Gloire au Créateur !

 

Lecture biblique : Genèse 1.1-31

On ne peut pas tout dire de ce texte. Il est trop riche. On peut s’émerveiller de sa beauté, de sa force, de sa poésie. On peut y chercher une vision du monde, une réflexion sur notre place dans l’univers. Certains essayent de le confronter aux théories scientifiques sur l’origine de l’univers et de la vie… mais je ne suis pas convaincu que ce soit pertinent : ce chapitre n’a rien d’un traité scientifique.

Il me semble qu’il s’agit avant tout d’un hymne à la gloire du Dieu Créateur. Et c’est ainsi que je vous invite à le considérer… et l’on se rendra compte que ce texte a beaucoup à nous dire sur Dieu !

Dieu est libre et généreux

Commençons par le premier verset. On pourrait faire toute une prédication, voire une série de prédications, sur cette seule phrase, la première de la Bible : « Au commencement Dieu crée le ciel et la terre. »

Le choix de la version Parole de Vie de traduire le verbe au présent me paraît excellente. Bien sûr, on parle d’un événement passé : les origines de l’univers. Mais ce monde créé dans lequel nous vivons est bien l’expression d’un Dieu qui, part nature, est Créateur. Au commencement Dieu crée…

Dire qu’il y a un Dieu créateur de l’univers n’est pas qu’une affirmation philosophique abstraite. Cela nous dit déjà quelque chose de qui est ce Dieu, surtout quand on considère comment la Genèse nous présente ce Dieu Créateur.

C’est un Dieu libre et généreux. Il est libre parce qu’il ne crée pas par nécessité ou contrainte. Il y a des cosmogonies qui parlent des dieux qui s’ennuient et qui décident du coup de créer le monde et les humains pour se divertir, ou s’occuper. La Genèse nous parle d’un Dieu qui, par nature, est Créateur. Non par nécessité mais par amour, il crée, il suscite la vie. Et il est généreux parce qu’il ne crée pas chichement : il fait un monde riche et abondant, un monde foisonnant et beau.

Dieu est libre et généreux, il le manifeste dès la première page de la Bible, et il le démontrera de multiple manières tout au long de l’histoire biblique. En réalité, nous avons déjà ici, au moins de façon embryonnaire, l’expression de la grâce de Dieu. C’est bien dans la grâce de Dieu que se manifeste dans toute sa splendeur, à la fois la liberté et la générosité de Dieu.

Dieu est grand

Toujours dans le premier verset de ce texte, la Genèse dit que Dieu crée le ciel et la terre. La terre, c’est notre maison. C’est le monde que nous connaissons, le sol sur lequel nous marchons. Le ciel c’est toute cette partie de la création qui nous échappe, qui est au-dessus de nos têtes. Et ce n’est pas le fait qu’aujourd’hui nous sachions voler (avec des avions ou même des fusées) qui change grand chose. Même les sondes spatiales que nous avons envoyées aux confins de notre système solaire n’ont fait qu’un saut de puce dans l’immensité de l’univers.

Dieu crée le ciel et la terre, le monde visible et invisible. Dieu est grand ! Il est plus grand que l’univers entier qu’il a créé. Et plus nous connaissons ce monde, grâce aux découvertes scientifiques, plus le Dieu qui l’a créé nous apparaît grand ! Car il y a non seulement l’infiniment grand de l’univers mais aussi l’infiniment petit, que nous continuons l’un et l’autre d’explorer sans encore le comprendre.

Le Dieu Créateur est grand, infini et sa création en témoigne, par l’infiniment grand et comme l’infiniment petit. Et l’on pense ici à ce que l’apôtre Paul disait aux chrétiens de Rome, à propos de Dieu :

Romains 1.20
Ce qui chez lui est invisible — sa puissance éternelle et sa divinité — se voit fort bien depuis la création du monde, quand l’intelligence le discerne par ses ouvrages…

Dieu recherche l’harmonie

Une autre leçon que ce texte nous apprend sur Dieu découle de la façon dont il crée. Dès son deuxième verset, le texte s’ouvre sur une évocation du chaos et du vide, au-dessus duquel l’esprit de Dieu se tient, prêt à entrer en action :

Genèse 1.2
« La terre est comme un grand vide. Elle est dans la nuit. Une eau profonde la recouvre. Le souffle de Dieu se tient au-dessus de l’eau. »

Et lorsque Dieu se met au travail, il met de l’ordre dans le chaos, il suscite la vie et l’abondance dans cet océan primitif sombre et vide.

D’abord, dans les trois premiers jours, il crée le cadre de vie : le jour et la nuit, le haut et le bas, la mer et la terre ferme, recouverte d’arbres et de fruits. Et une fois que le cadre est créée, il suscite la vie et remplit le cadre de ses habitants : le soleil et la lune pour le jour et la nuit, les oiseaux et les animaux marins, pour le haut et le bas, tous les mammifères, l’homme y compris, pour habiter la terre.

