Des pierres vivantes !

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1 Pierre 2.4-10
4 Approchez-vous du Seigneur, la pierre vivante rejetée par les êtres humains, mais choisie et précieuse aux yeux de Dieu. 5 Laissez-vous bâtir, vous aussi, comme des pierres vivantes, pour construire un temple spirituel. Vous y formerez une communauté de prêtres appartenant à Dieu, vous lui offrirez des sacrifices spirituels, qu’il accueillera avec bienveillance par Jésus Christ. 6 Car il dit dans l’Écriture :
« Voici que je place en Sion une pierre d’angle ;
je l’ai choisie, elle est précieuse,
et celui qui met sa foi en elle ne sera jamais déçu. »
7 Cette pierre est d’une grande valeur pour vous, les croyants ; mais pour les incroyants, comme le dit l’Écriture :
« La pierre que les bâtisseurs ont rejetée
est devenue la pierre d’angle. »
8 Et ailleurs, il est dit encore :
« C’est une pierre qui fait trébucher,
un rocher qui fait tomber. »
Ces personnes trébuchent parce qu’elles refusent d’obéir à la parole de Dieu, et c’est ce qui devait leur arriver.
9 Mais vous, vous êtes la lignée choisie, la communauté royale de prêtres, la nation qui appartient à Dieu, le peuple qu’il a fait sien. Il vous a appelés à passer de l’obscurité à son admirable lumière, afin que vous alliez annoncer ses œuvres magnifiques. 10 Autrefois, vous n’étiez pas un peuple, maintenant vous êtes peuple de Dieu ; autrefois, vous étiez privés de bonté, mais maintenant la bonté de Dieu vous a été accordée.

Ce passage est très marqué par l’Ancien Testament.

  • On y trouve trois citations enchaînées (deux du prophète Esaïe, une d’un Psaume)
  • On y fait référence au temple, aux prêtres et aux sacrifices
  • On y fait aussi référence au peuple élu

En un mot, Pierre revisite des concepts propres à l’Ancien Testament pour les appliquer, d’une manière spirituelle et imagée, à l’ensemble des croyants. En Jésus-Christ, le temple est alors spirituel, tout comme le peuple, au sein duquel tous sont prêtres.

Pierre parle dans ce passage de l’Eglise. Mais on perçoit bien que dans le Nouveau Testament, l’Eglise n’est pas un bâtiment. Elle est une communauté faite d’hommes et de femmes attachés au Christ. Si elle est un bâtiment, ce n’est que de façon imagée, comme métaphore. Et les pierres qui constituent ce bâtiment sont des pierres vivantes !

 

Des pierres vivantes : le miracle de l’Eglise

Cette image de la pierre vivante est au coeur de ce passage. Attribuée à la fois au Christ, en tant que pierre d’angle, et à l’ensemble des croyants, appelés à être eux-mêmes les pierres vivantes qui forment le temple spirituel. J’aimerais m’arrêter ce matin sur cette image, bien étrange quand on y pense !

Si vous prenez une pierre, une grosse pierre comme celle qu’on trouverait dans un mur. C’est lourd, ça ne bouge pas, ça ne grandit pas, ça ne parle pas… ça n’a rien de vivant ! Si vous prenez une plante, au moins, ça vit. Certes, vous n’allez pas entretenir une longue conversation avec elle mais elle va pousser, donner des fleurs. Par contre, il n’y a rien de moins vivant qu’une pierre !

C’est pourtant l’image que l’apôtre utilise. Des pierres vivantes…

Ca me fait penser à cette parole de Jean le baptiste, dans l’Evangile de Matthieu, qui interpelle les chefs religieux venant se faire baptiser :

Matthieu 3.8-9
Montrez par des actes que vous avez changé de vie et ne pensez pas qu’il suffit de dire en vous-mêmes : “Abraham est notre père !” Car je vous dis que Dieu peut utiliser les pierres que voici pour en faire des enfants d’Abraham !

Ou celles de Jésus, lors de son entrée triomphale à Jérusalem, qui dit aux Pharisiens qui veulent faire taire la foule qui l’acclame :

Luc 19.40
Jésus répondit : « Je vous le déclare, s’ils se taisent, les pierres crieront ! »

Dieu peut donc même rendre des pierres vivantes… Et c’est, d’une certaine façon, le miracle de l’Eglise. Je ne parle pas ici ni des édifices que nous construisons ni des institutions et des confessions que notre histoire a fait naître. Je parle de cette réalité spirituelle de l’Eglise de Jésus-Christ, qui dépasse toutes les institutions et les structures humaines. Cette Église qu’on qualifie d’universelle et qui unit mystérieusement tous les croyants où qu’ils se trouvent sur la surface de la terre, et qui les unit même, qu’ils soient vivants ici-bas ou morts, désormais auprès de Dieu. Un miracle où une communauté locale est une part certes infime mais bien réelle d’un édifice spirituel qui traverse les âges.

