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Aimer, se mettre en marche et recommencer

 

Voici deux de mes posts récents sur Facebook… Quel est le point commun entre les deux ? Les risques de spoiler !

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Pour les fans d’Avengers et ceux de Game of Thrones, c’était la semaine de tous les dangers ! Il fallait à tout prix éviter les spoilers, pour profiter pleinement de la découverte et des surprises. Il n’y a rien de pire que d’apprendre, avant de voir un film ou une série, quel en sera le dénouement. En l’occurrence, qui meurt dans l’affrontement avec Thanos ou à la bataille de Winterfell !

D’ailleurs, pour éviter les fuites, les acteurs du dernier film Avengers ont tourné plusieurs fins différentes sans savoir laquelle était la bonne !

Mais parfois, on connaît la fin de l’histoire et le film reste passionnant. Par exemple, dans un épisode de Colombo, on sait presque toujours dès le début qui est le coupable mais tout l’intérêt réside dans la façon dont l’inspecteur va réussir à le coincer. Ou alors dans l’adaptation au cinéma d’un événement historique, on apprend des choses qu’on ne savait pas en pénétrant dans les coulisses de l’Histoire. Ou alors on se focalise sur un personnage, dont on ne connaît pas le destin personnel au cœur de cette grande Histoire.

Pourquoi je vous parle de tout cela ? Parce qu’on pourrait avoir l’impression que la Bible nous spoile la fin de l’histoire ! On sait déjà qui va gagner ! Jésus revient, Satan est vaincu, la mort elle-même est vaincue et tous ressuscitent pour être jugés, la création entière est renouvelée.

Mais même si on connaît les grandes lignes du dénouement, beaucoup de choses nous restent encore inconnues. Et puis on ne connaît pas le timing… et surtout on ne sait pas à l’avance quel rôle, même petit, nous sommes appelés à jouer personnellement. Nous ne savons pas comment notre histoire s’insérera dans l’Histoire.

L’espérance chrétienne n’est pas un spoiler qui gâche notre histoire. Mais notre histoire avec le Christ, aujourd’hui, est appelée à s’insérer dans la grande histoire du salut de Dieu. Et ça, c’est passionnant !

Dans les évangiles, nous trouvons quelques récits d’apparition de Jésus ressuscité à ses disciples. L’un d’eux nous est proposé pour ce matin. Et vous verrez que Jésus va spoiler la fin de l’histoire personnelle de l’apôtre Pierre… Mais c’est pour qu’il se concentre sur ce qu’il aura désormais à faire.

Jean 21.15-19
15 Après le repas, Jésus demande à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu as plus d’amour pour moi que ceux-ci ? » Pierre lui répond : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit : « Prends soin de mes agneaux. » 16 Une deuxième fois, Jésus lui demande : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m’aimes ? » Pierre lui répond : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes moutons. » 17 Une troisième fois, Jésus lui demande : « Simon, fils de Jean, est-ce que tu m’aimes ? » Pierre est triste parce que Jésus lui demande une troisième fois : « Est-ce que tu m’aimes ? » Et il dit à Jésus : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Prends soin de mes moutons. 18 Oui, je te le dis, c’est la vérité : quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais. Quand tu seras vieux, tu étendras les mains. Un autre te mettra ta ceinture et il te conduira là où tu ne veux pas. » 19 Par ces paroles, Jésus annonce de quelle façon Pierre va mourir et donner de la gloire à Dieu. Ensuite Jésus dit à Pierre : « Suis-moi ! »
Je vous avais averti : Jésus spoile la fin de son histoire à Pierre ! Et il ne lui annonce pas un happy end…. puisqu’il va mourir en martyr.

Pourquoi Jésus agit-il ainsi ? Et que signifie ce dialogue singulier entre Jésus et Pierre ?

D’abord, on remarque que par trois fois, Jésus pose la même question à Pierre, et ce dernier finit par s’en attrister… Avec quelques variantes, Jésus lui demande : « Pierre, m’aimes-tu ? » En fait, ces trois questions, et ce que Jésus dit à Pierre ensuite, font écho à l’expérience de Pierre en tant que disciple.

