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Accueillir

 

Au début du chapitre 10 de l’Evangile de Matthieu, Jésus choisit les 12 apôtres. Ensuite il les envoie et leur donnant des instructions, des conseils et des avertissements. Et leur tâche ne sera pas facile : elle se heurtera à des résistances et de l’opposition (Jésus parle même de persécution). Tout comme ce fut le cas pour Jésus…

On pourrait se dire, au premier abord, que puisque nous ne faisons pas partie des 12 apôtres, nous ne sommes pas vraiment concernés par ce que Jésus leur dit. Ou alors seulement de façon indirecte… Mais il en va autrement des tout derniers versets de ce chapitre, qui nous concernent beaucoup plus directement.

Matthieu 10.40-42
40 Celui qui vous accueille m’accueille ; celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. 41 Celui qui accueille un prophète parce qu’il est prophète, recevra la récompense accordée à un prophète ; et celui qui accueille quelqu’un de fidèle à Dieu parce qu’il est fidèle, recevra la récompense accordée à un fidèle. 42 Je vous le déclare, c’est la vérité : la personne qui donne même un simple verre d’eau fraîche à l’un de ces petits parmi mes disciples, parce qu’il est mon disciple, recevra sa récompense. »

Vous connaissez sans doute ce jeu qui consiste à disposer des dominos les uns à côté des autres pour les faire tomber par une réaction en chaîne à partir d’un seul domino initial. Le record du monde est de 4 491 863 dominos renversés à partir d’un seul domino initial !

C’est un peu par le même effet que ce texte nous rejoint. A partir des 12 premiers “dominos” (les apôtres), tous les dominos de l’Eglise, depuis 2000 ans, ont été atteints. L’Evangile que nous avons reçu aujourd’hui nous relie à la chaîne ininterrompue qui remonte jusqu’aux 12 apôtres, et par eux, au Christ lui-même. Il est, lui, le domino initial…

Les 39 premiers versets de ce chapitre nous concernaient, certes, mais de manière indirecte, puisque les paroles de Jésus étaient adressées aux apôtres qu’il a choisi et envoyé. Par contre, les trois versets que nous avons lus nous concernent directement. En effet, ce ne sont pas les apôtres qui sont concernés par ces paroles mais ceux qui vont les accueillir, ou ceux qui vont accueillir ceux qui les ont accueillis… et donc, au bout de la chaîne, par un effet domino, nous-mêmes.

Accueil / récompense… que dit Jésus ?

Il y a de quoi être surpris, au premier abord. Les paroles de Jésus associent deux idées qu’on n’aurait pas forcément l’idée d’associer, surtout dans la perspective de l’Evangile : l’accueil et la récompense. On n’imagine pas une seconde que Jésus soit en train de dire que nous devons entrer dans une course aux médailles spirituelles, en recherchant des récompenses. D’ailleurs, comment notre accueil serait-il sincère et authentique s’il est calculé ? Si notre motivation n’est pas vraiment l’accueil mais l’accumulation de bons points, n’est-ce pas de l’hypocrisie ? Et Jésus ne peut pas être en train d’encourager l’hypocrisie…

Qu’est-ce que Jésus dit de l’accueil ?

D’abord qu’on accueille toujours plus que celui ou celle qu’on accueille… C’est le fameux effet domino. En accueillant un prophète, un fidèle ou un disciple, les trois catégories de personnes évoquées ici, c’est le Christ lui-même qu’on accueille, d’une certaine manière. Et cela donne évidemment une grande valeur à toute démarche d’accueil.

Ensuite, Jésus souligne que l’accueil doit être adapté à chacun : on accueille un prophète “parce qu’il est prophète” ou “en sa qualité de prophète” (NBS, TOB). Il s’agit d’accueillir chacun pour ce qu’il est. Le véritable accueil est personnalisé.

Enfin, Jésus termine en soulignant que l’accueil est à la portée de tous. Il commence par un simple verre d’eau fraîche…

Qu’est-ce que Jésus dit par ailleurs de la récompense ? Essentiellement, que la récompense est proportionnée à l’accueil. En accueillant un prophète, on reçoit la récompense d’un prophète. De même quand on accueille un fidèle (un juste) ou un disciple.