Si vous êtes croyants, alors vous êtes une pierre vivante faisant partie de cet édifice ! Vous êtes liés à LA pierre vivante du Christ, mort et ressuscité. Liés à toutes les pierres vivantes, de génération en génération, depuis le premier cercle des disciples de Jésus. C’est extraordinaire, non ?

Il y a beaucoup à redire sur les Églises en tant qu’institution humaine, avec leurs zones d’ombre, leurs failles, leurs imperfections, leurs dysfonctionnements parfois. Il ne faut pas se voiler la face… Mais l’Eglise, c’est aussi, et c’est même d’abord, l’oeuvre de Dieu, cet édifice spirituel qui traverse les âges. Malgré nos infidélités…

Si cet édifice spirituel qu’est l’Eglise traverse les âges, il transcende aussi largement nos réalités locales. Il s’agit toujours, pour nous, d’élargir notre regard. Nous devons lutter contre une vision étriquée de l’Eglise. Prenons conscience de l’ensemble de l’édifice spirituel. Refusons l’enfermement sur soi et le sectarisme qui nous fait croire que nous serions le seul édifice véritable.

Bref, tout en restant humble et lucide, gardons intacte notre capacité d’émerveillement devant cet édifice fait de pierres vivantes, animées par l’Esprit de Dieu, s’élevant à la gloire de Dieu !

 

Entretenir la vie… et le miracle

Comment faire pour maintenir ce miracle et pleinement le vivre ? Je propose deux éléments de réponse.

Nous approcher du Seigneur, la pierre vivante

En premier lieu, n’oublions pas l’exhortation qui ouvre notre passage : “Approchez-vous du Seigneur, la pierre vivante rejetée par les êtres humains, mais choisie et précieuse aux yeux de Dieu.” (v.4)

Une Église peut avoir les prédicateurs les plus éloquents, les musiciens et chanteurs les plus doués, l’assemblée la plus nombreuse, la confession de foi la plus orthodoxe, la liturgie la plus biblique, les locaux les plus somptueux… si la personne de Jésus-Christ n’est pas au centre, si ce n’est pas lui qui est la pierre d’angle, tout l’édifice est fragilisé.

C’est de lui que vient la vie. Ce n’est que parce qu’il est LA pierre vivante que nous pouvons être des pierres vivantes. Ça veut dire que tous les projets d’une Église et toutes ses stratégies n’ont un sens que s’ils sont nourris d’une relation, personnelle et communautaire, avec le Christ vivant. Il ne faut jamais perdre de vue cette perspective incontournable.

Le but ultime d’une Église, ce n’est pas de remplir ses chaises le dimanche et de faire exploser son budget. C’est de glorifier le Seigneur, de vivre et manifester l’amour de Dieu. Ou, pour utiliser la métaphore de notre passage : c’est d’offrir à Dieu des sacrifices spirituels qu’il accueillera avec bienveillance.

Laisser de la place pour la vie !

Si les pierres sont vivantes, ça veut dire qu’il ne faut pas imaginer des cailloux inertes, ou des pierres à jamais fixées dans un mur. Une pierre vivante ne va pas rester bien sagement à sa place sans bouger. La vie, c’est le mouvement !

Mais comme elle fait partie d’un édifice, si elle n’en fait qu’à sa tête, et surtout si toutes les pierres n’en font qu’à leur tête, l’édifice s’écroulera. Il s’agit d’être en mouvement mais avec les autres, de façon cohérente et coordonnée.

Tout le défi d’un édifice vivant, constitué de pierres vivantes, c’est d’avancer ensemble, de garder la tension féconde entre la vie et la cohésion. Si on veut tout contrôler, tout maîtriser, assurer une stabilité absolue… il n’y aura plus de mouvement, et plus de vie. Si on laisse chacun faire ce qu’il veut, et surtout si chacun ne se soucie que de soi-même, de ses propres attentes, ses besoins, ses envies, sans considérer ceux des autres… alors l’édifice va se désagréger et il n’y aura plus que des pierres dispersées.

 

Conclusion

Dans notre texte, l’apôtre Pierre nous invite à considérer l’Eglise comme un miracle, celui d’un édifice spirituel, édifié par Dieu, qui traverse les âges, et qui est formé de pierres vivantes. Qui sont ces pierres vivantes ? C’est vous et moi. Et ce sont tous ceux qui, ici ou ailleurs, reconnaissent en Jésus-Christ le Seigneur. Mesurons-nous vraiment quelle chance nous avons de faire partie de ce miracle ?

Mais ce miracle est fragile si les pierres vivantes que nous sommes se coupent de la source de notre vie, le Christ vivant ! Il est fragile si nous ne laissons pas la vie de Dieu agir à travers chacune et chacun, et si nous voulons la maîtriser ou la contraindre par notre étroitesse d’esprit.

Laissons la vie de Dieu faire de l’édifice que nous formons un temple à sa gloire, qui témoigne de la bonté de Dieu pour tous.

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