Si Jésus demande à Pierre, trois fois, s’il l’aime, c’est probablement en référence aux trois fois où, pendant la Passion de Jésus, Pierre l’a renié. Il lui donne ici l’occasion d’effacer ces trois blessures profondes… L’annonce que Jésus fait ensuite de sa mort en martyr répond à ses paroles, avant que Jésus lui annonce son triple reniement : « Même si je dois mourir avec toi, je ne dirai jamais que je ne te connais pas ! » (Marc 14.31). « Même si je dois mourir avec toi… » C’est bien, finalement, ce qui va lui arriver ! Quant à la dernière parole de Jésus : « Suis-moi », elle fait écho au premier appel qu’il lui avait adressé, au début de son ministère, alors que Pierre était encore un simple pêcheur en Galilée.

Avec ce dialogue, c’est comme si Jésus lui disait : « Allez, on efface tout et on recommence ! »

D’ailleurs, Jésus en profite pour lui confier une mission : prendre soin de son troupeau. Jésus rétablit pleinement Pierre et lui renouvelle sa confiance. Quand le Seigneur pardonne, ce n’est pas sous condition. Il ne dit jamais, contrairement à nous parfois : « je te pardonne mais… »

Alors, certes, Jésus révèle à Pierre la façon dont il va mourir… Mais ça correspond à ce qu’il était prêt à vivre. Il l’avait dit à Jésus. En effaçant son ardoise, et en lui révélant la fin de son histoire, Jésus lui permet de se concentrer sur l’essentiel pour lui désormais : accomplir la mission qui lui est confiée.

Bien sûr, prendre soin du troupeau du Seigneur, c’est l’appel de Pierre. Mourir en martyr, c’est son destin. On ne peut pas sans autre se l’appliquer à soi-même : nous n’avons ni le ministère ni le destin de Pierre…

Mais ne pouvons-nous pas entendre derrière ces paroles de Jésus des principes qui nous concernent tous ? Il me semble qu’il y a bien trois éléments qui concernaient Pierre et qui nous concernent tout autant. Trois éléments clés pour nous aussi, disciples du Christ aujourd’hui, dans l’attente de l’accomplissement de notre espérance, quel que soit notre appel et quel que soit notre destin.

D’abord, aimer le Seigneur

C’est la clé fondamentale de toute vie de disciple de Jésus-Christ. Si je ne l’aime pas, je serai peut-être un adepte de la religion chrétienne, un sympathisant de la cause chrétienne, un partisan des valeurs chrétiennes… mais pas un disciple de Jésus-Christ.

Quel que soit notre cheminement, quoi que nous ayons fait, Jésus nous le demande sans cesse : « m’aimes-tu ? »

Et le véritable disciple du Christ répondra comme Pierre : « Tu sais que je t’aime ». Sans doute pas d’un amour parfait… comme Pierre, nous avons forcément des choses à nous reprocher. « Même si mon amour n’est pas parfait, même si ma vie de disciple n’est pas toujours exemplaire, même si j’ai fait des erreurs et que je ne me suis pas toujours montré fidèle… oui, tu sais que je t’aime. »

Si on se demande à quoi nous sommes appelés, quelle est notre tâche, notre responsabilité, rappelons-nous que tout commence et tout se termine pour nous dans l’amour pour le Seigneur.

Ensuite, se mettre en marche

Il est remarquable de noter que la dernière parole que Jésus adresse personnellement à Pierre est aussi celle qu’il lui a adressé en premier : « Suis-moi ».

Cet appel résume à lui seul le statut du disciple : le disciples de Jésus-Christ est celui qui avance à la suite de son maître. En réalité, c’est une concrétisation de l’amour qu’on lui porte !

Il s’agit donc de se mettre en marche. Si l’amour est le moteur et la repentance ou la conversion le volant qui permet de changer de direction, il faut la foi de lâcher le frein à main pour se mettre à avancer !

