Vivre le changement (2) la sanctification

Je continue la série commencée la semaine dernière avec Vincent : vivre le changement. Aujourd’hui, nous allons rester sur le développement de la vie chrétienne, ce qu’on appelle parfois la sanctification. J’ai choisi un texte de l’apôtre Paul, qui écrit à des chrétiens en Grèce, à Philippes. Paul veut les encourager à progresser dans leur vie chrétienne.

Lecture biblique: Philippiens 2.12-16a

Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, non pas seulement en fonction de ma présence mais d’autant plus maintenant, en mon absence, mettez en œuvre votre salut avec crainte et tremblement. 13 Car c’est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire pour son bon plaisir.

14 Faites tout sans maugréer ni discuter, 15 pour être irréprochables et purs, enfants de Dieu sans défaut au milieu d’une génération perverse et dévoyée, dans laquelle vous brillez comme les lumières du monde, 16 en portant la parole de la vie. 

Paul ne fait pas dans le politiquement correct ! Surtout la dernière phrase… C’est comme ça que vous vous décrivez ? Les mots sont forts ! Et l’ambition, élevée : être irréprochables, purs, lumières du monde, porteurs de vie… Ca paraît très présomptueux ! Un peu méprisant aussi pour la génération perverse et dévoyée… Mais même si les mots pour le moins nous interpellent, le message de Paul ne nous est pas si étranger. Nous désirons faire quelque chose de notre vie : de faire la différence, d’être utiles, d’agir pour la justice, de faire du monde un espace plus fraternel et bienveillant – ça c’est en termes politiquement corrects ;). Pas forcément dans l’univers entier ! Mais au moins autour de nous : dans notre famille, avec nos enfants, nos amis, au travail – que notre vie ait un impact positif sur ceux qui nous entourent. Et que nous ne soyons pas rangés avec les corrompus, les lâches, les menteurs, les indifférents, les égoïstes… sans même parler des pervers !

Paul nous dit que nous pouvons assumer cette ambition élevée, car ce n’est pas la nôtre : c’est celle de Dieu ! Notre ambition n’est pas le fruit de l’égoïsme ou de l’orgueil, mais de la vocation que Dieu lui-même nous adresse, à chacun de nous.

En effet, grâce à Jésus, nous recevons le pardon de Dieu pour nos compromissions, nos fautes, nos failles, nos déviances… En lui nous sommes innocents, purs, saints aux yeux de Dieu ! Par grâce ! Mais nous ne recevons pas que le pardon… Nous recevons aussi une vocation : que la vie de Dieu se diffuse en nous, dans tous les domaines de notre vie, et autour de nous, pour faire la différence. La sanctification, c’est simplement ce parcours de vie où nous apprenons à vivre comme Dieu, à briller de la même lumière que lui. Pas pour obtenir le salut, mais pour le laisser transformer notre vie. Nous apprenons à assumer la sainteté que Jésus nous a accordée. Beau projet de vie, non ?

1)     Un chantier permanent       

La sanctification, c’est un parcours, ou pour prendre une autre image, un chantier. Et nous sommes tous concernés par ce chantier. Le salut reçu en Jésus, c’est le projet d’architecte validé par l’urbanisme. En plus Jésus nous donne les fonds : il a payé pour que nous puissions construire cette vie belle et bonne.

La difficulté, je l’avoue, c’est que le chantier de notre sainteté ne sera jamais vraiment terminé sur terre… Même quand on aura posé les fondations, qu’on aura bâti les murs, mis en place électricité et tuyauterie, posé les placos, peint les murs… il restera des failles à combler, des finitions à rattraper, une toiture ou un crépi à refaire… Même quand les grues ont quitté le chantier, une maison s’entretient toute la vie !

Sachant cela, est-ce que ça vaut le coup de se lancer dans le chantier ? Oui !!! parce qu’on peut espérer aller assez loin pour que cette maison devienne un beau lieu de fraternité et d’amitié, de joie et de chaleur, même s’il reste toujours des travaux à accomplir.

Permettez-moi d’insister sur le chantier permanent. Nous sommes tous en chantier – ne vous laissez pas impressionner par les belles façades des autres ! Nous avons tous besoin que la vie de Dieu nous transforme un peu plus profondément. Que nous soyons jeunes ou vieux, convertis depuis peu ou depuis longtemps, pasteur ou visiteur pour la première fois : nous sommes tous en chantier.

Toute notre vie, à 7 comme à 87 ans, nous avons un double mouvement à vivre : abandonner ce qui nous sépare de Dieu, couche par couche, et renoncer à ce qui nous déforme. Pour certains points ce sera facile, pour d’autres, nos points faibles souvent, il faudra revenir à la charge ! Parfois ce sera la tentation du pouvoir, du mensonge, de l’argent, le regard qu’on porte sur l’autre, la peur, une tendance à l’orgueil ou à l’amertume…

Evacuer… pour construire ! Laisser le salut avoir des résultats concrets, positifs, dans notre vie : l’humilité, la générosité, la bienveillance, la joie, la paix, la patience, l’amour de la vérité… et toujours la foi ! Toujours nous avons besoin de redécouvrir qui est Dieu, quel regard il porte sur nous, l’ampleur de sa puissance et de son amour… Devant une nouvelle situation (naissance d’un enfant, mariage, deuil, nouveau travail ou perte de travail, une maladie…), bien souvent il nous faudra réapprendre à faire confiance à Dieu. Ce qui était acquis dans tel contexte devra se réapprendre dans un autre. Ce qu’on aura appris à 40 ans, on le réapprendra, autrement, à 80 ans…

