Portez du fruit

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Jésus nous rejoint, il se donne, pour que nous ayons accès à Dieu à travers lui et que nous vivions, vraiment ! Et après ? Que se passe-t-il ? Qu’est-ce que ça implique pour nous ?

La semaine dernière, nous avons commencé une série sur le thème : « partout, tout le temps, suivre le Christ tout simplement » à partir du livret proposé par notre Union d’églises. Vincent nous rappelait que si nous croyons, si nous suivons Jésus comme des disciples, c’est à plein temps ! Nous sommes unis à lui, jour et nuit !

Aujourd’hui, dans cette deuxième semaine, nous nous concentrons sur la mission que Jésus nous confie, à partir d’un extrait de son dernier discours, prononcé dans la dernière nuit avant sa mort. Jésus l’a déjà fait, il se compare à des objets très concrets de la vie quotidienne pour expliquer qui il est. Je suis le pain, je suis la lumière, je suis le berger, je suis le chemin… Ici, il se compare au cep de vigne – mais il va moins parler de lui que de nous : que se passe-t-il quand nous nous attachons au Christ par la foi, quand nous ne faisons qu’un avec lui ? Jésus brode sur l’image de la vigne sans chercher à tout décrire de A à Z : il pointe différents éléments, qui forment comme une constellation et il nous donne les contours essentiels de la vie avec lui. Il y a pas mal d’étoiles dans cette constellation… je vais lire tout le passage, mais ensuite je me concentrerai particulièrement sur la mission que Jésus nous confie, en lien avec le thème du livret que nous suivons.

Lecture biblique Jean 15.1-17

1 Moi je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. 

2 Il enlève tout sarment qui, uni à moi, ne porte pas de fruit, mais il taille, il purifie chaque sarment qui porte du fruit, afin qu’il en porte encore plus. 3 Vous, vous êtes déjà purs grâce à la parole que je vous ai dite. 

4 Demeurez unis à moi, comme je suis uni à vous. Un sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans être uni à la vigne ; de même, vous non plus vous ne pouvez pas porter de fruit si vous ne demeurez pas unis à moi. 5 Moi je suis la vigne, vous êtes les sarments. La personne qui demeure unie à moi, et à qui je suis uni, porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire. 6 La personne qui ne demeure pas unie à moi est jetée dehors, comme un sarment, et elle sèche ; les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent. 7 Si vous demeurez unis à moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voulez et cela sera fait pour vous. 

8 Voici comment la gloire de mon Père se manifeste : quand vous portez beaucoup de fruits et que vous vous montrez ainsi mes disciples. 9 Tout comme le Père m’a aimé, je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. 10 Si vous obéissez à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme j’ai obéi aux commandements de mon Père et que je demeure dans son amour. 11 Je vous ai dit cela afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. 

12 Voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. 13 Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. 14 Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. 15 Je ne vous appelle plus serviteurs, parce qu’un serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Je vous appelle amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. 16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis ; je vous ai donné une mission afin que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. Alors, le Père vous donnera tout ce que vous lui demanderez en mon nom. 17 Ce que je vous commande, donc, c’est de vous aimer les uns les autres.

 Les conséquences de l’union avec le Christ : porter du fruit

Pour décrire la vie avec lui, Jésus utilise une image : nous sommes appelés à porter du fruit, comme un sarment qui sort d’un cep de vigne. Avant de préciser les contours et le goût de ce fruit que portent ses disciples, Jésus commence par une mise en garde : la personne qui est unie au Christ par la foi doit porter du fruit. C’est la priorité du vigneron, c’est-à-dire Dieu, qui soigne sa vigne, son peuple, en faisant tout pour que la vigne produise un fruit bon et beau. Et comme tout bon jardinier ou agriculteur, il taille la plante lorsque les branches inutiles ou malades empêchent la sève de circuler avec vigueur pour donner du fruit.