Parfois, c’est facile de suivre le Christ. Un peu comme si nous étions sur une pente descendante : il suffit de desserrer le frein et ça avance tout seul. Mais parfois, c’est plus difficile et ça s’apparente plutôt à un démarrage en côte… et ça nous arrive de caler !

Dans notre marche avec le Christ aussi, quand on fait une erreur, on recommence. C’est comme ça qu’on apprend !

Enfin, être prêt à recommencer

La voilà la dernière clé : être prêt à recommencer. On l’a dit, un des buts principaux des paroles de Jésus à Pierre est d’effacer son ardoise, de lui permettre de repartir à zéro.

C’est la démarche de la repentance ou de la conversion. On utilise parfois de façon réductrice ces deux termes. On a tendance à limiter la conversion à l’expérience initiale du chrétien, au moment où consciemment on choisit de devenir croyant. Et on a aussi tendance à comprendre la repentance seulement comme une démarche de contrition et de demande de pardon à Dieu pour tel ou tel péché commis.

En réalité, toute la vie chrétienne est repentance et conversion, du premier au dernier jour. Non pas pour vivre dans une contrition morbide mais pour vivre entièrement de la grâce de Dieu. Nous savons que nous avons toujours à nous laisser transformer par Dieu, que nous avons toujours des ajustements, petits ou grands, à faire dans notre vie pour nous conformer à ce que Dieu attend de nous.

Mais il n’y a rien de morbide là dedans. Bien au contraire. C’est la vie de Dieu qui innonde notre vie, sa grâce qui nous change en profondeur, son projet qui prend forme petit à petit en nous.

Être prêt à recommencer quand il le faut, quitte à repartir à zéro, à laisser notre ardoise être effacée, à corriger la trajectoire de notre vie, voilà une autre clé essentielle de la vie du disciple de Jésus-Christ !

Conclusion

Aimer, se mettre en marche et recommencer. Voilà la vie de disciple de Jésus-Christ. Voilà à quoi nous sommes appelés, quelle que soit notre vocation particulière ou le destin qui nous est promis.

D’abord, aimer le Seigneur. Tout commence et tout se termine pour nous dans l’amour pour le Seigneur.
Ensuite, se mettre en marche. Faire le pari de la foi, de la confiance, prendre le risque de l’espérance.
Enfin, être prêt à recommencer. Sans cesse, vivre de la grâce de Dieu et être prêt à changer de direction s’il le faut.

Comme Pierre avant nous, comme tous les croyants qui nous ont précédé, voilà ce que nous sommes appelés à faire, dans l’attente de l’accomplissement de notre espérance.

Vivants, en Christ!

Qu’est-ce que ça change de croire que Jésus est ressuscité ?  Que change la foi dans notre vie ? Des gens qui ne croient pas m’ont déjà dit : « Ah c’est bien tu crois, mais ce n’est pas pour moi. Mais je peux comprendre – ça doit t’encourager dans les moments difficiles, ça doit être bien de ne pas se sentir seul… » Quand on écoute des croyants, on entend : Je me sens en paix. J’ai trouvé un but, un sens à ma vie. Je me sens soulagée. J’ai reçu la force de pardonner. Je me sens guidé…

Et c’est vrai ! Même s’il n’y a pas que les chrétiens qui pourraient dire cela… Des philosophes, des croyants d’autres religions, des passionnés engagés sur le plan social pourraient sûrement avoir un discours qui y ressemble. La spécificité de la foi chrétienne, c’est de croire que Jésus, après avoir été mis à mort, est ressuscité : il est revenu d’entre les morts pour entrer dans une vie qui n’est pas la réincarnation mais qui est d’une autre qualité, la vie de Dieu, la vie infinie de Dieu. La résurrection : événement unique dans l’histoire des religions, événement central de la Bible, événement qui a poussé les disciples à relire leur expérience de trois ans avec Jésus et comprendre qu’il n’était pas juste un homme extraordinaire, mais qu’il venait de Dieu, qu’il était Dieu lui-même. Événement qui a fait relire la mort de Jésus pour comprendre que ce n’était pas une simple injustice, un simple martyre comme on en connaît tant. (je vais y revenir)

