Vivre le changement (8) Croire au Dieu de l’incroyable

Certains d’entre nous ont peur du futur – au niveau mondial, mais aussi pour notre propre vie : préoccupations pour le travail, pour nos enfants, la santé, nos parents qui vieillissent, peur de solitude/ souffrance/ inconnu… ou peut-être est-ce le sentiment d’être dans l’impasse, coincé dans une difficulté… questionnement sombre ! mais nous tous, nous nous posons cette question : qu’est-ce que l’avenir nous réserve ?

Nous ne sommes pas les premiers à nous demander cela. Ecoutons une parole du prophète Esaie pour le peuple d’Israël, aux alentours de 700 et quelques avant J.C. – une période relativement agréable, mais avec de profonds dysfonctionnements que Dieu dénonce : Dieu avertit que peuple court à sa perte. Le puissant (et cruel) empereur de Babylonie décimera pays, détruira le temple, déportera les puissants. (c’est arrivé, quelques décennies plus tard). futur sombre. Et voilà quelle parole Esaïe écrit, bien avant que la situation difficile de l’exil soit vécue : c’est comme si une énorme tempête arrivait, et qu’Esaïe pointait du doigt, au loin, derrière nuages noirs, un coin de ciel bleu.

Lecture biblique: Esaïe 43.14-21

14 Voici ce que dit le SEIGNEUR, votre libérateur, le Dieu saint d’Israël :

« Pour vous, j’envoie quelqu’un à Babylone.Je vais faire tomber les portes qui protègent la ville. Alors, chez les Babyloniens, les cris de joie deviendront des chants de deuil. 15 Je suis le SEIGNEUR, votre Dieu saint, le Créateur d’Israël, votre Roi. »

16 Autrefois, le SEIGNEUR a ouvert un chemin dans la mer, une route à travers l’eau puissante. 17 Il a fait sortir des chars et des chevaux, l’armée avec sa puissance militaire.

Ils sont tombés pour ne plus se relever. Ils se sont éteints, ils ont brûlé comme la mèche d’une lampe.

18 Maintenant, le SEIGNEUR dit : « Ne pensez plus à ce qui est déjà arrivé, oubliez le passé. 19 En effet, je vais faire quelque chose de nouveau, qui grandit déjà. Est-ce que vous ne le voyez pas ? Oui, je vais ouvrir un chemin dans le désert, je vais faire couler des fleuves dans ce lieu sec. 20 Les animaux sauvages, les chacals et les autruches me rendront honneur car j’ai fait couler de l’eau dans le désert, des fleuves dans ce lieu sec. Oui, je veux donner à boire au peuple que j’ai choisi. 21 Ce peuple que j’ai formé pour moi chantera ma louange. »

 

D’avance, Esaïe l’annonce : l’exil que le peuple va souffrir ne sera pas la fin. Après les avoir laissé porter leur responsabilité et les conséquences de leur comportement, Dieu va libérer son peuple :

  • 1e parole : Dieu va mettre un terme à la puissance de l’empire babylonien (quelques décennies après leur départ en exil – c’est le moment où l’empire des Mèdes & des Perses prend le pas sur les Babyloniens), [mettre vv.14-15 en bleu]
  • 2e parole : Dieu va intervenir. (v.16 en rouge) Il fait référence au passé d’Israël, quelques siècles plus tôt : quand le peuple d’Israël alors esclave est sorti d’Egypte, guidé par Moise, traversant la mer à pied, laissant derrière une armée égyptienne submergée par les eaux, l’Exode. [diapo v.18ss] Dieu annonce qu’il va faire encore mieux : ne pensez plus au passé, je vais faire du nouveau. Comme il a ouvert des chemins improbables pour libérer Israël de l’esclavage en Egypte, Dieu ouvrira des chemins improbables pour libérer son peuple de l’exil en Babylonie. Et comme Dieu, à l’époque, a donné à boire à son peuple, alors qu’il errait dans le désert pendant 40 ans (entre l’Egypte et la terre promise), Dieu promet de prendre soin de son peuple.

