesse de la Bible. Une promesse que J√©sus r√©p√®te √† plusieurs reprises dans les √©vangiles, pas toujours avec les m√™mes mots mais toujours avec la m√™me id√©e. Demandez et vous recevrez !

On per√ßoit bien qu’il n’y a pas derri√®re ces formules l’√©vocation d’un Dieu qui serait pr√™t √† r√©pondre √† tous nos caprices ! La formule n’est ni magique ni automatique : il ne suffit pas de demander et √ßa arrive !!! Ce n’est pas comme √ßa que √ßa fonctionne…

Le sens de la promesse est pr√©cis√© par les contextes dans lesquels elle appara√ģt. Selon les cas, J√©sus y insiste sur la fa√ßon de demander (en son nom), ou sur les bonnes choses qu’on demande (sous-entendu : si on demande de mauvaises choses, Dieu ne va pas forc√©ment nous les donner !).

Dans notre texte (Jean 15), le promesse est bien l√†, formul√©e de fa√ßon assez absolue : “demandez ce que vous voulez, et vous l’aurez.” Mais elle appara√ģt dans le d√©veloppement d’une image, celle de la vigne. J√©sus est la vigne, nous ne sommes que les sarments, les branches de la vigne. D’o√Ļ la n√©cessit√© de rester attach√© √† lui. Et cela appara√ģt comme une condition √† la promesse : “Si vous restez attach√©s √† moi, et si mes paroles restent en vous, demandez ce que vous voulez, et vous l’aurez.”

Or, rester attach√© au Christ, c’est demeurer dans son amour. Et comment demeurer dans son amour ? En ob√©issant √† ses commandement (cf. v.10). Le lien entre la pri√®re et l’action est au coeur de ce texte. J√©sus le dit clairement : “sans moi, vous ne pouvez rien faire.”

Bref, la promesse toute seule semble absolue : “demandez ce que vous voulez, et vous l’aurez.” mais ajoutez les conditions explicites qui lui sont associ√©es : “si vous restez attach√©s √† moi, et si mes paroles restent en vous” et le contexte de la m√©taphore qui souligne que sans lui nous ne pouvons rien faire, et on se rend compte qu’on est tr√®s loin d’une formule magique !

En fait, si on est vraiment attach√© √† J√©sus-Christ, on ne lui demandera pas n’importe quoi, on sera conduit √† lui demander ce qui correspond √† sa volont√©… et il l’accordera. Et si on est attach√© √† J√©sus-Christ, alors on accomplira sa volont√© dans notre vie, on agira en cons√©quence… et certaines de nos demandes pourraient bien se concr√©tiser dans notre engagement. C’est aussi √† travers nous que le Seigneur les exaucera.

Pour le chr√©tien, il est aussi probl√©matique de prier sans agir que d’agir sans prier

Prier sans agir, c’est r√©duire la pri√®re √† des paroles en l’air, qui n’engagent pas. M√™me si elle est bien formul√©e, pleine de citations bibliques et d’expressions spirituelles, une telle pri√®re n’est gu√®re plus qu’un voeu pieu. Pire, c’est l’occasion de se d√©charger sur Dieu de notre responsabilit√©… “Vas-y, Seigneur, agis ! Et moi je m’en lave les mains…”

Alors bien s√Ľr, dans certaines circonstances plut√īt extr√™mes, la pri√®re sera la seule action que nous pourrons mener. Il peut arriver que nous n’ayons aucune emprise sur les √©v√©nements, que nous soyons totalement d√©munis… et l√†, le seul refuge, la seule action possible, c’est de prier.

Mais parfois, √† l’inverse, la r√©ponse √† notre pri√®re d√©pendra enti√®rement de nous, de notre engagement, de notre d√©cision. Par exemple, on peut parfois demander √† Dieu d’appeler ou d’envoyer quelqu’un pour un service… et que la personne qu’il veut envoyer, c’est nous qui sommes en train de prier !

