Faire le bien et bien le faire (culte du SEL)

Le SEL propose pour la prédication deux extraits de la 1e lettre de Pierre aux églises. Ces textes donnent un cadre à notre action dans le monde qui nous entoure. Dans ce monde, on trouve le mal, le refus de Dieu, mais aussi une grande détresse, la souffrance, la pauvreté, au loin et au près. Même si la Bible ne parle pas directement d’action humanitaire, elle est pertinente pour comprendre comment, pourquoi et dans quel but nous pouvons agir dans un monde qui souffre.

Lectures bibliques

1 Pierre 1.1-21 De la part de Pierre, apôtre de Jésus-Christ. A ceux que Dieu a choisis et qui vivent en exilés, dispersés dans les provinces du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l’Asie et de la Bithynie. 2 Dieu, le Père, vous a choisis conformément au plan qu’il a établi d’avance ; il vous a mis à part, grâce à l’Esprit Saint, pour que vous obéissiez à Jésus-Christ et que vous soyez purifiés par son sang. Que la grâce et la paix vous soient accordées avec abondance.

1 Pierre 2.11-1211 Je vous le demande, mes chers amis, vous qui êtes étrangers et exilés sur la terre : gardez-vous des passions humaines qui font la guerre à votre être. 

12 Ayez une bonne conduite parmi les païens ; ainsi, même s’ils médisent de vous en vous traitant de malfaiteurs, ils seront obligés de reconnaître vos bonnes actions et de louer Dieu le jour où il viendra.

Oui, Dieu nous appelle à faire le bien ! Et à bien le faire ! C’est le slogan/ l’objectif du SEL, de ses partenaires locaux, et c’est aussi notre vocation à chacun telle que Pierre la décrit.

1)     Notre identité : étrangers et choisis

Commençons par le commencement : avant de parler de ce que nous sommes appelés à faire, Pierre parle de ce que nous sommes. Il parle de notre identité. Et pour cela, dès la salutation de sa lettre, il utilise 2 mots : étrangers dans la dispersion/ exilés, et choisis, choisis par Dieu.

Quelques uns d’entre nous ne sont pas originaires de France, par choix ou parfois pour des raisons dramatiques (certains ont fui la guerre ou la pauvreté) – sûrement que vous comprenez mieux ce que signifie cette identité d’étranger. Pour les autres, qui se sentent chez eux ici, c’est peut-être moins naturel.

Le chrétien est un étranger, parce que par la foi, nous appartenons au peuple de Dieu. Par la foi nous sommes enfants du Père céleste, citoyens d’un Royaume qui n’est pas de ce monde. La lettre aux Hébreux cite toute une liste de croyants qui attendaient quelque chose de plus, qui n’étaient pas totalement chez eux dans la terre promise, mais qui regardaient au ciel pour trouver leur vraie patrie. Pour nous c’est pareil : français, angolais, australiens, vénézuéliens, ukrainiens, anglais, togolais, égyptiens, hollandais, congolais, et j’en oublie – nous sommes avant tout chrétiens, avant tout citoyens d’un Royaume qui n’est pas de ce monde.

Pourquoi ? Parce que nous avons été choisis. Dieu a mis tout son être dans ce choix, dans cette identité qu’il nous donne. Dieu le Père nous a désirés comme enfants, bien avant notre naissance. Pour chaque personne qui lui tournait le dos et perdait le lien avec son Père, Dieu le Fils est devenu un homme pour effacer nos fautes et notre ingratitude. Il s’est sacrifié, il a donné sa vie pour que nous puissions retrouver notre identité d’enfants de Dieu en recevant le pardon. Et puis Dieu l’Esprit, qui nous fait vivre de l’intérieur, qui conduit dans la vérité et dans l’amour, dans la justice et dans la paix. L’Esprit qui nous consacre, nous équipe, nous envoie pour vivre comme Dieu dans le monde. Le chrétien, enfant de Dieu, est appelé au bien sur la base de l’œuvre du Christ qui pardonne nos péchés, qui nous libère du mal, et de l’œuvre de l’Esprit, qui nous renouvelle de l’intérieur pour nous rendre bons.

A cause de ce choix de Dieu, notre identité profonde n’est plus ce qu’on trouve sur la carte d’identité : nous sommes d’abord citoyens du Royaume de Dieu. Et ça a des conséquences, en tout cas ça devrait en avoir : est-ce que nous nous considérons vraiment comme des étrangers, en route vers notre vrai chez-nous ? Est-ce que nous voyageons léger ou est-ce que nous nous sommes installés ici-bas comme si nous étions déjà arrivés ? Quelles sont nos ambitions, nos priorités ? Qu’est-ce qui compte à nos yeux ?

Comment est-ce que nous consommons, par exemple ? Sur le sujet de la pauvreté, notre façon d’acheter, de jeter, de dépenser notre argent, est essentielle. Car dans tous ces petits actes du quotidien, nous disons quelque chose de nos priorités, de ce à quoi nous accordons de la valeur, de notre rapport au monde présent et au monde à venir. Au quotidien, nous montrons où est notre trésor, et donc où est notre cœur, comme le disait Jésus. Est-ce que mon ambition c’est d’avoir une plus grande télé, de faire un plus beau voyage, d’avoir une plus grande maison ? D’avoir un statut social, de vivre comme les autres ? Ou alors de donner du sens à ce que j’ai, de faire de ma vie un lieu de bénédiction pour moi et pour les autres ?