Quel est l’impact de cette conviction sur ceux qui croient ? Qu’est-ce que ça change, que Jésus soit ressuscité ? Un certain Paul, qui ne croyait pas, qui s’est fait percuter par Jésus ressuscité, qui en a changé sa vie radicalement au point de devenir un porte-parole du Christ, un apôtre, qui a parlé de son expérience et de sa foi de la Palestine à l’Italie, aborde ce sujet dans sa lettre aux chrétiens de Rome. Il est en train de parler du pardon, en disant, si je résume : Dieu vous a pardonné, c’est extraordinaire ! Mais le pardon est un nouveau départ, pas une excuse pour recommencer sans fin les mêmes erreurs ou les mêmes fautes. Mais Paul, dans son argumentation, va aller plus loin : il prend appui sur la foi dans le Christ ressuscité, et c’est là-dessus que je voudrais m’arrêter.

Lecture biblique: Romains 6.3-14

3 Vous le savez bien : notre baptême, en nous unissant au Christ Jésus, nous a tous unis à sa mort. 

4 Donc, par le baptême, nous avons été plongés [littéralement : ensevelis, mis dans la tombe] avec lui dans la mort. Mais la puissance glorieuse du Père (Dieu) a réveillé le Christ de la mort, pour que, nous aussi, nous vivions d’une vie nouvelle.

5 En effet, nous avons été totalement unis à lui au moment où nous sommes morts avec lui. De même, nous serons unis à lui en nous levant comme lui de la mort. 6 Comprenons bien ceci : ce que nous étions avant a été cloué sur la croix avec le Christ. Alors le péché qui fait partie de nous-mêmes est détruit, et nous ne sommes plus esclaves du péché. 

7 Oui, celui qui est mort est libéré du péché. 

8 Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. 9 Nous le savons bien : depuis que le Christ s’est réveillé de la mort, il ne doit plus mourir, la mort n’a plus de pouvoir sur lui. 10 Le Christ est mort, et sa mort l’a séparé totalement du péché, une fois pour toutes. Maintenant il est vivant, et sa vie est tout entière pour Dieu. 11 De même, vous aussi, vous devez penser ceci : vous êtes morts en étant totalement séparés du péché, mais, en étant unis à Jésus-Christ, vous êtes vivants pour Dieu.

12 Donc le péché ne doit plus avoir de pouvoir sur votre corps qui mourra un jour, et vous ne devez plus obéir aux désirs mauvais de votre corps. 13 Ne mettez plus votre corps au service du péché, comme un moyen pour faire le mal. Au contraire, mettez-vous au service de Dieu, comme des vivants revenus de la mort. Servez-vous de votre corps comme d’un moyen pour faire ce qui est juste.14 Ce n’est plus la loi qui vous commande, mais c’est l’amour de Dieu pour vous. Le péché ne peut donc plus avoir de pouvoir sur vous.  

         Vivants en Christ

Quelle est la caractéristique d’un chrétien ? Il croit ? D’autres aussi ! Il s’efforce de faire le bien ? D’autres aussi, et parfois mieux !  Pour Paul, ce qui est unique chez le chrétien, ce n’est pas qu’il est mieux que les autres, comme s’il était parfait, plus moral ou plus fort. Non, c’est qu’il est vivant. Vivant !

Pas de la vie naturelle, ça on l’est tous ! Mais vivants de la vie qui est en Dieu, vivants d’une vie qui a la qualité de la vie de Dieu. Cette vie, il nous est difficile de nous la représenter avec précision, mais j’imagine la différence entre écouter un enfant qui apprend le violon dans l’appartement d’à côté [imiter ?]– et entendre jouer un maestro de l’orchestre du Capitole. La différence entre un film Noir & Blanc et un film en couleurs, entre un appel téléphonique un jour d’orage quand le réseau vacille et une rencontre en chair et en os.

