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Vous êtes le sel de la terre (2/5) – Un sel qui donne du goût

 

C’est aujourd’hui le deuxième dimanche de notre campagne de rentrée autour de la formule de Jésus : “ Vous êtes le sel de la terre.” Pendant cinq semaines, à partir de cette métaphore, nous déclinons les différentes propriétés du sel, en les appliquant à notre vie, dans une perspective spirituelle.

La première propriété du sel, c’est de donner du goût. Dans la métaphore de Jésus, un sel qui perd son goût ne sert plus à rien :

Matthieu 5.13
C’est vous qui êtes le sel du monde. Mais si le sel perd son goût, comment le rendre de nouveau salé ? Il n’est plus bon à rien ; on le jette dehors, et les gens le piétinent.

Ici, le plat qui a besoin de sel, c’est le monde. Et le sel, c’est nous ! C’est une vocation formulée sous la forme d’une affirmation : “vous êtes le sel de la terre”, vous êtes là pour donner du goût au monde… Mais comme l’a dit Florence la semaine dernière : “Le sel ce n’est pas nous, soyons humbles : c’est ce que Dieu fait en nous et à travers nous.”

On a beau parler de sel et de goût, il n’y a pas de recette toute faite pour être sel de la terre… Mais ce qui est sûr, c’est qu’avant de vouloir donner de la saveur au monde, à la vie des autres, il faut que ayons nous-mêmes une vie qui a du goût ! C’est en ayant une vie pleine de saveur que nous pourrons donner un peu de saveur autour de nous…

Il n’y a pas de recette toute faite, mais il y a quand mêmes quelques ingrédients indispensables. Et la Bible en mentionne quelques-uns. Comme par exemple dans le texte que je vous propose de lire aujourd’hui, tiré du prophète Michée.

Michée 6.6-8
6 « Avec quoi me présenter devant le Seigneur, lorsque je viens me prosterner devant le Dieu très-haut ? Faut-il que je lui offre en sacrifices complets des veaux d’un an ? 7 Le Seigneur désire-t-il des béliers innombrables, des flots intarissables d’huile ? Donnerai-je mon fils premier-né pour qu’il pardonne ma révolte et mon infidélité ? »
8 On t’a enseigné ce qui est bien, ce que le Seigneur exige de tout être humain : il demande seulement que tu respectes les droits des autres, que tu aimes agir avec bonté et que tu suives avec humilité le chemin que lui, ton Dieu, t’indique.

Les questions des versets 6 et 7 posent la problématique : finalement, qu’est-ce que Dieu attend de moi ? qu’est-ce qui est vraiment important à ses yeux ? On est dans le contexte de l’Ancienne Alliance, donc la piété s’exprime à travers les offrandes et les sacrifices, allant ici jusqu’à proposer d’offrir son fils premier-né ! On formulerait les choses différemment aujourd’hui, on parlerait de prière, de dévotion, d’engagement dans l’Eglise…

Mais est-ce vraiment dans le domaine de la piété, et exclusivement là, que Dieu m’attend ?

Le verset 8 montre que la perspective de Dieu est bien plus large. Il mentionne ce qu’on pourrait appeler trois ingrédients de base d’une vie qui a du goût.
Respecter les droits des autres
Aimer agir avec bonté
Suivre avec humilité le chemin que Dieu nous indique

Ce ne sont pas des ingrédients très compliqués en soi, ils sont à la portée de tous. Mais bien dosés, ils donnent de la saveur à notre vie… et à celle des autres.

Respecter les droits des autres

Les versions françaises traduisent souvent “respecter le droit” ou “pratiquer la justice”. Mais de quel droit s’agit-il sinon le droit des autres ? On ne peut pas “respecter le droit” sans respecter les droits des autres. On ne peut pas parler de droiture ou de justice sans prendre en considération les autres, sans respecter leurs droits et ce qu’ils sont. C’est bien la question du lien à notre prochain qui est posée ici.

Aimer agir avec bonté

J’aime beaucoup la formule ! Ce n’est pas seulement agir avec bonté, c’est aimer agir avec bonté. Autrement dit, ce n’est pas une bonté forcée, sous la contrainte, dont on se sent obligé : “il faut bien être bon puisqu’on est chrétien !” C’est une bonté libre et joyeuse, ancrée dans notre coeur, nos motivations profondes. Il s’agit donc, d’une certaine façon, du lien avec nous-mêmes, notre coeur.