Dieu est généreux avec nous : il nous a tout donné en Christ. Et même, en Occident, nous avons, quelque soit notre niveau de vie, globalement beaucoup de chance par rapport aux ¾ de la population mondiale. Se reconnaître enfant de Dieu, c’est aussi vivre dans la reconnaissance pour la générosité, pour la bénédiction de Dieu. Mais se reconnaître étranger, c’est entrer à notre tour dans cette générosité, chacun à sa façon.

Aucun de nous n’est irréprochable là-dessus, bien sûr, mais le SEL nous invite à faire un pas de plus : qu’est-ce qui changerait dans notre vie (peut-être une chose) si nous nous considérions sérieusement comme étrangers sur cette terre, mais aussi comme choisis par Dieu, bénis par Dieu et appelés à faire le bien ? Qu’est-ce qui pourrait changer ?

2)     Notre mission : faire le bien au milieu du monde

A cause de notre identité en Christ, notre vocation c’est de faire le bien. Dieu nous a sauvés pour une vie bonne. Pierre donne deux pistes.

D’abord, s’abstenir du mal. Nous avons été pardonnés, libérés de l’engrenage du mal et de l’égoïsme, et nous sommes appelés à nous défaire des résidus du mal en nous. Dans le texte, c’est l’appel à « se garder des passions humaines qui font la guerre à notre être ». Ces passions, dans le sens négatif, ce sont nos tendances à nous prendre pour les maîtres de notre vie, comme si tout tournait autour de nous et de notre satisfaction. Des tendances qui, même si elles paraissent ordinaires, peuvent nous détruire et détruire les autres, tout simplement, parce qu’elles nous éloignent de Dieu, qui est la source du véritable amour et qui peut seul nous donner le bonheur.

Ces tendances existent au niveau individuel et social, dans la société. Dans l’Israël ancien, les notables exploitaient les membres de leur peuple pour garder leurs privilèges. Ils vendaient, affamaient des frères, ils mentaient, ils étaient hypocrites et injustes. Et Dieu leur a maintes fois reproché cette société de consommation effrénée qui justifiait l’esclavage. C’est encore le cas aujourd’hui : malgré tous nos progrès, quand nos appétits égoïstes sont le moteur de la société, derrière il y a des personnes qu’on méprise – peut-être pas chez nous, mais en Asie ? En Afrique ? Quand Dieu nous demande de rejeter le mal, ce n’est pas du moralisme, mais par amour pour les plus faibles.

Mais faire le bien, c’est plus que s’abstenir du mal. La justice, c’est plus que l’absence d’injustice. Dans le texte, la conduite que Dieu nous demande d’avoir, elle est bonne, mais l’adjectif utilisé dans l’original c’est « beau », une « belle » conduite. C’est quoi le beau ? C’est ce qui nous émerveille, nous réjouit, nous est agréable. Le bien et le beau vont ensemble : ce qui est décent, est aussi bon, est aussi beau, et réjouissant.

Quel bien que Dieu nous demande de faire ? Toute la Bible regorge d’exemples, mais les deux commandements que Jésus pointe résument notre vocation : aimer Dieu et aimer l’autre. Honorer Dieu et honorer notre prochain. Participer à la justice de Dieu et agir pour le bien de l’autre. L’action sociale, par exemple, vise à répondre aux dysfonctionnements de notre société en s’engageant auprès des plus fragiles, des plus pauvres. C’est une façon d’honorer même les plus petits – ça fait partie des belles œuvres que nous sommes appelées à accomplir.

3)     Notre but : agir pour rendre gloire à Dieu

« Faire le bien », dans une perspective biblique, est quelque chose de centré sur Dieu, c’est motivé par le désir de l’honorer. Cela s’oppose à une manière de « faire le bien » qui consiste à se mettre soi-même en avant quand on fait le bien. Mais cela nous éloigne aussi de pensées humanistes qui font de la philanthropie une valeur en elle-même, indépendamment de toute relation de l’être humain avec Dieu.

Les chrétiens ne sont pas les seuls à s’engager socialement, ou à faire de l’humanitaire. Mais ce qui est différent, c’est notre motivation. Nous n’agissons pas à cause d’une valeur, mais à cause d’une personne : Dieu, révélé en Christ. Une personne réelle, qui a réellement donné sa vie pour nous, par amour. Alors nous voulons regarder l’autre comme Dieu le regarde, l’aimer comme Dieu aime, prend soin de lui comme Dieu prend soin de nous. En plus de l’amour pour les autres, nous sommes motivés par l’amour et la justice de Dieu. Nous voulons être témoins de la puissance restauratrice de Dieu, pour que d’autres la découvrent. Nous voulons que Dieu puisse être reconnu comme la source de toute vie, de toute joie, de tout amour, et que chacun puisse en être rempli, par le Christ.

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