Jésus, avec nous par son Esprit

Trouver Dieu dans notre quotidien. Il est vrai que par moments, nous voyons des signes de la présence de Dieu : dans la Nature, à travers les fonctions du quotidien, dans des situations qui se débloquent ou des expériences de sa paix, de sa tendresse, de sa force. Mais entre ces moments, il nous arrive d’être absorbés par ce que nous vivons, sans avoir conscience que Dieu est là (en cour de récré, dans le bus, lors d’une démarche administrative…)/ sans le chercher, ou de chercher Dieu sans vraiment le trouver. La connexion avec Dieu semble se faire par intermittences, comme s’il y avait des connexions et des déconnexions, des présences et des absences.

Lorsque Jésus était sur terre, sa présence était indéniable, visible, palpable. Mais nous, nous n’avons pas Jésus, là, à nos côtés, ce qui rend bien plus difficile la perception de sa présence. Or Jésus est tout à fait conscient de ce défi, il en parle même à ses disciples la nuit avant de se faire arrêter : il sait ce qui l’attend – arrestation, procès, mise à mort, et par anticipation, il veut encourager ses disciples qui n’ont pas encore saisi la gravité de ce qui arrive. Nous sommes donc dans les derniers moments où Jésus est avec ses disciples, cette nuit de Pâque juive qui précède sa mort.

Lecture biblique : Jean 14.15-20

15 Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. 

16 Moi, je demanderai au Père de vous donner un autre défenseur pour qu’il soit avec vous pour toujours, 17 l’Esprit de la vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et qu’il ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous et qu’il sera en vous.

18 Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viens à vous. 19 Encore un peu, et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez, parce que, moi, je vis, et que vous aussi, vous vivrez. 20 En ce jour-là, vous saurez que, moi, je suis en mon Père, comme vous en moi et moi en vous. 

L’envoi de l’Esprit

A l’approche de son arrestation, Jésus sait que ses disciples vont se sentir abandonnés, et il veut les rassurer en leur promettant l’envoi de l’Esprit saint (v.16-17). Cette promesse est un peu mystérieuse : Dieu leur enverra un autre défenseur (dans d’autres traductions : un autre consolateur, un autre Paraclet). Le paraclet (chez les Grecs à l’origine, mais c’était répandu aussi en Israël à l’époque de Jésus), c’est quelqu’un appelé à vos côtés, en particulier lors d’un procès, pour vous conseiller sur le plan juridique et éventuellement parler à votre place. Si vous vous sentez désemparés devant une situation trop complexe, que vous avez du mal à comprendre ou à vous défendre, le paraclet est là pour vous soutenir.

Jésus annonce donc une période difficile, qui ressemblera à un procès : comme lui-même, ses disciples seront rejetés, accusés, persécutés – mais ils ne seront pas seuls : Dieu viendra à leurs côtés pour les soutenir et les défendre. Sous pression, on peut être tenté de changer de version, ou de douter de ce qu’on pensait savoir : Dieu leur rappellera ce qui est vrai, comme un témoin véridique qui aide à y voir clair. Jésus est vraiment venu, il a vraiment fait des miracles, il a vraiment offert l’amour et la sagesse de Dieu, il a vraiment accompli les promesses de Dieu. Il y aura un conflit, entre ceux qui ont cru en Jésus et les autres (« le monde »), mais Dieu lui-même viendra soutenir ceux qui croient en Jésus.

Jésus se considérait lui-même comme un témoin de la vérité de Dieu : à l’heure de son départ, il promet un successeur, un autre défenseur : son Esprit, qui sera avec les disciples, à côté des disciples, et dans les disciples. Autrement dit, il sera du côté des disciples, il sera proche d’eux, tellement proche qu’il sera « dedans ».

Qui est la personne humaine la plus proche de vous ? Même cette personne n’est pas toujours avec vous, 24/7. Il y a des intermittences. La seule personne qui soit toujours avec vous, c’est vous. Or Jésus promet d’envoyer un soutien qui ne sera pas simplement à nos côtés, comme un ami, un parent, un conjoint, avec des moments proches et plus distants (ne serait-ce que sur le plan géographique) : Dieu viendra lui-même soutenir ses disciples 24/7, en se répandant dans tout ce que nous vivons, dans tout ce que nous sommes. Dieu est à côté des croyants, pour les soutenir (geste du bras) et il est en eux, pour qu’il n’y ait jamais de déconnexion.

C’est particulièrement important vu les conflits qui vont s’ouvrir autour des disciples de Jésus, ceux qui sont avec lui dans la pièce la nuit de Pâque mais ensuite, tous ceux qui croiront en lui, jusqu’à nous. Dans le livre des Actes, les disciples sont accusés, condamnés, emprisonnés parfois mis à mort – comme bien d’autres chrétiens aujourd’hui, persécutés ou sous pression pour s’éloigner du Christ.