Et puis il y a toutes les nuances possibles entre ces deux extr√™mes… On peut par exemple prier pour la gu√©rison de quelqu’un mais √™tre appel√© en m√™me temps √† visiter le malade pour lequel on prie et cette visite pourrait contribuer √† sa gu√©rison. Ou on peut prier pour un projet humanitaire √† des milliers de kilom√®tres de chez nous et en m√™me temps envoyer de l’argent pour le soutenir.

En r√©alit√©, un des r√īles de la pri√®re sera de discerner quelle part je suis appel√© √† prendre pour qu’elle soit exauc√©e ! C’est une question que nous pouvons int√©grer dans toute d√©marche de pri√®re : “quelle part Dieu veut-il que je prenne dans l’exaucement de ma pri√®re ?”

Prier sans agir est probl√©matique. Mais agir sans prier l’est aussi ! Parce que toute action ou toute initiative n’est pas forc√©ment bonne. Parce qu’on peut toujours faire des mauvais choix. Parce que nous sommes appel√©s √† “demeurer en J√©sus-Christ” comme le disait notre texte, c’est-√†-dire √† accomplir sa volont√©. Agir sans prier, c’est prendre le risque d’agir par nous-m√™mes et pour nous-m√™mes, d’accomplir notre volont√© plut√īt que celle de Dieu, de se r√©fugier dans l’activisme ou d’aller droit dans le mur.

“Priez sans cesse !” disait l’ap√ītre Paul aux chr√©tiens de Thessalonique. On peut entendre cette fameuse parole comme un encouragement √† accompagner notre vie, toute notre vie, de la pri√®re. Une invitation √† prier avant, pendant et apr√®s l’action.

Il nous faut prier avant d’agir pour discerner ce qu’il convient de faire. √áa ne nous garantira pas le succ√®s, nous ferons encore des mauvais choix parfois… mais si nous ne prions pas avant d’agir, nous augmentons consid√©rablement les risques d’erreur ! Car il s’agit toujours de discerner ce que Dieu attend de nous aujourd’hui.

Prier pendant l’action, ce n’est pas forc√©ment s’arr√™ter √† se mettre √† genoux. C’est √™tre conscient, au coeur de l’action, d’avoir besoin du soutien et de l’aide de Dieu, et que nos efforts, notre intelligence et notre exp√©rience ne suffisent pas. L’oeuvre bienveillante de Dieu demeure essentielle en toutes circonstances. Prier pendant l’action, c’est aussi √™tre pr√™t √† ajuster nos projets, modifier la trajectoire si les circonstances l’exigent.

Et puis il convient aussi de prier apr√®s l’action. Lorsque nous avons fait notre part, continuer de prier c’est confier √† Dieu la suite, et accompagner ceux qui ont pris le relais dans l’action, d’une mani√®re ou d’une autre.

On peut dire que l’ap√ītre Paul √©tait un homme d’action, vu tous ses voyages missionnaires et toutes les Eglises qu’il a fond√©es. Mais je suis frapp√©, dans ses lettres, combien la pri√®re occupe une place importante. Voyez toutes les fois o√Ļ il dit prier constamment pour les Eglises auxquels il √©crit. Et voyez combien souvent il demande aux chr√©tiens de prier pour lui, pour l’exercice de son minist√®re. Il priait sans cesse. Avant, pendant et apr√®s l’action !

Conclusion

Prier ou agir, il ne faut pas choisir ! L’un ne peut pas aller sans l’autre. Pour le chr√©tien, il est aussi probl√©matique de prier sans agir que d’agir sans prier !

Si nous pouvons √™tre convaincus que c’est Dieu qui agit, nous pouvons √™tre √©galement convaincu qu’il choisit d’agir √† travers nous. La pri√®re n’est pas un moyen de nous d√©charger sur Dieu de notre responsabilit√© mais une fa√ßon de mettre notre vie au diapason de Dieu, d’harmoniser nos actions au projet de Dieu.

