Rafraîchis… et rafraîchissants! (Dieu, source de notre vitalité 4/4)

Pour terminer ma série de prédications estivales autour de l’eau comme signe de la vitalité de Dieu dans notre vie, j’aimerais reprendre avec vous cette parole de Jésus qui invite ceux qui ont soif à venir à lui pour boire.

Lecture biblique : Jean 7.37-39 (traduction Nouvelle Bible Segond)

37 Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive ! 

38 Celui qui met sa foi en moi, — comme dit l’Ecriture — des fleuves d’eau vive couleront de son sein. 

39 Il dit cela au sujet de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui mettraient leur foi en lui ; car il n’y avait pas encore d’Esprit, puisque Jésus n’avait pas encore été glorifié.

 

1/ « Je suis la source »

L’invitation de Jésus est claire : c’est en lui, auprès de lui, que nous pouvons étancher nos soifs profondes. Jésus se définit comme la source qui vient nous combler, dans la lignée d’autres affirmations que Jean se plaît à souligner dans son Evangile : je suis le pain de vie (Jn 6), je suis la lumière du monde (Jn 8), je suis le chemin, la vérité et la vie (Jn 14), je suis le cep (qui connecte les sarments à Dieu) (Jn 15), je suis la résurrection et la vie (Jn 11).

Les « je suis » de Jésus ne sont pas dogmatiques : il ne suit pas un programme déterminé pour révéler progressivement des indices sur son identité… En fait, on se rend compte que bien souvent Jésus réagit au contexte de la situation pour révéler un peu mieux qui il est. Par exemple, il déclare « je suis le pain de vie » après avoir multiplié pains et poissons pour nourrir la foule, et il faut comprendre : le pain fait de céréale nourrit notre corps, mais c’est par Jésus que notre âme se nourrit et trouve satiété.

Ici, c’est pareil : Jésus lance cette parole d’invitation au dernier jour de la fête des Tabernacles/ des Huttes/ des Tentes. C’était la troisième fête des moissons dans l’année juive : célébrée vers septembre-octobre, elle évoquait les moissons d’automne et les vendanges. Pour protéger les récoltes, on construisait des petites cabanes/ huttes au-dessus des plantes, qui rappelaient du coup la période du désert, à l’époque de Moïse, entre la sortie d’Egypte et l’entrée en Terre Promise, où les Juifs avaient dû vivre sous tente, en nomades. A partir des petites huttes, le peuple était invité à méditer sur la façon Dieu l’avait conduit dans le désert.

Quel rapport avec l’eau ? A la fin de l’été, la sécheresse était importante, et cette fête était associée à des prières pour qu’il pleuve et que la récolte soit abondante. A l’époque, une grande partie de l’économie juive repose sur l’agriculture, donc prier pour avoir de l’eau, c’est prier pour avoir de quoi vivre ! Mais du coup, comme il y avait aussi cette méditation sur la traversée du désert, l’accent était porté sur la soif dans le désert, et sur la façon dont, par deux fois, en l’absence d’un point d’eau, Moïse avait fait surgir de l’eau à partir d’un simple rocher – clairement des miracles de Dieu pour prendre soin de son peuple.

Pendant la fête des Huttes, il y avait donc prières & rituels pour demander de l’eau pour les récoltes, mais aussi, pour demander à Dieu d’étancher les soifs spirituelles – une prière pour le présent qui touche aussi pour l’avenir, avec l’attente d’un renouveau profond (cf. Ezechiel 47 avec l’image du fleuve d’eau vive qui vivifie le pays).

Jésus promet paix et rafraîchissement à ceux qui viennent à lui, peu importe qui ils sont, du moment qu’ils reconnaissent leur besoin de Dieu. Par rapport à tout ce contexte, Jésus se positionne donc en disant que c’est lui, la vraie source, celle qui vient directement de Dieu. C’est lui la source tant attendue, celle qui vient étancher les soifs. Par lui, Dieu se donne lui-même en Esprit (même s’il faut attendre que Jésus soit mort, ressuscité, et auprès de Dieu pour recevoir cet Esprit divin – ce sera l’événement de la Pentecôte, qui se reproduit quand nous nous tournons vers Jésus avec foi).

