La lumière de Sa présence (Quand Dieu se révèle 4/4)

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D’après Exode 40.16-38

16 Moïse exécuta scrupuleusement les ordres du Seigneur : 17 le premier jour du premier mois, une année après le départ d’Égypte, on édifia la demeure. 
18 Moïse fit dresser la demeure : il mit en place les socles, les cadres et les traverses, de même que les colonnes. 19 Il déploya les toiles de tente sur la demeure, puis il plaça la couverture protectrice par-dessus, comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse. 
20 Moïse prit les tablettes de pierre des dix paroles et les déposa dans le coffre ; il mit en place les barres du coffre et il recouvrit celui-ci de son couvercle. 21 Il l’introduisit dans la demeure, puis il suspendit le rideau de séparation pour cacher le coffre, comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse.
22 Il plaça la table dans la tente, du côté nord, devant le rideau de séparation ; 23 il y arrangea les pains offerts au Seigneur, comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse.
24 Il plaça le porte-lampes dans la tente, du côté sud, en face de la table ; 25 il en alluma les lampes, devant le Seigneur, comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse.
26 Il plaça l’autel d’or dans la tente, devant le rideau de séparation ; 27 il fit brûler dessus le parfum, comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse.
28 Il fixa le rideau d’entrée de la demeure, 29 puis il plaça l’autel des sacrifices près de l’entrée de la demeure de la tente de la rencontre ; il y fit brûler un sacrifice complet et une offrande végétale, comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse.
30 Il plaça le bassin entre la tente et l’autel, et il le remplit d’eau, pour les purifications. 31 Moïse, Aaron et ses fils utilisaient cette eau pour se laver les mains et les pieds. 32 Ils se purifiaient de cette manière chaque fois qu’ils pénétraient dans la tente de la rencontre ou qu’ils s’approchaient de l’autel, comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse.
33 Moïse fit dresser les tentures de la cour, tout autour de la demeure et de l’autel, et il fit suspendre le rideau à l’entrée de la cour. Il mit ainsi un terme aux travaux.

34 Alors la nuée vint recouvrir la tente de la rencontre et la gloire du Seigneur remplit la demeure. 35 Moïse ne pouvait plus pénétrer dans la tente, car la nuée y demeurait et la gloire du Seigneur remplissait la demeure.
36 Pour leurs déplacements successifs, les Israélites ne se mettaient en route que si la nuée s’élevait au-dessus de la demeure. 37 Si la nuée ne bougeait pas, ils ne partaient pas ; ils attendaient le jour où elle s’élevait.38 Le Seigneur manifesta sa présence aux Israélites par la nuée qui enveloppait la demeure pendant le jour ou par le feu qui y brillait pendant la nuit, et cela tout au long de leur voyage.

Ca y est, les travaux sont presque finis ! Enfin ! C’était tellement long… plusieurs mois pour rassembler et construire tout ce qui était demandé… Dans ce contexte, en plus, c’était très compliqué de trouver les ressources nécessaires ! Il a fallu trouver les bons tissus, les bonnes pierres, les bons matériaux… et surtout, croiser les bonnes personnes ! Même en y mettant le prix, c’était compliqué ! Les chefs de projet en ont passé, des nuits sans dormir ! Mais bon, ça y est, presque 9 mois après le lancement du projet, tout est prêt pour l’assemblage final…

Ce n’est pas la première fois que Siméon & ses collègues travaillent sur un projet de bâtiment : en Egypte déjà, ils étaient dans le milieu de la construction. Mais là, le projet est vraiment à part ! Il ne faut pas se tromper, les exigences sont hautes. Vous comprenez, le bâtiment qu’ils construisent, c’est pour Dieu ! Rien que ça ! Pour Dieu !

Siméon se souvient, il y a 9 mois, quand Moïse est redescendu du Mont Sinaï avec un genre de contrat entre Dieu et le peuple d’Israël : Dieu allait guider son peuple avec fidélité, vers un pays où le peuple serait libre, en sécurité, et plongé dans l’abondance.

En retour, le peuple devait accepter que vivre avec Dieu, ce n’est pas vivre avec n’importe qui ! Pour vivre avec Dieu, le grand Dieu tout-puissant, dont la force n’a d’égale que la pureté et la sagesse, pour vivre avec ce Dieu là, on ne peut donner que le meilleur.

Pour symboliser le lien, la relation entre son peuple et lui, Dieu a aussi demandé qu’on lui construise un genre de temple mobile, un lieu qui concrétise la rencontre.

Ils ont eu du mal à trouver un nom pour ce lieu inédit : la tente de la rencontre, la demeure ? D’après ce que Siméon a compris, ils ont opté finalement pour le mot « tabernacle ».

Et donc, pendant 9 mois, tout en avançant dans le désert, ils ont rassemblé les matériaux, mis en commun leurs possessions, quand ça n’allait pas ils échangeaient avec les caravanes de commerçants qu’ils rencontraient sur la route, jusqu’à ce qu’ils aient tout le nécessaire pour bâtir ce temple mobile, ce tabernacle.