Dans notre vie de pri√®re, une question ne doit pas √™tre laiss√©e de c√īt√© et je vous la laisse pour conclure : “quelle part Dieu veut-il que je prenne dans l’exaucement de ma pri√®re ?”

Vivre la fraternité (6) Avec toute la création !

image_pdfimage_print

 

Dans nos pr√©dications, on vous parle de fraternit√© depuis plus d’un mois… Et si on a commenc√© par parler de fraternit√© entre nous, dans l’Eglise ‚Äď et ce n’est pas toujours facile!- on s’est permis d’√©largir le cercle, d’abord aux autres Eglises, ensuite √† l’ensemble de l’humanit√©. Et vous vous disiez peut-√™tre qu’on ne pouvait pas aller plus loin…

Sauf que les êtres humains ne sont pas les seuls êtres vivants sur cette terre. Peut-on parler de nos frères et soeurs les animaux ? Ou même de nos soeurs les fleurs et nos frères les arbres ? Forcément, si on parle de fraternité créationnelle, elle ne sera pas de même nature que la fraternité humaine. Mais ne peut-on pas affirmer une solidarité fondamentale avec le vivant, sous toutes ses formes ?

En tout cas, la pr√©occupation √©cologique est incontournable aujourd’hui. Les enjeux √©cologiques font partie des d√©bats internationaux majeurs. On parle de transition √©cologique, d’√©nergie verte. Le march√© du bio est en pleine expansion, on se soucie plus qu’avant de la cause animale, on nous incite √† manger moins de viande, le v√©ganisme est √† la mode…

Que penser de tout cela d’un point de vue biblique¬†?

Forc√©ment, pour r√©pondre √† ces questions, nous devons nous tourner en priorit√© vers ce que la Bible dit de la Cr√©ation. Or, il y a deux r√©cits de la cr√©ation au d√©but de la Gen√®se. Les deux affirment globalement la m√™me chose¬†: il y a un Cr√©ateur √† l’origine de toutes choses et il a plac√© les √™tres humains dans cette cr√©ation avec un r√īle particulier. Mais les deux r√©cits le disent diff√©remment, en mettant l’accent sur des points diff√©rents. Chacun des deux r√©cits nous dit quelque chose de sp√©cifique, et compl√©mentaire, quant √† la place des √™tres humains dans la cr√©ation.

Il faudrait lire tout le premier chapitre de la Genèse pour admirer la beauté de ce poème, cet hymne magnifique évoquant la Création du ciel et de la terre en six jours, parfaitement équilibrés. Mais centrons-nous sur ce qui est dit de la création des êtres humains, nous sommes au sixième jour :

Genèse 1.24-27
24 Dieu dit : ¬ę Que la terre produise toutes sortes d’animaux : animaux domestiques, petites b√™tes et animaux sauvages de chaque esp√®ce ! ¬Ľ Et cela arrive. 25 Ainsi, Dieu fait les diff√©rentes esp√®ces d’animaux : les animaux sauvages, les animaux domestiques et les petites b√™tes. Dieu voit que c’est une bonne chose.
26 Dieu dit : ¬ę Faisons les √™tres humains √† notre image, et qu’ils nous ressemblent vraiment ! Qu’ils commandent aux poissons dans la mer, aux oiseaux dans le ciel, aux animaux domestiques et √† toutes les petites b√™tes qui se d√©placent sur le sol ! ¬Ľ
27 Alors Dieu crée les humains à son image,
et ils sont vraiment √† l’image de Dieu.
Il les crée homme et femme.

Un animal comme les autres

Que nous dit ce texte de la place de l’√™tre humain dans la cr√©ation ? Qu’il est un animal comme les autres ! En effet, il n’y a pas un jour sp√©cifique de cr√©ation de l’√™tre humain : il est cr√©√© le 6e jour, le m√™me jour que tous les animaux terrestres.

