Une paix qui dépasse toute intelligence

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La semaine dernière, nous avons évoqué la paix que le Christ laisse à ses disciples peu de temps avant de les quitter, une paix qui découle de sa présence auprès d’eux, auprès de nous et en nous par son Esprit. C’est une paix que nul autre ne peut nous donner ! Ce matin, je vous propose de nous arrêter sur un autre aspect de la paix de Dieu, que l’apôtre Paul évoque dans son exhortation aux chrétiens de Philippe.

Les deux versets que nous allons lire font partie des différentes recommandations que l’apôtre adresse à ses lecteurs, à l’issue de sa lettre. Le contexte n’est pas facile, tant pour Paul que pour ses lecteurs. L’apôtre est en prison lorsqu’il écrit sa lettre. Et les chrétiens de Philippe font face eux-mêmes à des difficultés. Paul les considère comme ses partenaires dans la lutte pour la propagation de la Bonne Nouvelle du Christ. Car elle progresse, malgré les oppositions.

Dans un tel contexte, qui peut être source de craintes et d’inquiétudes, au coeur de ses exhortations, l’apôtre Paul adresse un appel à ses lecteurs, avec une promesse, celle de la paix de Dieu :

Philippiens 4.6-7
6 Ne vous inquiétez de rien, mais en toute circonstance demandez à Dieu dans la prière ce dont vous avez besoin, et faites-le avec un cœur reconnaissant. 7 Et la paix de Dieu, qui dépasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées unis avec Jésus Christ.

 

Une paix qui dépasse toute intelligence

Intéressons-nous d’abord à la formule originale utilisée par Paul au verset 7 : “la paix de Dieu, qui dépasse toute intelligence”. Qu’est-ce que ça signifie exactement ? De quelle intelligence parle-t-on ?

C’est le terme grec noûs qui est utilisé ici. Un terme qu’on peut traduire avec plusieurs termes en français : l’esprit, la pensée, la raison, l’intellect… En fait, on peut dire que le terme désigne notre faculté de penser.

Paul affirme donc que la paix de Dieu dépasse notre faculté de penser. Est-ce à dire que c’est une paix qui n’a rien à voir avec l’intelligence ? Une paix irrationnelle, qui ne s’explique pas ? Il me semble que c’est plutôt une paix qui surpasse les limites de notre intelligence.

Car, il faut le dire, notre intelligence peut nous procurer une certaine paix. Face à une situation de stress ou d’inquiétude, on peut se raisonner, analyser le problème. On peut mettre à profit notre expérience, nos connaissances, faire preuve de sagesse. Et cela peut suffire à nous procurer la paix, lorsqu’on comprend, ou qu’on maîtrise la situation.

Dieu nous a donné une intelligence et nous appelle à faire preuve de bon sens. Cela suffit à nous procurer la paix dans un certain nombre de cas. Ce n’est pas parce qu’on est croyant qu’on est obligé de vivre toujours dans l’irrationnel !

Mais il y a des circonstances qui échappent à notre compréhension et notre sagesse, des situations qu’on ne maîtrise pas du tout, qui nous dépasse, où on se sent complètement démuni… C’est alors que la paix de Dieu est si importante, elle qui surpasse toutes nos facultés intellectuelles.

La paix de Dieu va au-delà de notre sagesse et notre bon sens. Elle nous est accordée même lorsque notre intelligence ne peut nous procurer aucune paix. Même quand, humainement, il ne semble y avoir aucune issue favorable possible, le croyant peut être rempli de la paix de Dieu. De nombreux exemples peuvent être cités, hier et aujourd’hui, pour des croyants face à la persécution, dans le creuset de l’épreuve ou au cœur de la maladie. Alors que tout semble perdu humainement, ils font preuve d’un calme, d’une confiance et d’une paix incroyables. Cette paix-là est d’ailleurs parfois un témoignage plus fort et parlant qu’un miracle. En fait, elle est un miracle… parce qu’elle est l’effet direct de l’oeuvre de Dieu.