Et quel contraste entre le chaos du verset 2, et le foisonnement de vie à l’issue du sixième jour ! Quel contraste entre cet océan primitif froid et vide et la création belle et harmonieuse à la fin du processus ! Quelle impression d’harmonie et de paix !

Dieu est un Dieu de paix. Vous savez peut-être que le mot hébreu shalom, que l’on traduit habituellement par la paix, est très riche de sens. Il évoque certes la paix, mais aussi la plénitude, l’accomplissement, l’harmonie.

Dieu est un Dieu de paix, qui cherche toujours à mettre l’harmonie là où règne le chaos. On le voit ici, dès son œuvre de création. On le verra dans toute l’histoire biblique où il n’a de cesse de vouloir rétablir la relation brisée avec ses créatures, réparer le chaos que les hommes provoque, dans leur révolte.

Dieu achève ce qu’il commence

Lorsqu’on considère ensuite la façon dont cet hymne évoque les actes créateurs de Dieu, on voit un Dieu qui achève ce qu’il commence, et qui le fait consciencieusement. Il s’assure à chaque étape que ce qu’il a fait est réussi.

A la fin de chaque jour, Dieu regarde son oeuvre et vois que c’est bon. Et c’est seulement quand il est satisfait de ce qu’il a fait qu’il passe à l’étape suivante. Il regarde. Il voit que c’est bon. Il y a un soir et un matin. C’est la fin d’un jour, passons à l’étape suivante ! Et quand il arrive à la dernière étape, à la fin du sixième jour, il peut dire que c’est très bien. Il a vraiment achevé ce qu’il a commencé à faire.

Ici encore nous pouvons dire que cette caractéristique de Dieu, nous la retrouverons tout au long de l’histoire biblique. Où on voit le Seigneur accomplir, étape après étape, patiemment, son projet de salut pour le monde. De Noé à Abraham, de David à Jean-Baptiste, jusqu’à son accomplissement, dans la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Et cela est tellement lié à la personne même de Dieu que Paul peut dire, avec assurance, aux chrétiens de Philippe :

Philippiens 1.6
Je suis sûr d’une chose : Dieu qui a commencé en vous un si bon travail va le continuer jusqu’au bout, jusqu’au jour où le Christ Jésus viendra.

Dieu a un projet particulier pour les humains

Et justement, puisqu’on parle des humains, il faut mentionner le fait qu’il y a, au cœur de cet hymne au Créateur, une place particulière réservée aux humains. Ils y apparaissent à la fois comme des êtres à part (ils sont les seuls dont on dise qu’ils sont créés en image de Dieu) et des êtres comme les autres (ils sont créés le 6e jour, comme tous les autres mammifères, ils n’ont pas de jour spécifique qui leur est dédié). Solidaires de toute la création, être vivant parmi les autres êtres vivants, nous sommes aussi liés de manière particulière à notre Créateur.

Dès la première page, la Bible affirme que Dieu a un projet particulier pour les humains. Ils ont leur place dans ce récit en tant qu’image de Dieu, comme empreinte de Dieu dans sa création. Sa signature en quelque sorte. La vocation ultime de l’être humain, c’est de glorifier son Créateur. C’est ce pourquoi nous avons avant tout été créés.

Et pour que les humains puissent accomplir cette vocation, il a tout prévu. Même la possibilité de l’incarnation. Je crois en effet que nous pouvons dire que Dieu rend possible l’incarnation en créant l’homme à son image. Avant même l’apparition du péché et du mal dans l’humanité, Dieu a prévu le moyen d’en délivrer l’humanité.

Dieu a un projet particulier pour les humains et c’est un projet de salut, au-delà même de tout ce que nous pouvons imaginer.

Conclusion

N’est-ce pas merveilleux ce que cet hymne au Dieu Créateur nous révèle de la personne de Dieu ?

  • Il est un Dieu libre et généreux : c’est un Dieu de grâce !
  • Il est un Dieu grand : en réalité, il est infini et éternel, il sera toujours plus grand que ce que nous pouvons comprendre ou même imaginer.
  • Il est un Dieu qui toujours recherche l’harmonie, qui poursuit toujours la paix, la réconciliation.
  • Il est un Dieu qui achève ce qu’il commence, fidèle à ses promesses, digne de confiance.
  • Il est un Dieu qui a un projet particulier pour l’humanité, et qui met tout en œuvre pour l’accomplissement de son projet.

Ce Dieu-là nous est déjà révélé dans cet hymne au Créateur, il le sera encore dans toute l’histoire biblique, il le sera parfaitement dans la personne et l’oeuvre de Jésus-Christ, et il l’est aujourd’hui encore quand il vient à notre rencontre par son Esprit. Gloire à son nom !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>