La foi en Jésus n’est pas une simple conviction, c’est une relation avec le Christ ressuscité. Le leitmotiv de Paul : vous êtes unis au Christ par la foi. Vous êtes connectés. Synchronisés, comme par bluetooth.

Nous croyons que Jésus est revenu à la vie et que, par un processus qui nous dépasse, sa vie entre en nous lorsque nous croyons. Nous croyons que Jésus est vivant, sur la base du témoignage de nombreuses personnes qui ont risqué leur vie pour partager cette nouvelle (si vous avez des questions là-dessus, je suis à votre disposition à la fin du culte). Et cela nous étonne, mais nous l’acceptons parce que nous croyons que le Dieu qui a créé le monde est capable de faire des choses extraordinaires. Et dans ces choses extraordinaires, il y a cette possibilité de recevoir la vie du Christ ressuscité en soi, simplement par la foi. J’aurais du mal à expliquer comment ça marche, mais c’est comme pour le bluetoooth : je n’ai pas besoin de comprendre le procédé scientifique mis en œuvre pour que ça marche. J’appuie sur une touche du téléphone et il se connecte à une enceinte, la musique retentit. Pour être synchronisé à Jésus, on n’appuie pas sur un bouton, mais on dit : je crois. Le procédé scientifique nous dépasse, mais ça marche : par la foi, la musique de la vie divine nous remplit…

Le baptême symbolise cette synchronisation. Il symbolise le fait que nous nous approprions la vie de Jésus. Etre unis à Jésus ce n’est pas seulement être en relation avec lui, c’est s’approprier son expérience. C’est vivre son expérience par procuration. C’est bientôt les élections européennes, peut-être que vous allez faire une procuration pour voter. Sans parler de politique (je ne suis pas là pour ça) : cette procuration atteste que vous avez voté même si vous n’étiez pas là. Par la foi, par notre synchronisation avec Jésus, nous pouvons attester que ce que Jésus a vécu compte comme si nous l’avions vécu nous-mêmes. Ca vaut pour sa mort, et ça vaut pour sa vie. Il est mort – nous sommes morts. Il est revenu à la vie, rempli d’une vie sans limites (en qualité et en quantité) – nous sommes vivants. Nous sommes ressuscités.

Ou plutôt : nous sommes en cours de résurrection – le processus est commencé, mais pas achevé. Nous attendons que Dieu finisse les derniers détails pour que la création, et nous dedans, soit entièrement remplie de cette vie qui vient de Dieu.

Morts au péché

Puisque nous sommes unis au Christ dans sa vie, par la foi, nous sommes aussi unis à lui dans sa mort. Paul dira : nous sommes morts et enterrés, en Christ ! Et ressuscités.

Morts à quoi ? à la vie sans Dieu. à une vie grinçante, marquée par la mort et la destruction. Selon les écrits bibliques, la mort commence non pas dans notre corps, mais dans notre cœur. La destruction prend racine dans notre cœur. C’est que la Bible appelle « péché » : ce mal en nous, qui nous dévore de l’intérieur et qui corrompt tout ce que nous touchons. Nous en sommes victimes, mais nous en sommes aussi responsables. A des degrés divers, avec des conséquences diverses, mais tous dans le même bateau. C’est comme être mouillé : que vous soyez trempés de la tête aux pieds ou que vous ayez simplement marché dans une flaque d’eau, en arrivant dans la maison, vous allez salir partout où vous passez avec vos chaussures.

Jésus est mort pour nos péchés : bien qu’innocent, il a décidé de se laisser détruire pour tous les processus de destruction dans lesquels nous entrons, de payer pour le mal que nous commettons, par procuration. Il l’a fait une fois, et ça suffit : sa résurrection prouve qu’il avait suffisamment de justice pour combler l’injustice humaine. Par la foi, on s’approprie sa mort, on s’approprie son acquittement. Par la foi, sa pureté devient nôtre.

Par la foi, nous aussi, nous sommes morts. C’est fini, tout ça ! c’est fini ! Nous sommes morts à une vie mortifère ! C’est mort entre le péché & nous, les liens sont déchirés, la rupture est consommée !

