La pratique de l’autorité selon Dieu

 

Hébreux 13.7
Souvenez-vous de vos responsables qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Regardez comment ils ont fini leur vie et imitez leur foi.

Une fois n’est pas coutume, je vous propose donc ce matin de ne lire qu’un seul verset biblique ! C’est celui qui est proposé pour le 9e critère de Vitalité : la pratique de l’autorité selon Dieu. Un critère qui parle en fait du rôle des responsables dans l’Église.

Notre verset s’insère dans une série d’exhortations sur la vie dans l’Église, où on trouve des appels à l’hospitalité, à la solidarité, au respect du mariage, au contentement, à la vigilance. Et parmi toutes ces exhortations, il y a notre verset, qui se suffit à lui-même : imitez la foi de vos responsables.

La même idée se retrouve à plusieurs reprises sous la plume de l’apôtre Paul, qui le dit à propos de lui-même : « Soyez mes imitateurs », dit-il aux Corinthiens et aux Philippiens (1 Co 4.16, Ph 3.17). Et il précise en 1 Co 11.1 : « Imitez-moi, comme moi j’imite le Christ. ». Bien-sûr, le modèle, c’est le Christ. Mais il n’en demeure pas moins que l’exhortation à l’imitation des responsables demeure…

Comment la comprendre aujourd’hui ?

 

Imiter

C’est incontournable, qu’on le veuille ou non. Dans notre cheminement spirituel, on est tous influencé par des personnes qui nous ont marqué ou impressionné. Des parents, des grand-parents, des anciens dans l’église, des pasteurs, des missionnaires… Des gens qu’on prend comme modèle, des exemples en raison de leur foi, leur vie spirituelle, leur engagement, leur amour pour le prochain…

Et on a tous voulu, consciemment ou non, les imiter. Prier comme eux. Prêcher comme eux. Témoigner comme eux. S’engager comme eux. Et ça nous permet d’avancer. Ensuite, on se l’approprie, on le vit à notre façon, avec notre personnalité et nos dons. Et ça devient quelque chose d’autre. Pas forcément mieux ou moins bien. Différent. Mais inspiré par les exemples suivis.

Le risque, bien-sûr, c’est d’idéaliser les modèles. Et si on le fait, un jour ou l’autre on tombe de haut. Parce que le seul modèle parfait est le Christ. Tous les autres ont leurs limites et leurs failles. Mais le processus d’imitation est normal et légitime. Il est même encouragé dans notre verset, et ailleurs par l’apôtre Paul.

Pourquoi ? Parce que l’Église n’est pas un club auquel on adhère sur la base d’une confession de foi. C’est une communauté vivante, dans laquelle on s’efforce de vivre l’Évangile. Et l’Évangile est une bonne nouvelle à incarner. D’où la logique d’imitation…

 

Être un disciple

En fait, il me semble que cela se rapproche assez de la notion de discipulat. Que fait un disciple sinon de suivre l’exemple de son maître ?

Le modèle est laissé par Jésus. Il a lui-même choisi un groupe de disciples. Et avant de les quitter il les a appelé à leur tour à aller dans le monde et « faire de toutes les nations des disciples ». Pas des disciples des apôtres, pas des disciples d’une religion ou d’une Église. Des disciples du Christ : « Enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. »

On ne peut pas faire des disciples en ne transmettant qu’un message. Il faut aussi s’investir dans la relation et montrer l’exemple. Devenir disciple du Christ, c’est s’engager dans un long apprentissage. Il ne suffit pas de signer un déclaration de foi et de se faire baptiser pour grandir spirituellement. Nous avons besoin de l’aide des autres, que le Seigneur utilise pour notre croissance spirituelle. Des exemples, des modèles, qui nous aide à nous rapprocher du modèle suprême du Christ.

Voilà le type de relation que nous devrions développer dans l’Église. Des relations d’apprentissage mutuel. Où chacun peut profiter de l’expérience et de la sagesses des plus anciens. Où on parle, on prie, on discute, on apprend ensemble. Dans une relation de un à un. Dans des structures plus intimes comme les groupes de partage.

Bref, être vraiment une communauté de disciples !

 

Être un modèle

Du coup, il faut aussi considérer la question par l’autre bout de la lorgnette. Du côté des modèles. Nous sommes aussi appelés à devenir des modèles à imiter.

La question est forcément plus sensible pour ceux qui sont en poste de responsabilité dans l’Église. Les pasteurs, les responsables d’Eglise. Mais c’est vrai aussi pour les plus anciens, les plus expérimentés. Et d’une certaine façon, nous sommes tous concernés un jour ou l’autre.

Il est important d’être conscient de cela. Nos actes, nos paroles, notre façon de vivre notre foi et de se mettre au service des autres, tout cela a de l’importance. Car on a autour de nous des gens qui peuvent nous prendre pour modèle.

Redisons-le, le modèle n’est pas Paul ou n’importe quel leader spirituel. Le modèle demeure le Christ et le Christ seul. D’ailleurs immédiatement après notre verset l’auteur de l’épître aux Hébreux affirme : « Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours. » (Hébreux 13.8)

Être un modèle, c’est refléter le Christ ! Dans l’Église, on est un bon modèle quand on sert le Christ pas quand on se sert soi-même, pour asseoir son autorité, défendre sa place ou ses privilèges, accentuer son pouvoir…

 

Dans la confiance et le respect

Evoquer la tâche des responsables de l’Église sous l’angle du discipulat ou de l’imitation permet de souligner la dimension éminemment relationnelle de la tâche.

Être en poste de responsabilité dans l’Église, ce n’est pas occuper une place à préserver, un pouvoir à entretenir, un privilège à garder jalousement. Et respecter l’autorité des responsables, ce n’est pas se soumettre aveuglément ou au contraire se méfier systématiquement.

Ce qui compte finalement, c’est la qualité des relations, dans la confiance et le respect, où on reconnaît à chacun sa place et son ministère. Avouons-le : nous autres français, on a souvent du mal avec ça. On se méfie des autorités en place, on est plus doué pour la suspicion que pour la confiance…

Alors réentendons cette exhortation : « Souvenez-vous de vos responsables qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Regardez comment ils ont fini leur vie et imitez leur foi. »

 

Conclusion

L’enjeu de ce critère de vitalité est lié aux responsables de l’Église. Mais pas pour dire que tout dépend d’eux. Pour souligner que beaucoup dépend de la relation entre les responsables et les membres : basée sur une confiance réciproque. Et plus largement, de la qualité des relations dans l’Église, de notre capacité à apprendre et recevoir les uns des autres.

Jésus lui-même a montré l’exemple en choisissant et en formant un groupe de disciples, en les envoyant faire à leur tour des disciples. C’est ainsi que l’Église est née ! Disciples à la suite des disciples, nous sommes appelés à vivre dans cette relation, tantôt modèle, tantôt imitateur, dans la confiance et le respect mutuel.

C’est ainsi que nous grandirons ensemble, spirituellement. Et que nous pourrons nous rapprocher de notre modèle suprême : Jésus-Christ.

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