Suivre avec humilité le chemin que Dieu indique

Littéralement il s’agit de “marcher humblement devant Dieu”. La marche désigne ici notre vie, notre comportement de tous les jours et j’aime bien la formulation proposée par la Nouvelle Bible en Français Courant. Suivre le chemin que Dieu nous indique, c’est avoir un comportement conforme à la volonté de Dieu. Et le faire humblement, devant Dieu, c’est le vivre dans la dépendance et la confiance en Dieu. C’est donc notre lien à Dieu, et ses conséquences dans notre vie quotidienne, qui est souligné ici.

Ces trois ingrédients interrogent donc notre lien à Dieu, à notre prochain et à nous-mêmes. Et la réflexion que cela m’inspire, c’est qu’une saveur équilibrée est une affaire de dosage.

Pour une saveur équilibrée

Une vie chrétienne a du goût quand elle est équilibrée dans sa saveur, harmonieuse dans dans son lien aux autres, à soi-même et à Dieu. Cela découle d’ailleurs immédiatement des deux commandements indissociables, les plus importants selon Jésus lui-même : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu… et tu aimeras ton prochain comme toi-même.” Dieu, les autres et moi-même.

Il y a dysfonctionnement, on pourrait dire que la saveur est déséquilibrée, lorsqu’un des trois ingrédients prend toute la place.

Une vie chrétienne centrée sur soi-même est évidemment déséquilibrée. Dans cette perspective, ce qui compte, c’est d’être bien, d’être libéré, d’être léger. Dieu devient mon coach personnel. La repentance et la sanctification sont remplacées par l’épanouissement et le bien-être. La Bible est un manuel de développement personnel. Bref, ce qui compte c’est moi ! Je ne vois pas comment une telle vie chrétienne va pouvoir être sel de la terre…

Une vie chrétienne centrée sur les autres exclusivement est aussi déséquilibrée. D’une part parce que ça peut être une fuite en avant, qui nous évite de nous poser les bonnes questions sur nous-mêmes et notre cheminement avec Dieu. Et d’autre part parce qu’elle oublie la deuxième partie du commandement : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même !” Il peut y avoir une fausse humilité à se dénigrer et se dévaloriser. Ce n’est pas sain. D’autant que Dieu, lui, nous dit que nous avons de la valeur à ses yeux.

Même une vie chrétienne centrée sur Dieu uniquement n’est pas équilibrée non plus… J’ai conscience que ça peut paraître étonnant. Mais regardez notre texte. Les questions des versets 6-7 sont entièrement centrées sur Dieu : quelles offrandes, quels sacrifices lui apporter ? Et la réponse de Dieu, au verset 8, nous réoriente vers les autres ! Les chrétiens qui ne vivent que pour Dieu, dont toute la vie est prière et méditation de la Bible, dont la seule préoccupation c’est Dieu et lui seul… ces chrétiens oublient le deuxième commandement : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”. Notre consécration à Dieu ne doit pas être une fuite de notre prochain ! On ne peut pas aimer Dieu sans aimer notre prochain…

Saler… mais pas trop !

Une saveur équilibrée est une affaire de dosage aussi dans la façon de “saler” les autres, c’est-à-dire de leur donner du goût, de les influencer positivement.

Sans sel, un plat est sans saveur. Mais avec trop de sel il devient immangeable !

Si on veut agir avec bonté, suivre le chemin que Dieu nous indique, il faudra forcément se tourner vers les autres. C’est bien à cela que Dieu nous appelle. Nous avons une Bonne Nouvelle à vivre et à partager. Et je ne vois pas comment on pourrait aimer notre prochain sans chercher à le rejoindre…

Mais parfois on veut en faire trop… et plutôt que de donner du goût, on rend l’Evangile immangeable ! D’où l’importance de respecter les droits des autres. On ne peut pas s’ingérer dans la vie des autres, ou faire pression sur eux, même pour la bonne cause, même avec de bonnes intentions !

Saler oui… mais pas trop ! Tout est affaire de dosage. Les uns, timides ou réservés, devront peut-être se faire violence, et compter sur l’aide du Saint-Esprit, pour avoir le courage d’affirmer leur foi et partager l’Evangile. Les autres, enthousiastes ou extravertis, auront tout autant besoin du Saint-Esprit… mais pour les retenir et ne pas en faire trop !