 

Ils ont patienté quelques semaines, ici, pour attendre la date anniversaire : un an, tout juste, après leur libération, un an qu’ils sont sortis d’Egypte sous la houlette de Moïse. Siméon revoit l’agitation de cette nuit-là, la course, le bras de mer qui s’ouvre pour les laisser passer, et les chants, les danses, les pleurs, même, quand ils ont compris qu’ils étaient enfin libres !

Moïse s’avance. Tôt ce matin, il a fait rassembler tout le peuple. Il a prié pour que Dieu conduise cette journée solennelle. Maintenant, il appelle son équipe, triée sur le volet pour manier les matériaux précieux avec respect et précision. Les instructions fusent, tout le monde est concentré. Moïse surtout, lui qui est responsable, on dirait qu’il n’a pas dormi de la nuit, qu’il a répété pendant des heures dans sa tête le schéma de l’assemblage de ce tabernacle, le lieu de résidence du Dieu très-haut – il ne faut pas se tromper !

Siméon est là, sur le côté, et il regarde avidement s’achever l’œuvre à laquelle il a participé.

D’abord, les ouvriers mettent en place le cœur du tabernacle, l’espace très saint : ils y mettent un coffre, avec les tablettes où sont gravés les Dix Commandements. Ils ajoutent les décorations : Siméon n’a jamais vu autant d’or – c’est une façon d’honorer le Dieu tout-puissant qui les a libérés. Ensuite, les ouvriers placent la structure tout autour, puis ils suspendent les couvertures richement brodées, et enfin les rideaux qui ferment ce lieu que Siméon ne verra plus jamais : seul le grand-prêtre pourra y entrer, une fois par an, pour la fête du Grand Pardon, qui célèbre la justice et la compassion de Dieu.

Dans le prolongement de ce lieu caché, les ouvriers construisent le lieu saint. Ils y placent la table pour les pains offerts quotidiennement à Dieu – non que Dieu en ait besoin pour manger ! c’est une façon plutôt de reconnaître chaque jour que tout vient de Dieu, que c’est lui qui prend soin de nous, et de l’en remercier. Les ouvriers placent aussi la lampe rituelle – un rappel que Dieu est lumière, et que comme la lumière, il réchauffe ceux qui s’approchent de lui, comme la lumière il les conduit, même quand la nuit se fait noire et le chemin incertain. Siméon voit aussi qu’on y met la table pour le parfum, l’encens, qui symbolise les prières qui montent vers Dieu. Là non plus, Siméon ne rentrera jamais ! Ce lieu saint est réservé aux prêtres.

Enfin, autour de ces lieux cachés, comme dans une cour, on place l’autel pour les sacrifices qu’on offrira à Dieu en signe de reconnaissance, de repentance ou d’engagement. Il y a aussi une cuve, là, pour que les prêtres se lavent avant d’entrer pour les rituels.

C’est tellement solennel ! tout ce protocole ! Tous ces espaces, toutes ces étapes, tous ces gestes, qui matérialisent la distance avec le Dieu créateur. Siméon reprend conscience de la majesté de Dieu : comment un simple mortel pourrait-il prétendre s’approcher de Dieu ?

Les ouvriers s’affairent. Les dernières tentures sont accrochées, le tabernacle est fermé. Le sentiment de satisfaction est palpable : ça y est, ils ont fini – et en même temps, comme une attente. Maintenant que le tabernacle est terminé, que va-t-il se passer ? Quelle page va s’ouvrir pour eux ?

 

C’est d’abord le bruit qui les alerte, comme un souffle de vent, ou un bourdonnement ? Puis une masse, comme un nuage, mais en plus dense, plus épais, qui leur apparaît, là, d’un coup, au-dessus du tabernacle. Elle descend et couvre entièrement l’édifice. On dirait même que cette masse s’infiltre dans le tabernacle, et qu’elle le remplit jusqu’à en déborder… Siméon voit, ou plutôt ressent, dans tout son être, la présence de ce « nuage » : il ne peut pas se tromper – ce nuage, c’est le même que celui qui est apparu, à l’époque, sur le Mont Sinaï, quand Dieu a fait alliance avec son peuple ; c’est le même nuage que celui qui les a guidés de l’Egypte jusqu’ici ; c’est le même nuage qui rencontrait Moïse dans la petite tente à l’extérieur du camp – ce nuage, c’est la façon dont Dieu montre sa présence. Mais Siméon ne l’a jamais vu si près, si dense, si large… C’est comme si Dieu s’installait dans le tabernacle, qu’il en faisait sa maison : Dieu vient habiter parmi son peuple !

