Comme un enfant (Jésus et les enfants 1/4)

Prédication d’Eglantine Eldin.

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Il est important de prier pour la jeunesse. J’imagine que les parents n’ont souvent pas le choix ! Les enfants sont source de joie, d’émerveillement, mais aussi de souci ! Quand Jésus était sur terre, des gens sont venus lui demander de prier pour des enfants…

Et nous pouvons lire un de ces épisodes dans l’évangile de Matthieu, chapitre 19, versets 13 à 15

13 Des gens amenèrent des enfants à Jésus pour qu’il pose les mains sur eux et prie, mais les disciples leur firent des reproches. 14 Jésus dit : « Laissez les enfants venir à moi et ne les en empêchez pas, car le royaume des cieux appartient à ceux qui leur ressemblent. » 15 Il posa les mains sur eux, puis partit de là.

I. Comme un enfant, vulnérable et dépendant

Est-ce que vous imaginez la scène ? Des gens viennent à Jésus, peut-être font la queue pour que l’homme célèbre pour sa compassion et ses miracles prie pour leurs enfants. Ce ne sont pas des malades que l’on apporte, ni des personnes possédées, mais des enfants…! Original ! Et là, les disciples, ne voient aucun intérêt à ce que leur Messie se soucie de ces petits individus. Ils les rabrouent ! Ils rabrouent les enfants comme Jésus a rabroué la tempête, les démons… et que Pierre a fait des reproches à Jésus lorsqu’il annonce qu’il doit monter à Jérusalem pour souffrir beaucoup, être tué et ressusciter. Les disciples ont appris de Jésus à rabrouer, mais, leur apprentissage est complètement désorienté ! Leur apprentissage désorienté devient un obstacle entre le Christ et les personnes qui le recherchent. Alors Jésus regarde ses apprentis : « les amis, vous n’avez rien capté. Vous devez ressembler à ces petits pour entrer dans le Royaume ». Plus tôt, en Mt 18, les disciples ont déjà été appelé à ressembler aux enfants plutôt que de débattre qui serait le plus parmi eux sous le règne de Jésus. Mais ces apprentis, n’ont pas compris l’enseignement du maître, ni son identité. Dans notre passage, Jésus est sur le chemin de Jérusalem pour être tué et ressusciter. Mais voilà, dans la tête des disciples, le Messie est forcément guerrier, victorieux ! Leur culture a tronqué leur espérance, et ils ont projeté sur Jésus un Messie qu’il n’était pas. Leur Messie était un homme politique qui allait renverser le pouvoir romain et ainsi libérer l’Israël national par la force… Par mourir et ressusciter, ils comprenaient la métaphore. Jésus serait livré aux romains, pour ensuite se relever, et diriger un soulèvement militaire. Deux siècles avant eux, un soulèvement militaire avait réussi : les Maccabées. Alors, ils espéraient comme leurs prédécesseurs, être les compagnons du libérateur qui gagneraient un statut important sous son règne. Sans s’en rendre compte, ils étaient devenus comme des politiciens, réunis autour d’un nouveau leader à succès, rivalisant pour les meilleurs postes. En se croyant importants, les disciples ont écarté ceux que Jésus considère comme les plus importants.

L’épisode où Jésus prie pour les enfants est placé par l’évangéliste Matthieu entre deux autres épisodes… Et c’est loin d’être un hasard ! Dans l’épisode précédent, on a des chefs religieux qui se perdent dans des raisonnements complexes. Ils cherchent à piéger Jésus avec leurs questions compliquées et tordues. Ils tombent dans un orgueil qui ne permet pas de voir qu’ils sont en réalité pauvres spirituellement ; qu’ils ont profondément besoin de la grâce de Dieu. Bien plus, non seulement ils passent à côté de leur Sauveur, mais ils rejettent les petits : le faible, le vulnérable… Ils sont tellement perdus dans leurs leur orgueil, qu’ils méprisent ceux qui pour Dieu sont les plus importants. Dans l’épisode suivant, le jeune homme riche demande à Jésus comment avoir la vie éternelle. Mais lui, a contrario des enfants, n’est pas accueilli sur la base de son statut social. Jésus lui demande de vendre tout ce qu’il a pour être complètement dépendant de Lui.