Mais la promesse de l’envoi de l’Esprit n’est pas limitée aux cas difficiles : elle rassure pour les moments difficiles, mais une fois que l’Esprit est en nous, il ne part plus ! Il est là, pour toujours, même si nous ne sommes pas persécutés.

Si vous avez du mal à vous représenter la présence de Dieu en vous, une présence spirituelle et pas matérielle, bienvenue au club ! Une image imparfaite : l’éponge. Une fois imbibée d’eau, vous ne pouvez pas faire la différence entre l’éponge et l’eau. Et partout où va l’éponge, l’eau suit. Quand vous ferez la vaisselle la prochaine fois, rappelez-vous que l’Esprit vous remplit comme l’eau imbibe l’éponge!

          La vie du Christ en nous

Jésus continue. Peut-être a-t-il senti que ses disciples ne sont pas complètement rassurés : ce qui compte pour eux, c’est Jésus, et Jésus annonce son départ. Alors il insiste : je ne vous laisserai pas orphelins, mais je reviens. A mots couverts, Jésus fait sûrement référence à sa résurrection : il s’en va, il va mourir, mais il reviendra vers ses disciples ; alors ils sauront que Jésus est vivant, d’une vie éternelle, autre, que Jésus veut partager avec tous ceux qui se tournent vers lui avec foi.

Et là, ça devient un peu confus : Jésus va faire envoyer un défenseur, l’Esprit, mais il va lui aussi revenir (ressuscité), et il sera dans les disciples et les disciples en lui, comme Jésus est en Dieu : là on revient plutôt à l’Esprit, non, puisque c’est en nous ?

Jésus et l’Esprit sont tellement liés que recevoir l’Esprit, c’est recevoir Jésus. Jésus a un corps, même après sa résurrection, donc il ne va pas venir s’installer à l’intérieur de nous, en poussant nos organes (ce serait inconfortable) : il demeure en nous par son Esprit. Être rempli de l’Esprit, c’est donc être rempli de Jésus – et par là, rempli de la présence de Dieu. Comme l’oxygène qui est présent dans l’eau (H2O) qui vient imbiber l’éponge.

Par l’Esprit, Jésus demeure en nous et nous attache solidement à lui, pour que nous puissions participer à la vie de Dieu. C’est pour cela qu’il est venu sur cette terre : pour s’approcher de nous, pour écarter tout ce qui nous sépare de lui (nos fautes, nos révoltes, nos mensonges, nos indifférences) et nous reconnecter à son amour, pour toujours.

La fidélité, de part et d’autre

S’arrêter là serait mettre de côté un élément important sur lequel Jésus insiste avant et après la promesse d’être avec nous par l’Esprit : « si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » (v.15, 21). Les commandements, ce sont… aimer, rester authentiquement dans la vérité de Dieu, c’est-à-dire aimer Dieu de tout notre cœur en l’honorant dans tout ce que nous sommes, et aimer notre prochain, notre lointain, et même notre ennemi.

Jésus conditionnerait-il le don de l’Esprit à notre obéissance ? comme si Jésus allait retirer son Esprit lorsque nous nous égarons ? C’est ce que nous imaginons parfois. Mais il n’y a pas de lien de cause à effet dans le texte, faisant de l’obéissance la base pour recevoir la présence de Dieu – et heureusement ! Sinon, je crois que Dieu ne serait pas souvent avec moi, en tout cas pas toujours : qui se croirait totalement aimant et saint ? Jésus vient nous rejoindre dans nos mensonges, nos faiblesses, nos échecs, il ne va pas conditionner sa présence à notre réussite !

Cela dit, être sauvés par grâce ne veut pas dire que nous restons passifs. Dans une relation, même si l’initiative n’a été prise que par l’un des deux, si on veut que la relation perdure, il faut que chacun y mette du sien, il faut de la réciprocité, ou en tout cas du répondant. Dieu met tout : sa vie, en Jésus, jusqu’au sacrifice, et son Esprit. Et nous ? Nous sommes appelés à cultiver notre relation avec Dieu, à rester fidèles, à le suivre, à le chercher, à respecter ses principes – même, et peut-être en particulier, quand nous sommes un peu perdus, que nous ne savons pas où aller, que la pression est forte : Jésus nous invite à lui rester fidèles, à nous accrocher à lui – parce que lui ne bouge pas, il est là, que nous le voyons ou pas, il est là.

Alors, dans les moments faciles ou difficiles, laissons cette vérité nous remplir, comme l’eau remplit l’éponge : Dieu est avec nous, à chaque instant, grâce à Jésus, par son Esprit. Que sa vérité et son amour soient notre boussole pour avancer…

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