L’église de nos rêves

Depuis quelque temps, nous sommes en réflexion sur ce que nous voulons vivre en tant qu’église. Aujourd’hui, je vous propose de revenir aux origines, avec un texte qui parle des tout débuts de l’église, juste après la Pentecôte. Jésus est remonté au ciel, il a envoyé son Esprit sur ses disciples, et Pierre va prêcher à Jérusalem. Certains résistent, mais d’autres demandent : que faut-il faire, si on croit que ce Jésus est vraiment le Sauveur promis par Dieu ? Pierre répond : attachez-vous à lui. Et l’église prend son envol ce jour-là.

Lecture biblique: Actes 2.41-47

41 Ceux qui acceptent la parole de Pierre se font baptiser. Ce jour-là, à peu près 3 000 personnes s’ajoutent au groupe des croyants.

42 Régulièrement et fidèlement, les croyants écoutent l’enseignement des apôtres. Ils vivent comme des frères et des sœurs, ils partagent le pain et ils prient ensemble. 43 Les apôtres font beaucoup de choses extraordinaires et étonnantes, et les gens sont frappés de cela. 44 Tous les croyants sont unis et ils mettent en commun tout ce qu’ils ont. 45 Ils vendent leurs propriétés et leurs objets de valeur, ils partagent l’argent entre tous, et chacun reçoit ce qui lui est nécessaire. 46 Chaque jour, d’un seul cœur, ils se réunissent fidèlement dans le temple. Ils partagent le pain dans leurs maisons, ils mangent leur nourriture avec joie et avec un cœur simple. 47 Ils chantent la louange de Dieu, et tout le peuple les aime. Et chaque jour, le Seigneur ajoute à leur communauté ceux qui sont sauvés.

Waow, vous imaginez ?

  • Une croissance incroyable, avec 3000 conversions puis tous les jours de nouveaux croyants qui s’attachent à Jésus ;
  • Une intensité frappante : les croyants se voient chaque jour, ils continuent à ce moment-là d’aller au Temple mais ils se retrouvent aussi dans les maisons, pour prier, étudier, témoigner… D’un seul cœur, chaque jour, ils partagent tout ;
  • des miracles de toutes sortes dont le livre des Actes va donner des exemples ;
  • et puis, le respect & la faveur du peuple : les gens reconnaissent que Dieu est à l’œuvre dans cette communauté – c’est une église qui grandit, et qui a un impact fort sur son entourage !

Cette église des premiers temps, pour certains c’est l’église « idéale ». En même temps, elle nous paraît loin, et on est vite tenté de relativiser (c’est l’enthousiasme du début, ça n’a pas duré, et aujourd’hui on ne voit pas comment on pourrait vivre ainsi…) C’est un peu vrai ! Mais n’empêche, quand on lit ce texte, ça donne envie. Envie de vivre ça, même si on ne sait pas comment faire, même si on a l’impression d’un fossé infranchissable entre cette église et la nôtre, 2000 ans plus tard, même si on a peur ou qu’on n’y croit pas vraiment – au fond de nous, on a envie !

Envie d’être une église « intense », rayonnante, féconde, une église qui a de l’impact,

une église où Dieu agit de manière évidente, une église témoin du Christ ressuscité, une église remplie de vie et d’Esprit. On en a envie, non ? En tout cas, Dieu en a envie ! Dieu veut vivre ça avec nous !

Sans être le modèle unique, cette première église nous donne quelques clefs pour devenir un peu plus l’ église que nous rêvons d’être, que Dieu nous invite à être.

  • 4 piliers fondés sur le Christ

D’abord, l’église des lendemains de la Pentecôte repose sur 4 piliers, qu’on retrouve dans les autres églises du NT, dans les lettres des apôtres etc. : l’étude des enseignements de Jésus, les prières, les relations fraternelles et le service.