Et si le sarment ne porte pas de fruit ? Au bout d’un moment, le vigneron s’en occupe, le taille etc. mais si ça dure, que le sarment reste sec, ça veut dire qu’il n’est pas vraiment rattaché au cep… alors le vigneron finit par le couper et le jeter. C’est violent comme image, quand on pense que le sarment, c’est nous ! « Portez du fruit, sinon… »

Est-ce que Jésus voudrait nous faire peur, ici ? Oui, un peu. Il insiste sur la nécessité de porter du fruit : le but du sarment n’est pas d’être attaché au cep, c’est de porter du fruit. Le but du vigneron n’est pas d’occuper le plus de place possible avec des sarments… c’est d’avoir une belle récolte de fruits.

Il ne faut pas trop tirer sur l’image, mais Jésus insiste ici : porter du fruit n’est pas optionnel. Ca fait partie de la vie avec lui. Si on est son disciple, il doit en sortir quelque chose. La foi ne s’arrête pas à l’intériorité secrète de notre cœur : c’est une connexion à la vie de Dieu, à travers le Christ, qui doit rejaillir dans notre existence.

Un appel à la fécondité

On pourrait dire que lorsqu’on vit avec Jésus, il y a exigence de résultat.

Mais. Mais ce résultat, quel est-il ? Jésus parle beaucoup du fruit, il évoque l’obéissance à ses commandements, l’amour, le fait que le fruit honore Dieu. Et voilà !

Jésus en a déjà parlé ailleurs : le fruit, c’est aimer Dieu, l’honorer par une vie intègre, par une confiance grandissante, et aimer l’autre par un regard pur, une main tendue, une parole saine. Il invite ses disciples à être témoins de l’amour de Dieu, auprès de chacun, en parole et en acte. Paul, disciple de Jésus, reprendra l’image du fruit pour parler du caractère que Jésus, par son esprit (sa sève) produit en nous : amour, douceur, maîtrise de soi, bienveillance, esprit de service…

Ce qui est très beau, dans l’image du fruit, c’est que c’est organique : le fruit exprime la nature de la plante. La plante n’est pas appelée à faire semblant, à se travestir. Ce n’est pas un fardeau, de porter du fruit : c’est s’épanouir. Mais là où la culture d’aujourd’hui nous encourage à nous développer, à nous épanouir, à grandir coûte que coûte, l’image du fruit nous rappelle que nous développer n’est pas un projet qui ne concerne que nous, au mépris des autres : lorsque nous sommes vraiment épanouis, tout le monde en profite !

Si on regarde bien, depuis la création, Dieu a comme objectif que nous portions du fruit : multipliez-vous, croissez, soyez féconds… Avoir des enfants, c’est porter du fruit ! Mais au-delà, porter du fruit c’est vivre dans la justice et la vérité, construire la paix, choisir la générosité et l’amour… Être fécond, c’est ressembler à Dieu sur cette terre, Dieu le créateur de l’abondance, Dieu l’innovant, Dieu le généreux. Lorsque nous portons du fruit, nous sommes vraiment nous-mêmes, tels que Dieu nous rêve depuis la création du monde.

C’est tellement large ! Et impressionnant… Pourtant, Jésus n’insiste pas sur les critères de réussite. Ce qui compte, c’est que du fruit soit porté. Il n’y a pas de compétition ou de performance : ce qui compte, c’est que la vie de Dieu rejaillisse. Que sa vitalité ait un impact sur nous et autour de nous. Mais on peut imaginer que selon le contexte, et là je sors de l’image, le fruit n’ait pas toujours exactement la même couleur ou le même goût…

Quelles conditions météo? 

Alors, en bonne Française, j’ai envie de dire « oui, mais… » Oui, mais, ce n’est pas toujours évident de porter du fruit ! Parfois les conditions ne sont pas réunies : trop chaud, trop froid, trop sec, trop humide, il gèle trop tôt, ou trop tard… sans compter les parasites, les maladies,… On se donne ce genre d’excuses, non ? « Non, mais là, je ne pouvais pas, mais c’est pas ma faute, c’est le climat qui convenait pas ». Comme s’il fallait que les conditions extérieures soient optimales pour porter du fruit.

Jésus est très clair : la seule condition qui compte, pour porter du fruit, c’est d’être attaché à lui. Peu importe la météo, si nous sommes remplis de la vie de Dieu par le Christ, cela rejaillira d’une façon ou d’une autre.