2/ Nos soifs étanchées en Christ

Comment Dieu vient-il étancher notre soif ? Par Jésus, il nous accueille, nous relève, nous réconforte, nous soulage, nous pardonne, nous libère de la honte et de la culpabilité, il nous donne sa paix, il donne une direction et un sens, et quoi que nous traversions, il nous assure de sa présence.

Ca ne signifie pas que nous n’ayons aucune autre soif ! Humainement, nous avons besoin d’un minimum de sécurité, d’être en santé, de relations familiales et amicales bienfaisantes, de contribuer à la société, etc. La fameuse pyramide de Maslow liste ces besoins et même les organise : si vous avez un travail génial et épanouissant (en haut) mais qu’il ne vous permet pas de manger à votre faim, ou que vous êtes par ailleurs dans une relation de couple qui met votre vie en danger, votre vie sera bancale…

maslow

Mais cette pyramide ne prend pas en compte les besoins spirituels. Où les placer ? Tout en haut, comme la cerise sur le gâteau de la vie : quand on a tout, on peut se poser la question de Dieu ? OU tout en bas, au fondement : mais quand on est épuisé de fatigue ou de faim, il est peut-être difficile de penser à Dieu. OU complètement à côté, comme un truc facultatif dont on peut très bien se passer ?

Je pense que pour Jésus, notre soif spirituelle se situe en fait à tous les niveaux, comme en toile de fond, qui n’efface pas les autres besoins mais qui nous fait vivre autrement. Vous pouvez manquer de beaucoup de choses, être en très mauvaise santé par exemple, ou traverser une tragédie, et pour autant, en même temps, expérimenter la chaleur de la présence de Dieu. A l’inverse, vous pouvez tout avoir, et pourtant vous demander à quoi sert la vie… Etre entouré d’amis, avoir une famille soudée et bienveillante, tout en vous demandant encore si vous en valez la peine.

Jésus ne promet pas de régler aujourd’hui tous nos problèmes d’un coup de baguette magique. Mais à travers lui, Dieu promet de répondre à nos soifs intérieures, de nous soutenir, et nous conduire même à travers les pires tempêtes. Et il promet de nous aimer, dans le meilleur et dans le pire, aujourd’hui et toujours.

3/ Être rafraîchis… pour devenir rafraîchissants !

Mais quand on a dit tout ça, on n’a évoqué que la moitié de ce que Jésus dit, une moitié tellement apaisante qu’elle nous suffit ! Jésus est la source qui vient de Dieu, de lui coulent avec abondance amour et liberté, paix et espérance. Pourtant, il reste le verset 38… « Celui qui met sa foi en moi, — comme dit l’Ecriture — des fleuves d’eau vive couleront de son sein. »

Et c’est un verset vraiment problématique. Déjà parce qu’aucun texte de l’Ancien Testament ne dit cela exactement – il faut penser que Jésus fait plutôt ici un résumé, basé sur les lectures bibliques de la fête du Tabernacle. Ensuite, parce que, de qui coulent ces fleuves d’eau vive ? De Jésus, bien sûr ! Il vient de dire qu’il est la source ! Pourtant, ce n’est pas comme ça que la phrase est formulée… Quand on lit naturellement, on comprend que les fleuves coulent plutôt du croyant ! Quand Jésus se décrit, bien souvent il invite à venir à lui, et ensuite, il décrit les conséquences pour celui qui a foi en lui, ce qui correspond bien à nos versets.

           a/ une vocation pour nous aussi 

Celui qui vient à Jésus avec la soif sera non seulement désaltéré, mais il recevra aussi une abondance torrentielle : quand Dieu donne à boire, ce n’est pas avec parcimonie ! Et la quantité n’efface pas la qualité : c’est de l’eau vive et vivifiante qui coule…

Mais a-t-on épuisé tout ce que Jésus veut dire ici ? Par définition, un fleuve s’écoule vers un endroit (la mer) : ce n’est pas une fontaine ou un geyser. Non, un fleuve, avec une direction, un environnement, des rives etc. La semaine dernière, nous évoquions ensemble la vision du prophète Ezechiel, ch.47, qui voit le fleuve de Dieu renouveler le désert et même vivifier la Mer Morte.