Siméon se souvient de tous ces temples qu’il a vus en Egypte, ces lieux de culte avec une, deux, trois, dix statues de divinités… On les voyait, on leur adressait des prières, on leur faisait des cadeaux… Mais Dieu, Yahwé, celui qui s’est révélé à Moïse dans un buisson enflammé, qui a lutté avec le Pharaon à coups de fléaux pour le pousser à libérer le peuple juif, ce Dieu-là est trop grand, trop insaisissable, trop puissant, pour se laisser enfermer dans une statue qu’on mettrait dans une pièce. Le nuage lui va bien : on le voit, on sent son ombre, mais on ne peut pas le contenir ni le maîtriser…

Siméon est impressionné. Il se sent en présence de Dieu, presque écrasé par les vibrations de sa gloire. Reconnaissant : Dieu est tout près ! Presque effrayé : Dieu est tout près ! Autour de lui, personne ne parle, personne ne bouge, tous sont subjugués. Même Moïse, le prophète, familier de Dieu, même Moïse se tient à l’écart, au bord, les yeux écarquillés : Dieu prend toute la place.

Cela dure – combien de temps ? jusqu’à la nuit. Dès que le soleil disparaît, le nuage devient comme du feu : lumière réconfortante et majestueuse à la fois… Le feu s’estompe, et peu à peu, chacun rejoint sa tente et sa tribu pour la nuit. La journée a été longue !

 

Cette nuit-là, Siméon fait un rêve. Il est seul, sur une route, le nuage est devant lui. Il marche, il marche, il marche, et il arrive à une ville un peu en hauteur. Là, sur une esplanade, il voit un grand temple de pierre, un roi, un cortège, des prêtres et des taureaux pour les sacrifices, des chanteurs, des musiciens, des danseurs, toute une foule rassemblée et concentrée… Il entend le roi prier, remercier Dieu pour le chemin parcouru dans le désert, pour l’installation dans le pays promis, pour sa fidélité à toute épreuve. Et ce roi prie que Dieu continue de se rendre présent, malgré les failles et les limites du peuple. Alors le nuage, fumant, radieux, remplit le temple. Les chants s’élèvent, les gens se prosternent… Dieu est là !

Puis la vision disparaît, et Siméon se trouve à nouveau sur un chemin. Il marche, il marche, il marche, et il croise un homme. Le nuage quitte Siméon et tourne autour de cet homme, qui se met à briller. Sur son manteau est brodé « Yeshoua » (Dieu sauve) et sur sa manche, « Immanuel » (Dieu avec nous). Mais qui ? qui est cet homme, qui semble habité de lumière comme le tabernacle était habité de Dieu ?

Siméon voit défiler les foules autour de Yeshoua, des gens malades le touchent, des enfants jouent avec lui… Il participe à des banquets, des débats, des fêtes… Il vit avec eux, comme eux – et au milieu d’eux, il rayonne.

Une croix se dresse sur le côté – mais avant que Siméon ait pu s’approcher, tout disparaît à nouveau, et Siméon se retrouve sur le chemin. Il marche, marche, marche, avec le nuage devant lui. Il traverse une vallée, un petit bois, et voilà, un palais ! Le nuage se pose sur le palais, et les murs du palais tombent, s’évaporent, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un trône d’où coule une lumière aveuglante, comme un fleuve de soleil.

Siméon éprouve la même sensation que devant le tabernacle : c’est réconfortant, et impressionnant en même temps. Au milieu de cette lumière, Siméon reconnaît l’homme de tout à l’heure. Yeshoua lui sourit.

La lumière se répand, touche chaque arbre, chaque oiseau, chaque rivière. Des foules arrivent des quatre coins de l’horizon, en courant, en dansant, en riant, pour se plonger dans cette lumière. L’air vibre à nouveau –

Et Siméon se réveille. Il se redresse sur sa paillasse, chamboulé par ce qu’il vient de vivre. C’était un rêve, oui, mais bien plus… presque une promesse. La promesse que Dieu allait habiter parmi les hommes, les abreuver de sa bonté, les rassasier de sa justice. Siméon comprend que Dieu n’a pas seulement en vue un peuple, un pays, mais le monde entier, en totale harmonie. Immanuel : Dieu, avec nous.

« Siméon ! » Son frère l’appelle : il est temps de se mettre en route, le nuage s’est levé, prêt à conduire le peuple sur le chemin de Dieu.

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« Yeshoua », Jésus, a incarné Dieu parmi les hommes. Bien plus, il a accompli tout le protocole nécessaire pour que nous puissions approcher Dieu : dans sa mort sur la croix, il a assumé nos fautes et nos limites, nos failles et nos défaillances, comme l’ultime sacrifice. Il a donné sa vie, pour que nous puissions, par la foi, recevoir la vie et la présence de Dieu. Avant d’être arrêté et condamné à mort, Jésus annonce à ses disciples lors d’un repas que sa vie, son corps, son sang, va sceller le contrat, l’alliance entre Dieu et nous : en Jésus, Dieu garantit son amour et son pardon.

Jésus, dans ce dernier repas, invitait ses disciples à manger le pain en souvenir de son corps meurtri, à boire le vin en souvenir de son sang versé. Comme une invitation à nous laisser remplir – en effet, par la foi en Christ, nous recevons un avant-goût de la présence glorieuse de Dieu, en nous, par son Esprit qui vient demeurer en nous et qui nous accompagne sur notre chemin, comme des petits temples mobiles d’où Dieu fait briller sa lumière.

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