Jésus dans nos tempêtes

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La rentrée n’est pas toujours facile à vivre ! Après les vacances, on a besoin d’un petit temps pour se remettre dans le bain « en douceur », progressivement, sinon, on se retrouve submergé, angoissé, en panique…

Sans parler de la rentrée, il y a bien des situations qui peuvent nous submerger : quand notre santé, physique ou mentale, défaille ; quand il y a des conflits ; quand la charge professionnelle s’accumule ; quand l’argent manque ; que plusieurs changements ou pertes arrivent en même temps… ou quand on regarde autour de nous : les situations terribles de certains, sans parler des catastrophes ou des menaces politiques, écologiques… Et ces tempêtes sont déstabilisantes, au point parfois de déstabiliser notre foi : où est Dieu dans tout ça ? que fait-il ? que pouvons-nous attendre de lui ?

Jésus et ses disciples ont traversé bien des tempêtes, naturelles ou figurées. Je vais lire le récit d’une de ces tempêtes : c’est une histoire vécue, pas un symbole, mais avec une portée tellement forte qu’elle a du sens aussi pour nos tempêtes. Et si vous n’êtes pas dans une tempête, aujourd’hui, que vous voguez plutôt sur un lac ensoleillé, cet épisode révèle suffisamment de Jésus pour que cela puisse nourrir votre foi !

On trouve cette histoire dans l’évangile de Marc, et le récit est tellement prenant que je vais le commenter au fur et à mesure, pour ne rien perdre du suspense ! et je tirerai quelques conclusions à la fin. Jésus a passé la journée à enseigner les foules.

Lecture biblique Marc 4.35-41

35 Le soir de ce même jour, Jésus dit à ses disciples : « Passons de l’autre côté du lac. » 

36 Ils quittèrent donc la foule ; les disciples emmenèrent Jésus dans la barque où il se trouvait encore. D’autres barques l’accompagnaient. 

37 Et voilà qu’un vent violent se mit à souffler, les vagues se jetaient dans la barque, à tel point que, déjà, elle se remplissait d’eau. 

38 Jésus dormait sur un coussin, à l’arrière du bateau. Ses disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous allons mourir ! Cela ne te fait rien ?» 

         Cette tempête, soudaine, est terrible et dangereuse, ce qui arrivait régulièrement sur le lac de Galilée, entouré de collines qui forment comme une cuvette. Même les disciples, chez qui on trouve des pêcheurs aguerris, paniquent (« nous allons mourir ! »).

Et dans cette tempête, avec le vent qui se déchaîne, les vagues qui font bouger la barque et qui remplissent le bateau, Jésus dort. Il dort ! Certes, il était sûrement fatigué, même épuisé, par les voyages, les enseignements, les rencontres… Enfin, il faut être très fatigué pour dormir dans une barque ballottée par la tempête ! Le sommeil de Jésus à ce moment-là est assez incongru… Et les disciples sont choqués.

Ils prennent sur eux de réveiller Jésus avec ce cri de panique : « Maître, nous sommes perdus ! » – détresse – « Cela ne te fait-il rien ? »

Notez qu’ils ne réveillent pas Jésus pour lui demander de l’aide. Jésus n’est qu’un charpentier, et un guide spirituel, et oui, il a fait quelques guérisons. La tempête n’a rien à voir avec ça. Les disciples réveillent Jésus parce qu’ils sont vexés : « ça ne te fait rien ? on va mourir, et tu t’en fiches ? »

Si Jésus avait été sur le pont, gonflé d’adrénaline comme les autres, même s’il ne faisait rien de plus que d’aider à écoper – c’était déjà énorme ! Il aurait pu les encourager, les soutenir… Mais non, il dort. Il ne prie pas ! Il dort.

Combien de fois, dans nos difficultés, nous avons l’impression que Dieu est en train de dormir… Nous ne le voyons pas agir, il paraît absent, et nous avons l’impression d’être seuls dans nos galères. Et dans l’intensité de l’épreuve, comme les disciples, nous sautons vite à l’interprétation : Si Dieu ne fait rien dans cette situation, c’est que… il s’en fiche ! il ne m’aime pas ou plus ; il m’a laissé tomber ; il me punit ; je ne vaux rien à ses yeux ; il est incapable ou il tolère l’injustice ; ou absent ; peut-être, même, inexistant ?…

39 Jésus, réveillé, menaça le vent et dit au lac : « Silence ! tais-toi ! » Alors le vent tomba et il y eut un grand calme. 

Jésus a une sacrée autorité ! D’un mot, il a calmé la tempête – sans aucun effort ! C’est la première fois dans l’Evangile que sa puissance se dévoile avec une telle ampleur : c’est plus qu’une guérison, il maîtrise la nature, et la nature dangereuse !

Puissance, maîtrise sur la nature, parole… on a l’impression de se retrouver au début de la Genèse, quand Dieu crée le monde par sa Parole : Dieu dit « que la lumière soit ! » et la lumière fut (Gn 1.3). Jésus montre, ici, qu’il est plus qu’un homme doué, il a quelque chose du Créateur.

Certains, et c’est légitime, se demanderont si ça s’est vraiment passé ! Dans la vie de Jésus ou dans la Bible : le miracle est miracle parce qu’il est anormal. Mais si on considère que Dieu a créé le monde et qu’il y reste impliqué, ses interventions exceptionnelles nous impressionnent, oui, mais elles ne sont pas impossibles.

C’est un peu comme avec un logiciel : vous et moi utilisons le mode normal, de l’utilisateur, mais le concepteur du logiciel, qui a tous les codes d’origine, peut si besoin forcer quelques actions, sans remettre en question tout le fonctionnement du logiciel.