Evidemment, on se demande alors qu’est-ce que la récompense d’un prophète ? Et celle d’un fidèle (un juste) ou d’un disciple ? D’autant que la “récompense” que Jésus promet à ces derniers, dans les versets qui précèdent, n’est pas forcément enviable. Il y est surtout question d’hostilité et d’adversité… En fait, il me semble que, par définition, un prophète, un juste ou un disciple ne cherchent pas de récompense. Ils cherchent simplement à être fidèle à la mission qu’ils ont reçue de Dieu. Le prophète cherche à transmettre fidèlement le message que Dieu lui a confié. Le juste cherche à être fidèle aux commandements de Dieu. Le disciple cherche à suivre fidèlement son maître. Et leur récompense, c’est d’y arriver.

On pourrait donc se demander si la récompense n’est pas, finalement, dans l’accueil lui-même. Et dans le fait d’accueillir le Christ lui-même à travers ses disciples. Dans le fait d’être associé à la mission du prophète qu’on accueille. Et plus largement, dans le fait d’être enrichi par l’autre qu’on accueille comme il le mérite.

Accueillir aujourd’hui

Bien-sûr, ces versets concernent d’abord l’accueil réservé aux disciples. S’ils ont une mission difficile à accomplir, qui les expose à des épreuves, Jésus veut aussi qu’ils sachent qu’à travers eux, c’est lui-même qui est accueilli. Et ça valorise leur mission. Aux yeux de Dieu, ils sont bel et bien ses représentants. C’est déjà leur récompense !

Mais il me semble qu’on peut tirer des leçons plus générales pour nous, qui sommes appelés à accueillir. Je les résumerais en deux affirmations complémentaires :

  • L’accueil est d’abord une affaire de regard.
  • La qualité de notre accueil dépend de la valeur qu’on donne à celui qu’on accueille.

Loin de nous pousser à la recherche de “bons points” ou de récompenses, pour ici-bas ou l’au-delà, cette double affirmation, qui découle des paroles de Jésus, nous invite à la gratuité. La récompense n’est-elle pas dans l’accueil lui-même, dans la rencontre de l’autre ?

Qu’est-ce que le salut par grâce, sinon Dieu qui nous accueille alors que nous ne méritons pas d’être accueillis ? Et son accueil montre combien nous avons de la valeur à ses yeux. Il a donné son Fils, mort et ressuscité, pour que nous soyons pleinement accueillis auprès de Dieu. Comme Dieu se réjouit du salut qu’il nous offre, nous sommes invités à découvrir la joie de l’accueil gratuit.

L’accueil est d’abord une affaire de regard.

Le souci de l’accueil ne se résume pas aux sourires et aux paroles de bienvenues de l’équipe d’accueil le dimanche matin au culte, aussi importants soient-ils ! Il nous concerne tous… Et en matière d’accueil, avant d’interroger le faire, il s’agit d’interroger l’être. Avant de se concrétiser dans des paroles ou des gestes, l’accueil est d’abord une question de posture par rapport à celui qu’on accueille.

Le souci d’accueil interroge le regard que nous portons les uns sur les autres. L’enjeu, c’est notre écoute, notre présence, notre absence de jugement… non seulement le dimanche mais tous les jours de la semaine.

Plus nous nous exposerons au regard de grâce de Dieu manifesté en Jésus-Christ, plus nous serons capables à notre tour d’adopter ce regard empreint de grâce sur notre prochain, quel qu’il soit.

La qualité de notre accueil dépend de la valeur qu’on donne à celui qu’on accueille.

Le souci de Jésus, à la fin de son discours d’envoi en mission des ses apôtres, est de souligner la valeurs qu’ils ont à ses yeux. Oui, ils vont traverser des épreuves, ils vont rencontrer l’adversité et l’hostilité. Mais Jésus sera avec eux, à chaque instant. Si bien que ceux qui les accueilleront accueilleront le Christ lui-même.