Alors vous me direz que quand m√™me, l’√™tre humain a une place particuli√®re parmi les autres cr√©atures. C’est la seule dont on dise qu’elle est faite “√† l’image de Dieu” et elle re√ßoit une mission particuli√®re pour “commander” sur les autres animaux. C’est vrai. Et c’est ce qui fait que l’antisp√©cisme n’est pas biblique… Un antisp√©ciste dira que l’humain ne prime pas sur les autres esp√®ces animales, il pr√īne l’√©galit√© entre toutes les esp√®ces vivantes. Et le sp√©cisme serait une sorte de racisme √† l’√©gard des animaux… La Bible n’est pas antisp√©ciste.

Il n’emp√™che… on ne peut pas nier que le r√©cit biblique ne r√©serve pas un jour particulier de cr√©ation pour l’homme. Les humains ne sont pas cr√©√©s le 7e jour, comme couronnement de la Cr√©ation. Ils sont cr√©√©s le 6e jour, comme tous les autres animaux terrestres. Le m√™me jour que les lions, les vaches et les vers de terre !

M√™me si on peut lui accorder un statut particulier, l’√™tre humain n’est pas en dehors de la nature, il en fait partie. Il est solidaire de toute la Cr√©ation qui, toute enti√®re, est appel√©e √† rendre gloire √† Dieu¬†! Dans les Psaumes par exemple, on voit les animaux, les arbres et tous les √©l√©ments de la nature louer le Seigneur !

Un jardinier

Le deuxi√®me r√©cit de la Cr√©ation nous transporte dans un jardin. La Cr√©ation de l’homme et de la femme, leur relation √† Dieu, sont plus d√©velopp√©s que dans l’hymne du premier chapitre. D’une certaine fa√ßon, on y voit comment l’√™tre humain agit en image de Dieu. Lisons deux paragraphes qui √©voquent le lien des humains avec leur environnement.

Genèse 2.7-9,15-17
7 Le SEIGNEUR Dieu prend de la poussi√®re du sol et il forme un √™tre humain. Puis il souffle dans son nez le souffle de vie, et cet homme devient un √™tre vivant. 8 Ensuite, le SEIGNEUR Dieu plante un jardin dans le pays d’√Čden, vers l’est. L√†, il met l’homme qu’il a form√©. 9 Le SEIGNEUR Dieu fait pousser du sol toutes sortes de beaux arbres, avec des fruits d√©licieux. Au milieu du jardin, il place l’arbre de vie et l’arbre qui fait conna√ģtre ce qui est bien ou mal.
(…)
15 Le SEIGNEUR Dieu prend l’homme et il le place dans le jardin d’√Čden pour le cultiver et pour le garder. 16 Le SEIGNEUR Dieu donne cet ordre √† l’homme : ¬ę Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin. 17 Mais tu ne dois pas manger les fruits de l’arbre qui fait conna√ģtre ce qui est bien ou mal. Oui, le jour o√Ļ tu en mangeras, tu mourras, c’est s√Ľr. ¬Ľ

L’homme est cr√©√© √† partir de la poussi√®re du sol. Son nom, Adam, signifie “le terreux”, “le glaiseux”. Il est indissociablement li√© √† la terre dont il est tir√©. Il fait partie int√©grante de la nature cr√©√©e, il en est solidaire.

Mais il re√ßoit une mission de la part de Dieu : cultiver et garder le jardin. Il est un jardinier. Les deux verbes utilis√©s sont compl√©mentaires : v√©cus dans l’√©quilibre, nous √©vitent deux exc√®s. Celui de l’idol√Ętrie de la nature : on est appel√© √† la cultiver, on peut agir sur elle, elle n’est pas sacr√©e ou divine. Mais aussi celui du non-respect de la nature : on est appel√© √† la garder, la prot√©ger, la respecter.