Conclusion

Celui qui nous appelle à être sel de la terre est aussi celui qui en donne l’exemple parfait. En Jésus-Christ, le Fils de Dieu est devenu homme, simple et humble. Et c’est ainsi qu’il a influencé durablement le monde, à partir d’une poignée de disciples dont il s’est entouré. Il avait le courage de mettre les pieds dans le plat quand il le fallait mais il a donné l’exemple du service, jusqu’à la mort sur la croix, et de l’accueil de tous, en particulier les petits et ceux qu’on rejetait.

Il a donné l’exemple d’une vie à la saveur équilibrée, qui donne du goût à la vie de ceux qui le suivent. Il savait saler… mais pas trop ! Efforçons-nous d’être “sel de la terre” à son exemple !

Vous êtes le sel de la terre ! (1/5)

Hier soir, avec les jeunes, on a fait un petit jeu : chacun devait écrire anonymement 3 qualités et 1 défaut, ensuite, je rassemblais les informations, et on devait retrouver qui se cachait derrière la description. Evidemment, les défauts nous ont fait rire ! Mais c’est top secret ! En tout cas, une des choses que cet exercice a révélées (et je l’ai fait, je confirme !), c’est que c’est très dur de répondre. C’est comme en entretien d’embauche : c’est difficile de décrire soi-même ses propres points forts & points faibles. La modestie ou l’orgueil déforment notre perception de nous-mêmes, et puis il y a toutes ces choses auxquelles on ne pense pas, parce qu’il y a un décalage entre ce qu’on perçoit de soi-même, à l’intérieur, et ce que l’autre voit, qui est souvent très partiel et en même temps, assez révélateur.

Difficile de se définir, difficile de définir l’autre… Un seul peut vraiment nous dire qui nous sommes, et c’est celui qui connaît toutes choses, en interne et en externe. Il n’est pas seulement omniscient, il est aussi celui qui nous a façonnés – et c’est comme une œuvre d’art : qui mieux que l’artiste peut expliquer le sens de son œuvre ?

La Bible nous dévoile ainsi le regard que Dieu pose sur nous. Ce matin, j’aimerais en voir un exemple avec vous, une affirmation que Jésus pose sur ses disciples de la part de Dieu.

Lecture biblique : Matthieu 5.13  

C’est vous qui êtes le sel du monde.

Mais si le sel perd son goût, comment le rendre de nouveau salé ?

Il n’est plus bon à rien ; on le jette dehors, et les gens le piétinent.

          Cette affirmation de Jésus à ses disciples, à ses plus proches, sonne comme une vocation, proclamée avec confiance : vous êtes le sel du monde. C’est vous qui donnez du goût !

Remarquez que ce n’est pas une question, ni même une invitation : Jésus pose un constat – Vous êtes le sel de la terre. C’est vous qui donnez du goût au monde.

En cuisine, beaucoup de choses donnent du goût… Mais vous avez déjà goûté la nourriture sans sel ?… Pour certains aliments, ça passe, mais le pain sans sel, c’est vraiment pas bon ! Alors si même le sel perd son goûtplan B : on remplace par des épices ? Mais l’avertissement reste là : si les épices s’éventent, elles ne servent plus à rien… L’avertissement de Jésus souligne une grande responsabilité : rester un sel goûteux, qui assaisonne son milieu.

C’est cette affirmation qui va nous guider en cette rentrée : elle est la base du livret de méditations que nous vous proposons de suivre pendant 5 semaines, seul et en église (au culte, en petits groupes, à deux…). Alors pendant 5 semaines, on va explorer cette vocation ensemble – la méditer, la discuter, l’imaginer, la prier… Qu’est-ce que ça veut dire, pour l’église, pour chacun, être sel de la terre ?

Alors en ce début de campagne, je n’ai pas les réponses au quoi ni au comment, mais j’aimerais qu’on s’attarde sur le « pourquoi ». Pourquoi, aux yeux de Dieu, sommes-nous sel de la terre ?

          Parce que le monde en a besoin

Réponse presque automatique : parce que la terre en a besoin. L’avertissement de Jésus (un sel sans goût sera jeté) peut nous effrayer, mais il est surtout là pour nous montrer à quel point ce qu’il dit est sérieux. Cette vocation est incontournable – parce que le monde en a besoin. Être salé n’est pas facultatif pour le sel… parce que le pain en a besoin ! L’enjeu dépasse notre nombril ou nos envies… C’est un besoin mondial.