Je trouve que ce dont on manque beaucoup aujourd’hui, c’est justement ce souci de valoriser l’autre. Alors que tout aujourd’hui nous pousse plutôt à la compétition les uns avec les autres, depuis tout petit. Avec le système des notes à l’école, les concours pour entrer dans les grandes écoles, les évaluations professionnelles pour gravir les échelons, la publicité qui pousse à la consommation et entretien l’insatisfaction, les réseaux sociaux où tout est affaire de nombre de likes et de followers…
Dans un système compétitif, on ne cherche pas à valoriser l’autre mais à l’écraser, ou du moins à le devancer ou le supplanter. Et c’est une dynamique qui tend à déshumaniser. Ce n’est pas un hasard si l’Evangile veut renverser un telle dynamique en invitant au service, qui valorise l’autre, à chercher à être non pas le premier mais le dernier, à être moins celui qui cherche à se mettre en avant qu’à être celui qui valorise les autres.

C’est un vrai défi. Et même une lutte… Mais n’oublions pas qu’accueillir vraiment, c’est valoriser celui qu’on accueille, lui montrer qu’il compte pour nous. Comme le Christ nous accueille et nous montre que nous avons de la valeur à ses yeux.

Conclusion

Comme l’affirme l’épître aux Hébreux, à propos de l’hospitalité, qui est une forme concrète d’accueil, “en la pratiquant, certains ont accueilli des anges sans le savoir.” (Hb 13.2). Jésus va encore plus loin ici. En accueillant des prophètes en tant que prophète, des justes en tant que juste, et même en accueillant le plus petit des disciples avec un simple verre d’eau fraîche, c’est le Christ lui-même que nous accueillons. Quelle récompense !

Être prêt à accueillir un prophète, un juste ou un disciple, c’est être prêt à accueillir Jésus-Christ lui-même. C’est avoir conscience qu’au-delà du plus petit de nos prochains, il peut y avoir le Christ qui vient à notre rencontre.

Alors comme Dieu se réjouit du salut qu’il nous offre, de son accueil gratuit en Christ, nous sommes invités à découvrir la joie de l’accueil gratuit. Finalement, dans tout accueil, la récompense, c’est l’accueil lui-même, et la joie qui en découle…

Rendez-vous avec Dieu

Dieu nous a créés pour nous aimer, alors il nous rejoint et nous parle. Mais comment cela se passe-t-il ? Quelles sont les conditions d’un « rendez-vous » avec Dieu ? La Bible nous donne bien des exemples de ces rendez-vous divins, et j’aimerais m’arrêter avec vous sur l’un des plus anciens.

Presque 2000 ans avant Jésus-Christ, le fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham, Jacob, doit fuir de chez lui, à Beershéba, car son frère le déteste à mort – il faut dire que Jacob a usurpé son héritage, avec force manipulations et mensonges. Jacob s’enfuit donc à Haran, le village de sa mère.

Lecture biblique : Genèse 28.10-22.

10 Jacob quitta Berchéba pour se rendre à Charan. 11 Il s’installa pour la nuit, là où le coucher du soleil l’avait surpris. Il prit une pierre pour la mettre sous sa tête et se coucha en ce lieu. 

12 Il fit un rêve : une échelle était dressée sur la terre et son sommet atteignait les cieux. Des anges de Dieu y montaient et y descendaient. 13 Le Seigneur se tenait devant elle et disait à Jacob : « Je suis le Seigneur, le Dieu de ton grand-père Abraham et le Dieu d’Isaac. La terre où tu es couché, je la donnerai à toi et à tes descendants. 14 Tes descendants seront aussi nombreux que les grains de poussière du sol. Vous étendrez votre territoire vers l’ouest et vers l’est, vers le nord et vers le sud. À travers toi et tous tes descendants, toutes les familles de la terre seront bénies. 15 Je suis avec toi, je te protégerai partout où tu iras et je te ramènerai dans ce pays. Je ne t’abandonnerai pas, je ferai tout ce que je t’ai promis. »

16 Jacob s’éveilla et dit : « Vraiment le Seigneur est dans ce lieu-ci, mais je ne le savais pas ! » 

17 Il eut peur et déclara : « Comme ce lieu est redoutable ! C’est vraiment la maison de Dieu et la porte des cieux ! » 

18 Il se leva tôt. Il prit la pierre qui avait été sous sa tête, la dressa comme une stèle et versa de l’huile en onction sur son sommet. 19 Il appela ce lieu Béthel, ce qui veut dire “maison de Dieu” – auparavant le nom de la localité était Louz. 