Alors ça nous prive d’excuses : si nous ne portons pas de fruit, ce n’est pas la faute du monde qui nous entoure, mais peut-être qu’il faut revoir la vigueur de notre attachement au Christ, éventuellement laisser Dieu tailler les branches malades qui nous gangrènent ou les branches mortes qui bloquent la circulation de la sève… (là j’improvise sur l’image !)

Mais c’est aussi tellement encourageant de savoir que Jésus seul est la condition pour que nous portions du fruit : peu importe le contexte (chez vous, au travail, dans les transports, dans une réunion zoom, sur les réseaux, dans un devoir ou un dossier à rendre, quand vous faites des courses ou des démarches administratives), peu importe votre statut (jeune ou âgé ; bien portant ou non ; pauvre ou riche ; écolier, actif, retraité), peu importe votre personnalité (un peu ours ou… dauphin) – peu importe ! Le Christ vit en vous par la foi, et c’est lui qui nourrit le fruit que vous portez… Peu importe quel sarment vous êtes, tant que vous êtes attaché au Christ vivant, tout-puissant, débordant d’amour, vous avez tout ce dont vous avez besoin pour porter du fruit…

Comment être attaché ?

          La stratégie de Dieu pour que nous portions du fruit, c’est le Christ. C’est une tactique indirecte, par un travail sur nos racines. Aucune plante ne produit du fruit quand on tire sur la branche ! Porter du fruit, c’est le but, mais c’est un processus que nous ne contrôlons pas. La seule chose que nous puissions faire, c’est puiser notre sève à la source, dans le vrai et bon cep de vigne, le Christ.

Pourquoi ? Parce que Jésus-Christ et Dieu sont totalement imbriqués : nous rapprocher de Jésus, c’est nous rapprocher de Dieu lui-même. Le péché, c’est cette rupture avec Dieu qui nous coupe de la vie dans toute son abondance, qui nous fait goûter à la mort et au morbide. Or Jésus nous tend la main de la part de Dieu, il enjambe le fossé de la séparation et rouvre un accès à Dieu.

Dieu demeure en Jésus qui vient lui-même demeurer en nous par son Esprit lorsque nous croyons, et cette cascade de vie, d’amour, déborde tout autour de nous. Il y a une espèce d’alignement sur Dieu qui conduit à l’abondance. Et je crois que c’est dans ce sens qu’il faut comprendre que nos prières sont exaucées : lorsque nous nous alignons sur Dieu, ses projets deviennent nos priorités, notre prière.

Comment faire pour nous attacher au Christ de façon vivifiante ? Jésus évoque deux pistes : mettez en pratique mes commandements et aimez comme je vous ai aimés. Les deux vont ensemble, d’ailleurs le commandement principal que Jésus donne, c’est d’aimer. Mais ce n’est pas un amour éthéré, spirituel, idéal : non, c’est un amour concret. L’amour, le vrai, a un contenu : l’amour pardonne, l’amour relève l’autre, l’amour rend service, l’amour se réjouit de la vérité et de la justice, l’amour cherche ce qui est beau et bon, l’amour est patient…

Bon ben, y a plus qu’à… ! Être attaché au Christ, c’est un processus, pas un acte ponctuel. C’est une dynamique qui se renouvelle constamment : fréquenter le Christ, et Dieu en lui, à travers les Ecritures, apprendre toujours plus à le connaître pour qu’il nous inspire de mieux en mieux. Nous recentrer sur Dieu dans la prière, dans la proximité, ressentir sa présence aujourd’hui en nous. Nous encourager les uns les autres quand nous sommes démunis ou le nez dans le guidon…

 

Les méditations cette semaine nous conduiront à explorer tel ou tel aspect du fruit que Jésus nous appelle à porter, aujourd’hui, dans notre vie. Mais rappelons-nous : notre seule stratégie, c’est de nous rapprocher du Christ, de demeurer en lui pour que sa vie déborde en nous.

Livret de méditations « Partout, tout le temps, suivre le Christ tout simplement » à télécharger ici, (c) UEEL

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