Le mal n’a plus de pouvoir sur nous, comme il n’en a plus sur Jésus.  Jésus a payé notre amende (et devant la loi divine, nous sommes déclarés justes en nous appuyant sur la procuration de Jésus). Il a payé la rançon car notre cœur, laissé à lui-même, avec ses engrenages de destruction, notre cœur est en prison. Et Jésus nous en fait sortir. Nous ne sommes plus en prison, le péché n’a plus d’emprise sur nous. Maintenant, nous vivons avec Dieu, par Dieu, pour Dieu.

Mais le péché est mort aussi pour nous : il n’a plus d’intérêt ! Je ne parle pas des « péchés mignons » (moi aussi j’aime le chocolat ^^). Non, de ces réalités sordides et mesquines que nous justifions par mauvaise foi, que nous habillons d’illusions, mais qui sont vides de sens, vides de vie. Le péché est mort pour nous : nous ne pouvons plus le vivre. Enfin, nous ne pouvons plus… Nous pouvons, mais ça n’a pas de sens. Est-ce qu’un homme ou une femme marié(e) peut se comporter en célibataire, comme avant ? Oui, il peut. Ca n’a aucun sens, mais il peut. Est-ce qu’un chrétien, vivant en Christ, peut pécher ? Oui, il peut, mais ça n’a aucun sens ! Paul ne joue pas sur le registre de la culpabilité : c’est pas bien… On le sait. Si on est honnête, on le sait. Non, Paul parle de notre identité : qui êtes-vous ? de quoi êtes-vous remplis ? Dans quelle dynamique êtes-vous ? La logique de Dieu, une logique de vie, de justice, de recherche du bien, de vérité, de paix ? Ou la logique de vos intérêts, des calculs à court terme qui finissent par détruire et corrompre l’ensemble de notre vie ?

Paul reste réaliste : le péché malheureusement demeure en partie dans notre vie, mais comme des fautes, des erreurs, que nous cherchons à éviter – et non pas comme un style de vie. La résurrection est en cours : toute notre vie, nous apprenons à la vivre dans tel ou tel domaine.

Je vais oser le dire : parfois dans notre vie chrétienne, nous ressemblons plus à des morts vivants qu’à des ressuscités. Parfois il est dur de discerner dans notre existence que nous sommes vraiment habités, remplis de la vie du Dieu vivant. La recette de Paul, c’est de nous rappeler qui nous sommes. Quelle est notre identité, en Christ. Nous sommes morts et ressuscités. Et tout comme l’alliance à notre main rappelle que nous sommes mariés, le baptême nous rappelle que nous sommes morts, et ressuscités, avec et en Christ. De cette conviction, découle le reste : si je suis ressuscitée, habitée par la vie qui coule d’un Dieu juste, bon, sage, aimant, patient et bienfaisant, beau et pur, qu’ai-je à faire avec des images, des paroles ou des comportements grisâtres voire ténébreux ?

Conclusion

Je voudrais vous laisser avec une question : est-ce que vous êtes vraiment vivants ? En couleur, en haute définition, en chair et en âme ? Est-ce que cette vie, cette vitalité divine, rejaillit sur votre quotidien, sur votre caractère, sur vos relations, sur vos habitudes, sur vos paroles et vos gestes ?

Si vous ne vous définissez pas comme croyants mais que vous avez envie d’expérimenter cette vie divine, le bluetooth est simple : dans votre cœur, ça peut être juste maintenant, dites à Jésus « viens, viens remplir ma vie. Je ne veux plus être dans mes prisons intérieures, je veux vivre. Unis-moi à toi » – croyez-moi, Dieu répond à ce genre de prière !

Et si vous êtes déjà connectés au Christ, il vous invite à renouveler sans cesse cette connexion. A vous rapprocher de lui pour vous débarrasser des interférences. A lui confier ce qui est encore moribond en vous : Dieu donne la vie, en Christ. Si nous venons à lui, qui que nous soyons, où que nous en soyons, il nous remplira de cette vie autre, transformée, étonnante, cette vie de ressuscité !