Dans son Evangile, Marc juxtapose 3 miracles à ce récit de tempête apaisée : la délivrance d’un homme possédé, la guérison d’une femme hémorragique et la résurrection de la fille du prêtre Jaïrus. Dans cette suite de miracles, Marc souligne la puissance de Jésus qui maîtrise tout : le naturel, le surnaturel, jusqu’à la mort elle-même. Et cette puissance est en faveur de la vie, une puissance libératrice, éclatante, vivifiante.

Dans la tempête, Jésus commence à montrer qui il est : homme et Dieu, Créateur parmi les créatures. C’est pour ça que depuis tout à l’heure, je mets Jésus en parallèle avec Dieu, Dieu qui dort, Dieu qui agit, et pas simplement avec un ami ou un guide.

Cet épisode dévoile l’identité de Jésus, et ses priorités : faire vivre, secourir, sauver. Ce fil se tire jusqu’à la croix, où Jésus meurt à notre place, et ressuscite, se réveille d’entre les morts, pour vaincre totalement la puissance du mal et de la mort, et nous permettre de partager sa vie, dans tout son éclat.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là !

40 Jésus dit aux disciples : « Pourquoi avez-vous peur ? N’avez-vous pas encore la foi ? » 

C’est au tour de Jésus de faire des reproches à ses disciples… Mais ! c’est normal qu’ils aient eu peur, au milieu d’une tempête ! Qu’auraient-ils dû faire ? Aller se coucher, comme Jésus ? laisser Jésus dormir ? le réveiller, mais autrement ?

De quelle peur parle Jésus : la peur face à la tempête, ou la peur que Jésus les abandonne ? Après tout, leur reproche, c’était que Jésus ne s’intéressait pas à eux.

41 Mais ils éprouvèrent une grande frayeur et ils se disaient les uns aux autres : « Qui est donc celui-ci, pour que même le vent et les flots lui obéissent ? »

Les disciples écoutent à peine Jésus, ils sont encore tétanisés de ce qu’ils viennent de voir : Jésus a grondé le vent, et la tempête s’est calmée, comme un enfant. Les disciples ont presque plus peur après que pendant la tempête. La tempête, c’est grave, mais on connaît. Un homme qui maîtrise la tempête, ça, c’est fou. Les disciples commencent à comprendre ce qu’on a vu tout à l’heure : leur maître est aussi maître de la nature, Jésus est plus qu’un homme, il a l’autorité du Créateur…

Et pour nous, dans nos tempêtes ?

Ce qui s’est passé dans cette tempête nous rejoint, nous, lorsque nous sommes ballottés par le vent, individuellement ou collectivement.

  • Reconnaître que Jésus est présent

Un premier encouragement, c’est que dans les pires situations, quand nous sommes en panique, Dieu/Jésus/ n’est pas absent. Même si on a l’impression qu’il dort, parce qu’on ne le voit pas en train d’agir, Dieu n’est pas absent, il est avec nous dans la barque. Lorsque les vagues montent, et notre peur avec, rappelons-nous que nous ne sommes pas seuls – Dieu est avec nous dans la barque.

  • Un Dieu inclassable

Mais Jésus/ Dieu/ n’est pas là où on l’attend, et il est là où on ne l’attend pas. Il dort,  minimum du minimum, et puis, il arrête la tempête, maximum du maximum. Les disciples attendaient une solution médiane, de l’intérêt, un petit coup de main, des mots d’encouragement… Mais Jésus est complètement décalé par rapport à leur attente.

Notre Dieu est hors cadre, il est inclassable. Il sort de nos définitions, il déborde de nos stratégies, avec un autre processus de résolution des problèmes. Lui, il est à un autre niveau, et il agit à un autre niveau, avec un autre rythme ! Et même si nous ne comprenons pas bien, il est proche de nous, et il est efficace.

  • Nous tourner vers lui… avec foi !

Alors, à quoi pourrait ressembler la foi dans la tempête ? Jésus n’a pas répondu, alors je me risque à une suggestion…

Reconnaître la réalité de ce qui se passe. Jésus ne nie pas la réalité ! Réveillé, il ne se retourne pas sur son coussin en disant : « laissez-moi, tranquille, c’est dans votre tête ! » Non, le problème est réel : il se lève et il le règle. Avoir la foi ne nous empêche pas de reconnaître ce qui se passe, dans toute son ampleur, ni même d’avoir peur si c’est effrayant !

Mais face à cette réalité, nous pouvons crier à Dieu. « réveiller Jésus » C’est la prière ! On peut appeler Dieu à l’aide parce qu’on a peur – si ça ce n’est pas de la foi ?! Croire que Dieu peut nous délivrer !

On peut même, voyez dans les psaumes, crier à Dieu notre ressenti, nos inquiétudes, notre lassitude (j’en peux plus…), nos questions (pourquoi tu ne fais rien ?…), notre désarroi (je ne comprends pas…) En nous rappelant que Dieu est bien plus grand, et plus aimant, que ce que nous imaginons.

L’écart avec les disciples est minime mais toute la différence est là : ils n’ont pas appelé Jésus à l’aide ! Ils ont cru qu’il les laissait tomber.

Et pourtant, malgré leur manque de foi, Jésus les a délivrés ! Alors, dans la tempête, tournez-vous vers Dieu, priez, criez à lui – allez-y, même si vous priez « mal » ou que votre foi défaille, Dieu, le Dieu tout-puissant, le Dieu tout proche qui nous aime, le Dieu que révèle Jésus, ce Dieu-là ne vous abandonnera pas !

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