Les premiers chrétiens étaient des étudiants, désireux de mieux connaître Jésus – il n’y avait pas encore le NT : les apôtres simplement transmettaient leurs souvenirs. Nous ne sommes que quelques semaines après la résurrection de Jésus ! Les disciples de Jésus racontent : les discours, les miracles, les discussions, les rencontres… ce qu’ils ont consigné plus tard dans les Evangiles.

Ensuite, les prières : au Temple et à la maison. La prière, c’est multiforme : personnel/communautaire, formel/spontané, il y a aussi la cène (partage du pain en souvenir du dernier repas de Jésus avant la croix), la louange…  Il s’agit de ne pas seulement connaître Dieu, mais aussi de lui parler et de l’écouter, d’avoir une relation personnelle avec lui.

Il y a encore la chaleur des relations fraternelles : la joie, la convivialité (ils se retrouvent dans les maisons, pour des repas partagés…). L’amour, le partage, viennent prolonger l’amour de Jésus.

Et cet amour, il se manifeste concrètement, notamment par le service, l’entraide, le partage matériel : le geste accompagne la parole, l’action concrétise les émotions.

La Bible, la prière, les relations, le service : la foi en Jésus implique tout notre être. Pas seulement la prière ou la méditation, pas seulement l’âme, mais aussi l’intelligence, pour connaître ce Dieu qui nous sauve et nous conduit, mais aussi le cœur, dans l’amour pour Dieu et pour notre prochain, mais aussi le corps, dans l’action, le service concret. La foi en Jésus implique tout notre être : et ça se voit dans l’église des premiers temps. L’église, c’est plus que le culte, c’est un lieu, un réseau, dans lequel nous apprenons à vivre notre foi de tout notre être – avec notre âme, notre intelligence, notre cœur et notre corps.

  • Une implication sans réserve de tous

Dans cette première église, les croyants s’impliquent, tous, sans réserve.

L’unité qui règne entre eux ressort avec force : ils agissent d’un seul cœur, avec enthousiasme et joie. Dieu ne demande pas qu’on soit dans l’uniformité, mais qu’on avance ensemble, dans la même direction, comme une équipe soudée.

Cette unité se manifeste notamment par la générosité des croyants, sur le plan financier – certains vendent leurs propriétés pour que tous puissent avoir de quoi vivre – et sur le plan du temps – ils sont assidus, réguliers, présents. En un mot, ils investissent ! Ils investissent leur argent, leur temps, dans l’église – parce que ce qu’ils vivent avec Jésus est fondamental, premier, essentiel.

Alors bien sûr, la hauteur de leur investissement est remarquable, mais difficile à transposer aujourd’hui… Chacun a sa famille, sa vie privée, etc. Cela dit, le texte nous invite à reconsidérer notre implication. Est-ce que nous nous donnons les moyens d’une vie communautaire riche ? Est-ce que nous nous donnons les moyens d’une relation personnelle profonde avec Dieu ? Il n’est pas raisonnable de croire que la relation avec Dieu se construit avec des prières éparses ou que la connaissance de Dieu peut s’approfondir avec une demi-heure de prédication tous les 15 jours… C’est comme dans un couple : il faut nourrir la relation pour qu’elle se développe – un simple bonjour le dimanche matin ne suffit pas !

Ca ne veut pas dire pour autant qu’il faut passer toute votre vie à l’église ! Mais au quotidien, investir dans la relation avec Dieu, seul et avec les autres. C’est vrai, ça demande du temps, une certaine discipline, voire quelques sacrifices – des notions pas très en vogue ! – mais l’investissement personnel est une des clefs pour une vie grandiose avec Dieu.

  • L’action grandiose de Dieu.

Oui, une vie grandiose, rien que ça ! Mais c’est ça ce que le texte nous montre ! C’est ça que le texte nous invite à vivre ! Une église où arrivent des miracles, des guérisons, des choses incroyables, grandioses, signes que Dieu agit avec puissance !