Serait-il possible que Jésus nous dise qu’en allant à lui, non seulement nous serons désaltérés, que nous pourrons plonger dans le fleuve de Dieu, être immergés dans sa vie et son amour… mais qu’en plus, nous pourrons devenir nous-mêmes des mini-fleuves et irriguer autour de nous ?

Précision : nous ne serons jamais LE fleuve, LA source de vie – nous ne sommes pas des petits dieux… Mais l’impact désaltérant de Dieu se limite-t-il à notre âme ? Ou Dieu voudrait-il faire de nous des bénéficiaires ET des acteurs de son œuvre revitalisante ?

Alors je vous propose l’image suivante : connectés à la source vivante qu’est Dieu, nous pouvons devenir des pics d’arrosage… Participer nous-mêmes, activement, tels que nous sommes et où nous sommes, à l’œuvre de Dieu dans ce monde.

garden sprinkler on the green lawn

Est-ce vraiment si étonnant ? A plusieurs reprises, Jésus évoque notre participation à l’œuvre de Dieu, à partir de ce que nous vivons avec lui. 2 exemples :

Je suis la lumière du monde (Jn 8.12) -> Vous êtes la lumière du monde (Mt 5.14)

Je suis le cep (Jn 15.5) -> vous êtes les sarments (Jn 15.5) – ceux qui portent du fruit ! Jésus porte du fruit sur nos branches !

Nous pourrions considérer que c’est de l’arrogance, que c’est se mettre à la place de Dieu… Et pourtant, dès la création, Dieu donne un statut particulier à l’humanité : nous ne sommes pas seulement ses enfants qu’il aime, nous sommes aussi ses collaborateurs, appelés à cultiver et garder le monde qu’il a créé. L’arrogance, ce serait de croire qu’on peut le faire sans lui, qu’on peut gérer le monde sans se préoccuper de son propriétaire ! Mais ne tombons pas dans le tout ou rien… Même si Dieu est LA source de vie, c’est sa joie de nous faire participer… De nous voir aimer l’autre en puisant à son amour, de nous voir créer, imaginer, travailler, éduquer, soigner, organiser, développer, clarifier, servir, nourrir, construire… Il pourrait le faire tout seul, mais il choisit de le faire avec nous et par nous, pour sa joie !

b/ rafraîchis et rafraîchissants

Dieu veut nous rafraîchir, et nous rendre, nous-mêmes, de plus en plus rafraîchissants ! C’est un objectif & un processus, bien sûr!

A quoi ressemblerait, pour vous, quelqu’un de rafraîchissant ?

Une définition possible, pour moi : quelqu’un de libre et de libérateur, de sincère et honnête, de joyeux et constructif, de reconnaissant et généreux, de paisible et réconfortant, d’équilibré et sage… En fait, quelqu’un qui va bien et qui permet aux autres d’aller bien. Evidemment c’est un idéal !

Comment arroser autour de nous ? Comment rafraîchir notre carré de terrain ? Je vous propose juste 3 pistes pour mieux arroser :

  • Mieux être présent, à l’écoute, patient, fidèle, bienveillant… accueillir comme Dieu accueille
  • Nous mettre au service de ceux qui nous entourent : sans nous noyer, mais intégrer par exemple les besoins de l’autre dans nos projets, dans notre temps…
  • Oser dire notre espérance (je ne parle pas exclusivement de notre témoignage de conversion en 3 points ou d’un traité biblique, mais simplement d’évoquer un peu plus librement la réalité de notre vie de foi, de notre espérance, de la vie que nous avons en compagnie de Dieu…)

Et bien sûr, la prière… la prière pour recevoir de Dieu, et pour nous rendre disponibles devant lui. Seigneur, à quoi m’appelles-tu aujourd’hui ? Comment puis-je irriguer, en ton nom, la terre que je vais fouler ? Rafraîchis-moi, et permets-moi de participer à ton œuvre de rafraîchissement, même avec une simple goutte d’eau.

Une réflexion au sujet de « Rafraîchis… et rafraîchissants! (Dieu, source de notre vitalité 4/4) »

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