De quoi le monde a-t-il besoin ? LA question ! Paix, amour, justice,… Notre monde en dérive, secoué par des crises diverses : la crise sanitaire est peut-être la plus médiatisée, mais le moindre bulletin d’informations nous suggère tellement de souffrances & de dysfonctionnements – sur le plan économique, social, sociétal, psychologique, écologique, politique, physiologique, (pause – inspirer) et caetera… Nous le voyons à grande échelle, et sur le plan individuel aussi : nos contemporains sont malheureux – épuisés, dans un système où il faut toujours plus, être efficace, aller vite, ne faire aucune erreur (jamais), et être toujours le meilleur de soi.

Derrière ces dynamiques, le besoin de prouver notre valeur ou de trouver notre place, de savoir où on va et pourquoi. Ces questions sont légitimes, et on se les pose tous plus ou moins – mais qu’est-ce que c’est dur quand on n’a même pas un début de réponse. Quand on se raccroche à des substituts articifiels et vains… comme l’argent ou le nombre de voyages effectués, la quantité de muscles ou le tour de taille, le nombre de like sur notre réseau préféré… Il existe d’autres substituts, moins superficiels : trouver le sens de sa vie dans son activité professionnelle, dans sa famille, dans son engagement (amical, associatif ou même à l’église !) – ce sont des préoccupations légitimes mais qui se déforment quand on mise tout dessus : quand toute notre identité s’appuie sur notre performance scolaire ou sportive, sur nos amis, sur le rapport aux enfants, sur la place au travail…

Nos contemporains ont besoin d’amour, quelque soit la forme de leur recherche – nous avons besoin d’amour et de reconnaissance. D’espérance et de sens. Des soifs que seul Dieu peut étancher : lui qui aime sans limite, qui invente des nouveaux chemins, qui est infatigablement fidèle.

          Pourquoi nous ? Un sel AOC

Bon, que Dieu donne du goût au monde, ça se tient ! Que son amour soit l’ingrédient qui manque pour que le plat soit parfaitement assaisonné, ça se tient ! Mais quel rapport avec nous, les disciples de Jésus, les chrétiens ? Nous qui nous trouvons souvent dans les mêmes travers ! Etre chrétien donnerait-il la solution à tout ?

Il y a eu de ces réponses arrogantes : « nous les chrétiens nous savons, les autres se perdent. Allons les sauver par notre bonne parole. » Des siècles d’histoire de l’église ou dix minutes d’introspection nous rattrapent : non, nous ne sommes pas meilleurs ! Et Dieu le sait très bien !

Alors pourquoi Jésus dit-il que nous sommes le sel du monde, alors que c’est très clairement à travers lui que Dieu donne le salut dont nous avons tant soif ?

Parce que notre connexion à lui nous donne du goût : c’est dans la mesure où nous nous attachons à lui, où nous nous enracinons en Dieu par Jésus dans l’Esprit, que nous trouvons amour, sens et espérance. Et ce goût se partage ! mais pour qu’il soit goûteux, il faut qu’il soit AOC, d’appellation origine contrôlée. C’est l’origine qui garantit le goût ! C’est dans la mesure où nous sommes connectés à Dieu, nourris et abreuvés par lui, que nous pouvons transmettre autour de nous. Le sel ce n’est pas nous, soyons humbles : c’est ce que Dieu fait en nous et à travers nous. Son œuvre, ses transformations, sa sagesse, sa vertu, son courage, sa générosité – concrétisés dans notre vie – voilà qui peut interpeller le monde !

Alors le monde, c’est grand ! mais ce n’est pas à moi, individuellement, de saler le monde – l’Eglise dans le monde entier relève ce défi. Mais c’est un défi grandiose qui passe forcément par chacun, là où il est, à sa mesure, dans son contexte. L’Eglise mondiale est sel de la terre, l’église locale est sel de sa ville, je suis / vous êtes sel de votre réseau.

Créés pour participer

Vous êtes le sel de la terre… Jésus affirme à la fois une identité et une mission. Une identité missionnaire.

Est-ce qu’on a le choix ? est-ce qu’on peut dissocier les deux, l’identité et la mission ? oui et non. Oui, on peut être sauvé sans rayonner beaucoup. On peut en rester à une foi privée qui nous réconforte, nous encourage, nous aide à avancer. Je crois que dans sa grâce, Dieu nous sauve à travers l’œuvre de Jésus, qui vaut pour nous quand nous croyons – nos manques ne nous sépareront pas de l’amour de Dieu.