2)     L’équipe de constructeurs   

Quelle équipe pour ce chantier ? Nous, bien sûr ! Mais heureusement, nous ne sommes pas seuls ! Dieu travaille avec nous. Plus, dit Paul, Dieu opère en nous le vouloir et le faire. Autrement dit, il nous donne l’impulsion et les forces pour aller dans la bonne voie. Dieu pèse avec poids en faveur de notre changement. Il vient nous aider, faire avec nous, faire pour nous quand nous sommes trop démunis. De l’intérieur, par l’Esprit, il prépare le terrain, renforce les décisions, enracine les nouvelles habitudes que nous prenons…

Vous avez peut-être déjà expérimenté ça : « normalement, avec untel ou devant telle situation, j’aurais réagi comme ça, mais là, pas du tout ! J’étais patient/ calme/ je me suis tu au lieu de parler/ j’ai résisté. » C’est Dieu qui a raccordé l’électricité et permis de mettre une lampe là où c’était sombre. Et je n’ai encore jamais vu quelqu’un se lamenter de ne plus se reconnaître : eh oui, Dieu enlève ce qui est mauvais en nous, ce qui nous afflige et nous déforme. Par contre, tout ce qu’il construit c’est avec du beau matériel, pour améliorer la construction.

Si Dieu travaille avec et pour nous par son Esprit, est-ce que nous avons encore notre place dans l’équipe ? Oui ! car Dieu ne travaille pas sans nous. D’une part il faut bien lui laisser les clefs – j’ai l’impression que sur certains sujets, Dieu ne va pas travailler si on ne le lui demande pas. D’autre part, Dieu nous confie des tâches à accomplir avec lui : nous ne sommes pas sur le côté à regarder de loin, mais avec lui au cœur de l’action, à apprendre, tester, s’entraîner.

3)     Les outils 

Une équipe sans outil n’ira pas très loin ! J’en nommerai 3 – ce n’est pas exhaustif !

  • la Bible : nous y apprenons à connaître Dieu, son projet pour nous, ce qu’il faut évacuer et ce qu’il faut construire. C’est notamment là que Dieu nous parle et nous inspire pour notre vie. Peu importe la version, la longueur des textes, si nous utilisons un guide, un site, ou pas. Si nous sommes lassés d’une façon de faire, faisons autrement ! L’essentiel, c’est de se plonger régulièrement dans ces textes où Dieu nous parle.
  • la prière : elle nous met en relation avec Dieu. Mais c’est aussi un temps où nous apprenons à voir les choses autrement, à orienter nos désirs, notre ambition, notre volonté dans une meilleure direction – Dieu nous transforme dans la prière.

La prière et la lecture de la Bible, seul ou en groupe, dans l’échange et l’encouragement ou le recueillement, sont des outils essentiels pour grandir.

  • les moments pivots, bons ou mauvais. parfois des prises de conscience, des rencontres, des grandes décisions. parfois des difficultés. Nous ne pouvons pas les provoquer – et dans le cas des difficultés, nous ne voulons pas ! Pourtant, dans le bon comme dans le mauvais, Dieu est à nos côtés, Dieu agit en nous et pour nous. Pour ce qui est douloureux, nous avons tendance à dire : surtout pas ! Mais pour de nombreux croyants, c’est aussi dans la difficulté qu’ils ont grandi. Il ne s’agit pas de chercher la souffrance, ou l’épreuve, mais de prendre conscience que c’est aussi un outil que Dieu utilise. Car dans les moments difficiles en particulier, nous nous recentrons sur l’essentiel. C’est là que nous nous débarrassons du superflu, de ce qui détruit, de ce qui est à la mauvaise place. C’est là que nous apprenons à mettre en pratique la foi et la grâce. Ce sont des moments où nous apprenons de Dieu de manière privilégiée, si nous les vivons avec lui.

Conclusion

Un chantier permanent, avec une équipe de choc, et des outils simples mais efficaces ! Quel est le rythme du chantier ? Nous savons tous qu’il y a des périodes où ça avance plus vite que d’autres. Parfois c’est normal : il faut laisser la peinture sécher… laisser se consolider ce que nous venons de construire avant d’ajouter autre chose. Mais à d’autres moments, on a l’impression que le mur qu’on vient de construire s’écroule… Alors il faut revenir aux fondements, aux fondations, au Christ, à ce qu’il est pour nous et ce que nous sommes pour lui. C’est pareil quand on stagne : là aussi, revenons au salut et à l’appel que nous avons reçu. Retrouvons la vision globale du projet de Dieu. Reprenons nos outils, et demandons à Dieu de venir relancer le chantier. D’expérience, Dieu ne laisse pas ce genre de prière sans réponse ! Car l’objectif est trop grand pour que Dieu ne fasse pas tout ce qui est possible pour nous aider à l’atteindre : briller comme des lumières dans ce monde. Etre des relais de la lumière que Dieu est. Porter aux autres la bonté de Dieu, la paix de Dieu, la justice de Dieu. Dieu a donné son propre fils pour que nous puissions devenir nous-mêmes porteurs de sa lumière. Alors laissons la lumière de Dieu nous éclairer, nous purifier, nous transformer !

Pour terminer, je vous invite à un moment de prière, avec cette question : où en êtes-vous dans ce chantier ? où en êtes-vous avec Dieu ? que vous soyez au début ou vers la fin du chantier, dans quel domaine aimeriez-vous voir des changements ? est-ce que vous avez l’impression peut-être de stagner ? nous avons tous besoin de nous replacer devant Dieu.

Canevas

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