20 Jacob prononça ce vœu : « Si le Seigneur est avec moi et me protège sur ma route, s’il me donne de quoi manger et m’habiller, 21 si je reviens sain et sauf chez mon père, alors le Seigneur sera mon Dieu. 22Cette pierre que j’ai dressée comme une stèle sera une maison de Dieu ; et c’est à lui que je donnerai le dixième de tout ce qu’il m’accordera. »

Un Dieu de promesse

Dieu se révèle à Jacob dans un rêve qui tient plus de la vision/révélation que de l’imaginaire de Jacob. Cette échelle, qui relie le ciel à la terre, souligne la relation entre le monde spirituel et notre monde terrestre : Dieu est en lien avec nous et il s’implique dans notre vie. Il le prouve par ses promesses à Jacob, qui reprennent en fait les mêmes promesses qu’à Abraham : devenir un peuple, habiter un pays, vivre une relation avec Dieu si riche qu’elle fera du bien à l’entourage. Abraham, son fils Isaac, et maintenant le petit-fils Jacob, portent cette promesse de Dieu jusqu’à la création du peuple d’Israël, à partir des douze fils de Jacob.

Dieu est un Dieu de promesse : quand il se révèle, 9 fois sur 10, c’est pour promettre. Pour offrir, pour évoquer un avenir plein d’espoir et de possibilités, pour encourager et soutenir. Et contrairement à certains, il tient ses promesses ! La suite du récit le montrera.

Mais Dieu n’est pas au bout de ses promesses ! Tout au long de l’histoire biblique, ses promesses se précisent et s’allongent, jusqu’à nous rejoindre. Par le Christ qui nous réconcilie avec lui, Dieu nous promet de vivre avec nous, de faire de nous son peuple bien-aimé, un peuple identifié non par les gènes mais par la foi, pour vivre dans un monde de justice, et en attendant, une vocation : transmettre son amour à ceux qui nous entourent.

Rendez-vous en terre inconnue

Le texte insiste sur le côté ordinaire du lieu, loin des ornements d’un temple de l’époque. Près de la route, de nuit, un homme qui dort – ça ne fait pas très sacré ! Mais Dieu s’y révèle, il habite cet endroit et ce moment. Pour lui, rien de profane : il peut se révèler n’importe où n’importe quand, car il est Dieu, il n’est pas contenu par des murs ou des protocoles. Cette liberté de Dieu impressionne Jacob : « quoi ! Dieu était là, et je ne le savais pas ! »

Ca paraît naïf, pourtant nous aussi, nous avons nos lieux ordinaires, profanes, où nous n’imaginons pas Dieu se révéler. Dans le bus ? Dans une réunion de travail ? A l’école ou en sortie avec des amis ? Or aucun lieu aucun moment aucune occasion ne peut mettre Dieu dehors. Il est là – et nous ne le savons pas… Ou alors nous l’oublions ! Un des défis réguliers du croyant, c’est de prendre conscience à nouveau que Dieu est présent partout et tout le temps – pas seulement au culte, pendant qu’on chante des louanges ou qu’on prie. Plus on en prend conscience, plus on peut recevoir ce que Dieu veut nous dire.

Mais le plus surprenant dans ce rendez-vous, c’est à qui Dieu se révèle. Jacob est un manipulateur au caractère douteux. A ce moment-là, en fuite – au point qu’il a préféré passer la nuit dehors que chercher hospitalité à Louz, la grande ville qui est tout près. Il est isolé et vulnérable (Jacob demandera d’ailleurs protection et provision à Dieu) : et c’est à ce moment-là, quand il est en galère, que Dieu se révèle. C’est tellement Dieu ! Tout le monde peut investir sur quelqu’un qui est au top de sa forme… Mais Dieu vient à nous, même quand nous sommes tout en bas. Ce secours immérité, c’est la grâce de Dieu, visible ici, visible en Jésus-Christ, qui offre son amour non pas aux bien-portants, mais aux malades, à ceux qui ont besoin de lui, encore aujourd’hui.