 

La paix dans l’union avec Jésus-Christ

Arrêtons-nous maintenant sur la suite de l’exhortation de l’apôtre Paul, qui permet de préciser ce qu’est cette paix de Dieu qu’il promet. Relisons l’ensemble du verset 7 : “la paix de Dieu, qui dépasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées unis avec Jésus Christ.”

Le fruit de la paix de Dieu chez le croyant, c’est de garder son coeur et ses pensées unis avec Jésus-Christ. Le coeur et les pensées, ce sont différentes dimensions de notre être intérieur. Le coeur, c’est plutôt le siège de la volonté, de nos intentions et de nos motivations. Les pensées (le terme grec est apparenté à noûs) sont le fruit de notre intellect, nos réflexions, nos préoccupations…

Les soucis, les inquiétudes, les préoccupations peuvent altérer notre paix intérieure. Mais pour le croyant que nous sommes, ils peuvent aussi facilement nous éloigner du Christ, nous faire oublier sa présence, nous donner l’impression de ne plus la ressentir. Absorbés que nous sommes par les soucis et l’inquiétude, on peut en venir à oublier la présence du Christ à nos côtés…

Or la paix de Dieu garde nos coeurs et nos pensées unis avec Jésus-Christ. On pourrait même dire qu’on a ici une sorte de définition de la paix pour le chrétien : c’est avoir son coeur et ses pensées unis avec Jésus-Christ. Être en harmonie avec le Christ. Se reposer en lui.

On pourrait appeler cela le cercle vertueux de la paix de Dieu. Elle garde notre coeur et nos pensées unis au Christ, et le fait de garder notre coeur et nos pensées unis au Christ nous procure la paix en toutes circonstances !

 

Le rôle de la prière

Si on revient un peu en arrière dans l’exhortation de Paul, on constate qu’il y a un rôle spécifique de la prière pour recevoir la paix de Dieu. C’est le verset 6 : “Ne vous inquiétez de rien, mais en toute circonstance demandez à Dieu dans la prière ce dont vous avez besoin, et faites-le avec un cœur reconnaissant.”

Il s’agit donc, en toutes circonstances, de demander à Dieu ce dont nous avons besoin, et de le faire avec un coeur reconnaissant.

Ca ne veut pas dire que Dieu nous donnera automatiquement tout ce que nous lui demanderons. L’apôtre Paul n’est pas en train de nous donner un truc infaillible pour obtenir de Dieu tout ce qu’on veut ! L’idée de cette exhortation est qu’en demandant à Dieu tout ce dont nous avons besoin, nous lui exprimons notre attente, notre confiance, nous reconnaissons que nous dépendons de lui.

Le faire avec un coeur reconnaissant, c’est justement le faire dans la confiance que Dieu répondra selon nos besoins, qu’il prendra soin de nous. Ici encore, ce n’est pas une formule magique. Comme s’il suffisait de dire merci par avance pour avoir ce qu’on demande. Vous savez que certains l’ont compris comme ça ! Ce n’est plus de la reconnaissance, c’est une tentative de manipulation… et une sacrée preuve d’immaturité chrétienne !

Il ne faut pas oublier que ce que Dieu promet en réponse à nos prières, dans cette exhortation de l’apôtre, ce n’est pas forcément ce qu’on lui demande mais c’est toujours sa paix. Notre texte dit : “Demandez à Dieu tout ce dont vous avez besoin… et il vous donnera sa paix.” Que l’on obtienne ou non ce que nous avions demandé, Dieu promet de nous donner sa paix.

 

Conclusion

Je nous invite ce matin à entrer dans le cercle vertueux de la paix de Dieu ! Gardons notre coeur et nos pensées unis au Christ pour recevoir la paix de Dieu, cette paix qui elle-même gardera notre coeur et nos pensées unis au Christ !

Ce cercle vertueux nous gardera en paix, quelles que soient les circonstances de notre vie, quelles que soient les menaces ou le tumulte qui nous entoure.

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