J’aimerais m’arr√™ter un peu plus sur le deuxi√®me verbe : garder. Parce qu’on peut se demander contre quel danger le jardin devait √™tre gard√©… Il n’y avait pas de danger au temps de Gen√®se 2 ! Tout √©tait harmonieux et paisible dans le jardin. Pour constater le premier d√©r√®glement de la nature, il faut aller au chapitre 3. L’homme et la femme se sont r√©volt√© contre Dieu, ils ont mis en doute la parole du Seigneur et on mang√© du fruit interdit. Les mal√©dictions prononc√©es par Dieu √† leur √©gard expriment alors les cons√©quences du p√©ch√©. Et parmi elles nous lisons :

Genèse 3.17-18
À cause de toi je maudis le sol.
Tu devras te fatiguer
tous les jours de ta vie
pour tirer ta nourriture de la terre.
Le sol produira pour toi
des plantes épineuses de toutes sortes.

C’est avec le p√©ch√© de l’humanit√© qu’intervient le d√©r√®glement de la nature. Autrement dit, le plus grand danger pour le jardin, c’√©tait le jardinier ! Lorsqu’il le saccage, le surexploite, le d√©figure. Et √ßa n’a pas chang√© aujourd’hui… N’est-ce pas le p√©ch√© de l’humanit√© qui s’exprime aujourd’hui encore dans la surexploitation et la surconsommation des ressources naturelles, dans la recherche du profit imm√©diat, de la rentabilit√© maximum, du bien-√™tre √©go√Įste ? Tous des comportements qui finissent par d√©figurer, d√©truire, polluer la cr√©ation de Dieu…

Des chrétiens éco-responsables

Aimer Dieu, c’est aussi aimer sa Cr√©ation. Soyons donc des chr√©tiens √©co-responsables !

Gardons notre capacit√© d’√©merveillement devant la cr√©ation, admirons l’oeuvre de Dieu. Et sentons nous concern√©s quand elle est mise en p√©ril. Ne doit-on pas s’inqui√©ter de voir la liste des esp√®ces animales en voie de disparition s’allonger √† cause de l’activit√© humaine ? Des chefs d’oeuvre de Dieu disparaissent devant nos yeux ! Et que dire de la for√™t amazonienne pill√©e, de la fonte de la calotte glaci√®re, de la profusion de d√©chets plastiques dans la Mer M√©dit√©rann√©e…

On parle beaucoup, aujourd’hui, de transition √©cologique. Et je trouve que cette d√©marche n’est pas sans r√©sonance avec certaines notions bibliques. Cette id√©e d’une transformation int√©rieure, d’un changement de regard, qui se traduit dans le comportement n’est pas sans rappeler les notions de conversion et de sanctification o√Ļ Dieu nous transforme int√©rieurement pour nous rendre capable de changer de comportement.

Notre mission prioritaire est, certes, d’annoncer l’Evangile √† tout homme et √† toute femme. Mais les exhortations du Nouveau Testament √† une vie simple et respectueuse, au contentement, peuvent faire de nous des chr√©tiens √©co-responsables, qui refusent la fuite en avant de la consommation √† outrance. Nous pouvons int√©grer des petits gestes √©co-responsables dans notre quotidien. Et les int√©grer aussi dans notre vie d’Eglise !

Nous pouvons soutenir ceux qui portent un plaidoyer pour la planète et questionnent nos gouvernants. Prier pour eux, et pour les dirigeants de notre monde, notamment ceux qui préfèrent les impératifs économiques aux impératifs environnementaux.

Conclusion

Sommes-nous donc fr√®res et soeurs des animaux et des arbres ? Peut-√™tre… en tout cas nous sommes interd√©pendants, et nous sommes appel√©s √† √™tre solidaires de toute la Cr√©ation. Ne pas se soucier de la nature que Dieu a cr√©√©e, c’est ne pas respecter le Cr√©ateur. Tout simplement.

D’autant que Dieu a un projet pour cette Cr√©ation qui “souffre les douleurs de l’enfantement” selon les paroles de l’ap√ītre Paul aux Romains. Elle aussi aura part √† la gloire promise aux enfants de Dieu. C’est une raison de plus de respecter et pr√©server cette terre, destin√©e elle aussi au salut !

Soyons donc des chrétiens éco-responsables, pour honorer le Créateur et le Sauveur de ce monde !