Mémoire et engagement

Dieu nous rejoint, il nous parle, il nous tend la main… et… que se passe-t-il ensuite ? Jacob réagit en 3 temps : après la surprise, il dresse une pierre en mémoire de cette rencontre. Il donne aussi un nom à ce lieu – pratique courante à l’époque : c’est « la maison de Dieu », parce que Dieu est présent ici, il se révèle. Enfin, Jacob fait lui aussi une promesse, sous forme de vœu : « si Dieu fait tout ça et que je reviens sain et sauf, alors oui, il sera mon Dieu et je lui offrirai 10% de mes biens ». (L’escroc deviendrait-il généreux ?)

Ce vœu peut étonner : certains y voient une réponse positive sous forme de promesse, comme on souscrirait à un contrat ; d’autres y voient une petite négociation, comme si Jacob ne faisait pas confiance à Dieu. C’est difficile de trancher, mais même si les intentions de Jacob ne sont pas tout à fait droites, en réalité ça ne change rien : Dieu n’attend pas que nous ayons tout réglé pour faire route avec nous. Il nous prend, avec nos ambiguïtés et nos ambivalences.

Et puis, que la réponse de Jacob soit ambiguë ou pas, c’est une réponse ! Une réponse de mémoire et d’engagement. Nos rendez-vous avec Dieu appellent une réponse de notre part. Alors, il y a le baptême, comme dans l’histoire du fonctionnaire éthiopien, un geste visible qui montre, plus ou moins au début du chemin de foi, que oui, nous avons rencontré Dieu personnellement, et que nous voulons le suivre, malgré nos ambivalences. On se lance, comptant sur les promesses de Dieu !

Mais dans notre cheminement, il y aura d’autres rendez-vous avec Dieu, des rendez-vous grandioses, presque mystiques, à côté de rendez-vous plus ordinaires : les cultes, des textes bibliques lus chez soi, des discussions ou des prises de conscience… Qu’en fait-on ? Il ne s’agit pas bien sûr de tomber dans la pression de la performance, pour gravir des échelons, mais de laisser nos temps avec Dieu avoir un impact sur notre vie.

C’est particulièrement vrai aujourd’hui, où beaucoup d’offres existent, où nous consommons des contenus médiatiques ou des expériences : on voit/on écoute/on lit, on « aime », on passe à autre chose. Même si l’infusion spirituelle a du bon, elle peut rester superficielle. On peut connaître par cœur des centaines de versets ou de chants, sans avoir mûri spirituellement depuis des années.

Sans être un remède miracle, la démarche de Jacob peut nous inspirer : d’abord, prendre le temps de « faire mémoire », même si ça vient juste d’arriver – par exemple, écrire dans un journal nos réflexions, ou bien prolonger ce que nous avons reçu en une prière, même courte. Et pour aller plus loin, dans l’engagement, se demander comment ce qui vient d’être vécu peut changer ma vision des choses ou mon comportement. On peut le noter ou en parler avec un proche, pour pouvoir y revenir.

Au lieu de voguer passivement de moment en moment, l’idée c’est d’ouvrir un espace, un temps, pour l’impact. Et parfois ce sera un peu sec, on aura l’impression de n’avoir rien à retirer – et ce n’est pas si grave ! Mais intégrer un peu plus mémoire et engagement dans notre vie spirituelle, même si ça semble artificiel parfois, nous aidera à ne pas rater les moments à fort potentiel, qui deviendront peut-être des étapes importantes de notre vie. Tout lieu, tout moment, tout rendez-vous avec Dieu, si ordinaire soit-il, peut s’illuminer d’une révélation et d’une promesse – alors que Dieu nous apprenne à les recevoir !