Mais c’est tellement dommage ! Parce que Dieu a un projet bien plus ambitieux ! Et ce depuis le début, avant même la chute, bien avant les dysfonctionnements et les travers de notre humanité. Dès le départ, dès la conception du projet « Terre », Dieu a décidé que l’humanité serait sel de la terre. C’est l’ingrédient secret dans sa recette cosmique. L’humanité donnerait du goût au monde – en veillant à son harmonie, à son équilibre, en partageant ce qu’elle recevrait de Dieu, en cultivant et en créant à son tour.

Dès la première minute de l’humanité, l’identité que Dieu donne s’assortit d’une mission. Adam & Eve doivent cultiver & garder le jardin. Après la chute, plan B pour rejoindre l’humanité – par le biais d’Abraham & de ses descendants, le peuple d’Israel : appelés à recevoir la bénédiction de Dieu et à être bénédiction pour les nations. Jésus est celui qui nous révèle Dieu, mais le salut qu’il nous offre ne se trouve pas seulement dans la joie de contempler Dieu : c’est par ses actions qu’il nous a bénis. Et l’Eglise, à sa suite, elle adore et sert Dieu, mais cet amour envers Dieu conduit naturellement à servir l’autre, avec générosité et compassion. Si vous ne me croyez pas, relisez les Evangiles.

Nous avons été créés pour avoir du goût et en donner. Loin de Dieu, la vie devient fade ou déséquilibrée. Lorsqu’il nous rejoint à travers Jésus, Dieu restaure cette identité missionnaire qui est la nôtre depuis toujours, indissociable : recevoir son amour et l’offrir à notre tour.

          Saler, en toutes circonstances

Un mot sur le contexte qui est le nôtre. La crise que nous traversons nous secoue, secoue nos certitudes et nos habitudes. Nous sommes perdus. Alors beaucoup ont décidé de revenir à l’essentiel, de lâcher le superflu pour se recentrer sur les fondements, le solide, sur ce qui est stable en ces temps d’incertitude. Et c’est très bien !

Mais en tant que chrétiens, si on se centre sur l’essentiel – et je prie pour qu’on se centre sur l’essentiel ! – ce ne sera pas stable. Parce que notre Dieu est un Dieu en mouvement, un Dieu qui agit, et un Dieu qui nous envoie. Qui nous fait participer à ses projets – qu’il pleuve ou qu’il vente ! La façon de faire, il faudra l’adapter. Mais le cœur de notre vocation : il reste vrai – nous sommes sel de la terre. En ces temps d’incertitude, notre vocation n’est pas incertaine : nous sommes sel de la terre.

Alors deux encouragements.

Quand Jésus ressuscité demande aux disciples de partager l’espérance qu’on trouve en Dieu, les temps ne sont pas meilleurs qu’aujourd’hui. Persécution, famine, incompréhensions… Si les disciples avaient attendu que ça se calme avant de témoigner, personne ne connaîtrait Jésus aujourd’hui.

Et comment ont-ils réussi ? Ils ont tâtonné, mais ils y sont allés. Alors comment ? Avec l’aide du Saint Esprit. Mais nous aussi, nous avons le Saint Esprit ! L’Esprit de Dieu, souverain, maître de tout, que rien ne déstabilise – c’est lui qui nous envoie et nous accompagne. Alors par nos propres forces, nous ne pouvons rien faire – en temps de covid comme en temps normal. C’est avec Dieu, enracinés en lui, nourris et inspirés par lui, que nous trouvons notre espérance, notre force, et que nous pouvons en témoigner.

L’objet de cette campagne, c’est de revenir à Dieu, ensemble. Peut-être que vous ne vous sentez pas très salés, ou que vous avez glissé loin de Dieu. Peut-être que vous vous sentez bloqués par une difficulté ou un manque. Ou peut-être que vous êtes démunis devant l’avenir. Profitons de ces quelques semaines pour nous recentrer sur Dieu et sur ce qu’il nous appelle à vivre. Laissons-nous questionner, interpeller, bousculer, inspirer, pour mieux le retrouver et mieux le suivre. Car c’est lui, notre créateur, notre sauveur, notre père, c’est lui qui nous garantit amour, espérance et joie, quoi qu’il arrive.

EEL Toulouse – Campagne de rentrée 2020