Voilà les promesses que Dieu fait à son peuple par l’intermédiaire d’Esaïe – promesses dont on sait qu’elles se sont réalisées, puisque 70 ans après le départ en exil, Israël revient sur sa terre, grâce au décret du roi Cyrus qui a vaincu Babylone. Des promesses qui nous rejoignent aujourd’hui, parce qu’elles nous rappellent ce que Dieu est capable de faire, même dans les pires déserts ou les pires impasses.

  • Croire à l’incroyable

« Oubliez le passé, je vais faire du nouveau. » Oubliez le passé – petit paradoxe : Dieu vient juste de faire référence à un événement fondateur du passé, l’exode / la sortie d’Egypte ! Donc oublier le passé, ce n’est pas devenir amnésique ! Mais c’est laisser Dieu déborder le cadre de nos expériences passées et de nos souvenirs.

Souvent quand on se projette dans le futur, on s’appuie sur ce qu’on connaît, ce qu’on a vu et expérimenté, et on essaie de transposer le même principe ou la même dynamique dans l’avenir. Mais Dieu ne se laisse pas limiter par nos expériences ou nos souvenirs… Il fait du nouveau. Il fait du complètement nouveau! Même si nous avons vu des oasis dans le désert, lui, il fait jaillir des fleuves.

Alors c’est incroyable, impensable, parce c’est nouveau, inédit, inconnu. Les actes de Dieu débordent les statistiques, les calculs, les probabilités. A quoi ça ressemble ? Je peux donner quelques exemples (du passé…) : des portes qui s’ouvrent pour un projet alors que tout était bouché, quelqu’un qui sort de l’addiction alors que toute sa vie était centrée dessus, deux personnes qui étaient fâchées à mort et qui se réconcilient, ou encore une guérison physique improbable… A chaque fois, il y a ce sentiment de surprise, d’émerveillement, de voir l’impossible se réaliser. Croire à l’incroyable, c’est s’ouvrir à cette possibilité que Dieu intervienne dans notre vie, sans être limité par notre contexte.

Les projets, les rêves, de Dieu sont plus grands que ce que nous pouvons imaginer – autant dans notre vie personnelle que dans notre expérience d’église. Le passé nous enseigne, nous encourage, nous rappelle ce que Dieu a pu faire – mais pour l’avenir, Dieu ne nous fait pas tourner en rond, il ouvre des perspectives nouvelles, plus larges. Les rêves de Dieu sont plus grands que nos souvenirs.

  • Croire au Dieu de l’incroyable

Croire à l’incroyable, à l’impensable, ça fait peur. Ca paraît naïf, illusoire, comme quelqu’un qui vit dans les nuages. Peut-être parce que ce n’est pas à l’incroyable qu’il faut croire, comme on croirait aux licornes ou aux petits hommes verts, mais au Dieu de l’incroyable. C’est lui la clef de notre foi ! Dans le texte, Dieu annonce qu’il va faire du nouveau, il donne quelques indices (qu’on comprend mieux après les faits), mais surtout il rappelle qui il est : il est le Libérateur, le Créateur, le Maître (celui qui domine tout), il est celui à qui nous appartenons et qui nous aime comme ses enfants.

Et nous ne pouvons pas connaître Dieu, ce Dieu de l’incroyable, mieux qu’à travers Jésus, qui le manifeste parfaitement. Jésus, expert en incroyable : incroyable sagesse, incroyables miracles, incroyables guérisons, incroyables rencontres débordant tous les codes sociaux, incroyables mort et résurrection. La vie de Jésus ne dit pas juste ce que Dieu a fait à travers lui, mais elle montre qui Dieu est : dans la tempête, il n’est pas submergé comme nous, mais il marche sur l’eau car il l’a créée. Dans la pénurie alimentaire, il donne à chacun selon ses besoins car il est celui qui nourrit. Dans l’impasse ultime, la mort, Jésus trace un chemin de vie par sa résurrection.