Mais alors, qu’est-ce que veut dire ressembler à un enfant… ? Être comme un enfant, c’est être innocent… vraiment ? Ceux qui ont été parents doutent qu’il s’agisse d’innocence… En fait, on ne naît pas innocent. On naît vulnérable et dépendant. Les enfants sont une image de dépendance. Aux yeux de la société, ils n’ont aucun statut, aucun droit. Tels les femmes et les esclaves, les enfants sont complètement dépendants de la volonté de leur chef masculin de famille. En plus, le taux de mortalité des enfants à ce moment-là et dans ces régions était vraiment haut… Pas étonnant que des gens viennent vers un homme de foi, faiseur de miracles, afin qu’il prie pour leurs enfants !

Si on résume, un disciple qui ressemble à un enfant, ça donne quoi ? Comme un enfant qui n’a rien à offrir, c’est se reconnaître pauvre et vulnérable. Pour venir devant Dieu, nous avons besoin de se reconnaître pauvre spirituellement (Mt 5.3). Nous ne pouvons rien amener au Christ si ce n’est notre nécessité de le connaître et d’être connu de lui. Nous avons besoin aussi de son intercession constante pour nous… (Rm 8.34).

Comme un enfant, un disciple bienheureux se reconnaît vulnérable et dépendant du Christ. Et moi, est-ce que quelque chose m’empêche de venir les mains vides devant Dieu ?

II. Comme un enfant, Dieu s’est fait.

Comme d’habitude, lorsque Jésus nous enseigne qui devenir, il nous a déjà précédé… On entre aujourd’hui dans le temps de l’Avent. On fait mémoire de l’incarnation de Dieu en être humain, dans la personne de Jésus-Christ il y a 2025 ans. Le grand mystère de Noël, c’est le mystère de l’humilité de Dieu… Dieu s’est rendu vulnérable. Dieu s’est rendu dépendant de ses créatures.

Comme un enfant, Dieu s’est fait. Il vint nu sur la terre, sans gloire, dépourvu de force, et pourtant Dieu. L’unique humain de toute l’histoire qui naquit innocent. Un bébé pas comme les autres, qu’Hérode a voulu tuer, mais adoré par des mages venus de très loin, et des bergers avertis par des anges de sa naissance… Un bébé devant lequel le prêtre Siméon a dit à Dieu : « J’ai vu de mes propres yeux ton salut, ce salut que tu as préparé devant tous les peuples : c’est la lumière qui te fera connaître aux populations et qui sera la gloire d’Israël, ton peuple » (Lc 2.30-32). Dieu s’est rendu vulnérable et dépendant pour chacun d’entre nous. Il a choisi de se faire comme nous, humains, pour nous réconcilier avec lui, pour pardonner notre dureté de cœur. En plus, Christ n’a pas cessé de manifester AU QUOTIDIEN sa tendresse et sa compassion pour d’autres « petits » de ce monde… Il a accueilli et aimé les faibles, les méprisés, les sans-droits, les pauvres, les captifs… Il a guéri, sauvé, aimé, béni. Les derniers aux yeux du monde sont les plus importants aux yeux de Dieu.

III. Comme un enfant, accueilli et béni.

Pour entrer dans le Royaume de Dieu, il nous faut devenir comme un enfant. Être comme un enfant, c’est se reconnaître spirituellement pauvre (Mt 5.3), nu devant Dieu, sans rien à lui offrir en échange de son pardon. C’est lui dire « je suis complètement dépendant de ta grâce mon Dieu ». Reconnaître Jésus-Christ comme mon Sauveur et mon Seigneur me permet d’être accueilli par Lui, et béni par sa grâce…. Qu’est-ce qui nous empêche d’être complètement dépendants de Dieu ?

Ensuite, sommes-nous des obstacles entre les enfants et le Christ ? Est-ce que l’on considère les enfants avec autant d’importance que le Dieu le fait ? En tant qu’Eglise, comment valoriser la jeunesse comme Christ le ferait ?

Finalement, est-ce que l’on accueille les « petits » de ce monde comme Christ l’a fait ? Ce que les enfants et les « petits » de ce monde en ont commun, c’est leur faiblesse, leur vulnérabilité. Ils se trouvent tous deux dans le dénuement. C’est dur et non naturel de prêter attention aux personnes en situation de vulnérabilité, de handicap, de pauvreté, de détresse ; plutôt que de montrer de l’intérêt pour les gens impressionnants. Mais Christ nous a précédé, alors demandons-lui sa tendresse pour eux.

CONCLUSION

Comme un enfant, je veux être vulnérable devant Dieu et dépendant de la grâce du Christ. Dieu lui-même m’a montré l’exemple. Alors à mon tour, une fois accueilli et béni par lui, je veux accueillir et bénir la jeunesse et les petits de ce monde avec la tendresse de Dieu.

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