Certes, c’était le début, et Dieu a mis le paquet. J’en conviens. Mais il y a encore des miracles aujourd’hui. Des patients dont la tumeur « disparaît », dont la guérison est incroyablement rapide au point d’intriguer les médecins, des addictions qui disparaissent d’un coup. Tout n’est pas miracle dans la vie avec Dieu, mais Dieu fait aussi, fait encore, des miracles !  il répond aux prières, il protège dans des situations difficiles, il dénoue, il oriente… Et puis quand quelqu’un s’attache à Jésus, se convertit : n’est-ce pas un miracle ? N’y-a-t-il pas là une guérison ? Une transformation ?

Quand Dieu agit, c’est un miracle ! C’est merveilleux, étonnant, bouleversant ! Une réconciliation, sa protection dans la difficulté, sa présence dans la détresse, la liberté qu’il donne face au mal ou aux tentations, la joie dans l’épreuve – ça ne rentre peut-être pas dans la catégorie « miracle avec effets spéciaux », mais ce sont des miracles, des signes que Dieu agit en nous, et autour de nous. Et ça c’est grandiose.

Notre part à nous, notre contribution à l’action grandiose de Dieu, dans notre vie, dans notre église, c’est d’investir dans l’ordinaire. L’apôtre Paul, par exemple, n’appelle jamais à cultiver le clinquant, l’extraordinaire : que la Parole du Christ habite parmi vous dans toute sa richesse (Col 3.16), priez sans cesse (Col 4.2), soyez unis, aimez-vous les uns les autres (Col 3.14). Persévérons dans l’ordinaire de la foi, dans la connaissance de Dieu par la Bible, la prière, les relations fraternelles, le service – et Dieu agira.

C’est comme dans la parabole du Semeur : pour que la graine prenne racine et porte du fruit, il faut une terre abreuvée, sans cailloux, sans mauvaises herbes, une terre labourée. Notre discipline ordinaire, c’est de labourer notre terre : labourer la terre de notre cœur, pour que la Parole et l’Esprit de Dieu y fassent germer de beaux fruits, labourer la terre de notre communauté, pour que l’action grandiose de Dieu ne rencontre pas d’obstacle.

Avant de conclure, j’aimerais donner un exemple concret, un témoignage de ce que notre église a vécu il y a quelques décennies. Avec le groupe Vitalité, on doit entre autres contacter les « anciens » de l’église, et voir ce qui, dans le passé, a favorisé ou freiné la croissance, le dynamisme de la communauté. Nous n’avons pas fini le travail, mais je peux quand même mentionner un élément. Dans les années 80s, après une période difficile, l’église a énormément grandi. Elle ne faisait rien de spécial – si, un élément ressort des témoignages : l’accueil. L’hospitalité. La chaleur des relations fraternelles, des échanges. La communion – et Dieu faisait de grandes choses.

Conclusion

Etre une Église remplie de vie & d’Esprit, témoin du Christ ressuscité, une église où Dieu agit de manière évidente… C’est le rêve que l’église d’Ac 2 nous invite à avoir.

Attention, on ne forcera pas Dieu à agir ! Mais l’église, c’est comme une voiture. Pour qu’elle roule, même à 300 km/h, il faut un moteur, des freins, une boîte de vitesse, une batterie, en bon état. Ca ne suffit pas, pourtant, il faut de l’essence ! Mais avec toute l’essence du monde, si le moteur ou la batterie est défaillant, la voiture n’ira pas très loin. Notre part, c’est de préparer au mieux le véhicule, de nous préparer au mieux, nous impliquer, nous disposer – Et Dieu agira comme il le désire. C’est Dieu qui fera de nous l’église, les hommes et les femmes dont il rêve, c’est lui qui agira, qui nous transformera, qui nous fera rayonner, mais nous pouvons lui préparer le chemin, en nous attachant à le connaître (Bible), à l’écouter (prière), à expérimenter l’amour dans la joie et le service.

Canevas Ac 2

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