C’est Dieu révélé en Jésus, la clef de notre foi, la base de notre confiance, l’horizon de notre espérance : nous pouvons croire que des chemins vont s’ouvrir dans l’impasse parce que nous connaissons Dieu, créateur, maître, libérateur, parce que nous connaissons Jésus qui a vaincu la mort elle-même – qu’est-ce qui pourrait encore lui résister ? Nous avançons vers l’inconnu, sans savoir ce que Dieu prépare – mais nous pouvons lui faire confiance. Dieu se décrit souvent comme un berger avec son troupeau : le troupeau ne sait pas où il va ! Mais il fait confiance au berger, les brebis se concentrent sur la voix de celui qu’elles connaissent, et elles le suivent, peu importe l’endroit.

  • Un nouveau regard sur nos déserts

Croire à l’incroyable, s’ouvrir à la possibilité de l’intervention de Dieu au-delà de ce que nous pouvons imaginer. Du coup, cet appel à la foi est aussi une invitation à regarder autrement nos déserts, ces situations qui nous paraissent bloquées, stériles, perdues, décourageantes (« c’est comme ça », « ça ne changera pas », « on n’y peut rien »). Dieu nous invite à les regarder non comme des lieux arides, des lieux de mort dont on ne peut rien attendre, des lieux de découragement, mais comme des endroits que Dieu peut transformer en vallées luxuriantes.

Regardons à Dieu, révélé en Jésus : sa puissance déborde nos limites. Pour Dieu, aucun arbre n’est si sec qu’il ne puisse y faire pousser feuilles, fleurs & fruits. Aucune faute n’est si grande qu’il ne puisse la pardonner – il est lui-même mort pour cela. Aucun esclavage n’est si fort que Dieu ne puisse nous en libérer, et aucun caractère si dur que Dieu ne puisse nous aider à devenir bienfaisants. Depuis quelques dimanches nous prêchons avec Vincent sur le changement – et cette parole d’Esaïe nous rappelle qu’il n’y a rien au monde que Dieu ne puisse changer.

J’ajoute une précision : croire que Dieu peut transformer nos déserts en vallées, croire que Dieu peut faire l’incroyable, ce n’est pas croire que Dieu va réaliser mes rêves les plus fous ! Si vous êtes au chômage, vous n’allez pas forcément trouver du travail le lendemain du jour où vous avez prié. Si vous êtes malade, vous n’allez pas forcément être guéri. Mais Dieu peut faire couler une source dans nos déserts, pas forcément selon le chemin que nous aurions tracé, mais avec une fécondité plus grande que ce que nous imaginons : une disponibilité pour les autres, une persévérance encourageante, une paix profonde, une occasion de témoigner.

Si vous avez l’impression d’être dans une impasse – ou quand vous aurez l’impression d’être dans l’impasse ! – est-ce qu’il serait envisageable de prier ainsi : « ô Dieu, je suis dans un désert. Je me sens seul/ J’ai peur/ je me sens vide ou inutile/ ou bien j’en fais tellement que je me retrouve à sec – toi le Dieu de l’abondance et de la joie, quels fleuves veux-tu faire couler dans ma vie ? Aide-moi à te faire confiance. »

Et si vous êtes dans une oasis, n’est-il pas aussi envisageable de prier ainsi : « ô Dieu, quels fleuves veux-tu faire couler dans ma vie ? A quoi m’appelles-tu aujourd’hui ? Aide-moi à te faire confiance. »

Conclusion

Osons croire en Dieu, un Dieu incroyable et surprenant, qui fait du nouveau et nous entraîne sur des chemins improbables. Osons croire en lui, osons le suivre – chacun avec les défis de notre vie personnelle : demandons-lui où il veut nous emmener ; ensemble dans notre vie communautaire : demandons-lui où il veut nous emmener. Osons lui faire confiance, car Il est le libérateur, le créateur, celui qui œuvre pour la vie et la joie. C’est bien l’objectif que Dieu se donne dans ce texte d’Esaïe : mon peuple chantera sa joie et sa reconnaissance. Le but de Dieu, c’est de nous montrer sa présence et son amour, de se réjouir avec nous et nous avec lui, dans la reconnaissance. Alors osons croire ! Osons le suivre!

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