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Infiniment grand ! (A nul autre pareil 1/4)

Comme j’en ai l’habitude, je vous propose une petite série estivale pour nous guider pendant les cultes de juillet. Inspirée par un livre que j’ai commencé récemment, je vous propose de méditer quatre qualités de Dieu.

Selon les récits de création qu’on trouve au début de la Bible, Dieu en créant le monde, a donné à l’être humain une place particulière : il l’a créé à son image. Nous sommes faits pour lui ressembler, pour le représenter dans le monde. Lorsque nous créons, agissons, pensons, aimons, parlons, rêvons… nous imitons Dieu et nous le représentons dans le monde. Lorsque nous sommes justes, dans la vérité, avides de pureté et de bien, pacifiques et patients, nous imitons Dieu et nous le représentons dans le monde… Il est bon de méditer sur la façon dont nous pouvons refléter Dieu dans le monde : cela nous inspire pour être et agir en image de Dieu.

Mais Dieu a aussi des qualités qui n’appartiennent qu’à lui, des caractéristiques que nous ne pourrons jamais imiter ou égaler – et il est bon aussi de méditer sur ce qui fait que Dieu est Dieu, qu’il est Dieu et pas un être humain, et sur la perspective que cela apporte à notre vie de croyants.

Je commence avec une caractéristique de Dieu que nous venons de chanter : il est grand. Infiniment grand. Pour nous lancer dans cette méditation, je vous invite à lire le psaume 145, une prière juive attribuée au roi David. Petite remarque avant de lire : les mots étranges avant chaque verset correspondent aux lettres de l’alphabet hébreu – l’auteur a voulu écrire un acrostiche, comme s’il voulait décrire la grandeur de Dieu de A à Z…

Lecture biblique : Psaume 145           

1 Louange. De David.

Alef

Mon Dieu, mon roi, je t’exalterai
et je bénirai ton nom à tout jamais.

2 Beth

Tous les jours je te bénirai
et je louerai ton nom à tout jamais.

3 Guimel

Le SEIGNEUR est grand, comblé de louanges ;
sa grandeur est insondable.

4 Daleth

D’une génération à l’autre on vantera tes œuvres,
on proclamera tes prouesses.

5

Je répéterai le récit de tes miracles,
la gloire éclatante de ta splendeur.

6 Waw

On dira la puissance de tes prodiges
et je raconterai tes hauts faits.

7 Zaïn

On célébrera le souvenir de tes immenses bienfaits,
on acclamera ta justice.

8 Heth

Le SEIGNEUR est bienveillant et miséricordieux,
lent à la colère et d’une grande fidélité.

9 Teth

Le SEIGNEUR est bon pour tous,
plein de tendresse pour toutes ses œuvres.

10 Yod

Toutes ensemble, tes œuvres te loueront, SEIGNEUR,
et tes fidèles te béniront.

11 Kaf

Ils diront la gloire de ton règne
et parleront de ta prouesse,

12 Lamed

en révélant aux hommes tes prouesses
et la gloire éclatante de ton règne.

13 Mem

Ton règne est un règne de tous les temps,
et ton empire dure à travers tous les âges.

Noun

Dieu est véridique,
fidèle en tous ses actes.

14 Samek

Le SEIGNEUR est l’appui de tous ceux qui tombent,
il redresse tous ceux qui fléchissent.

15 Aïn

Les yeux sur toi, ils espèrent tous,
et tu leur donnes la nourriture en temps voulu ;

16

tu ouvres ta main
et tu rassasies tous les vivants que tu aimes.

17 Çadé

Le SEIGNEUR est juste dans toutes ses voies,
fidèle en tous ses actes.

18 Qof

Le SEIGNEUR est proche de tous ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent vraiment.

19 Resh

Il fait la volonté de ceux qui le craignent,
il écoute leurs cris et les sauve.

20 Shîn

Le SEIGNEUR garde tous ses amis,
mais il supprimera tous les infidèles.

21 Taw

Ma bouche dira la louange du SEIGNEUR,
et toute chair bénira son saint nom,
à tout jamais !

Ce qui ressort du texte : une grandeur insondable

Cette prière mêle les affirmations sur Dieu (il est…) et l’invitation à l’acclamer, à le louer sans fin – personnellement mais aussi en tant que communauté. Et ce qui ressort, c’est vraiment cette impression de grandeur, cette grandeur de Dieu qui est insondable (c’est-à-dire qu’on ne peut pas l’explorer jusqu’au bout) elle est sans fond, sans fin.

L’infinie grandeur de Dieu se laisse deviner dans la création – et nombreux sont ceux qui aiment contempler la nature au sens large pour méditer sur le Créateur… Didier nous a fait voyager dans l’infiniment grand avec les étoiles et les galaxies ; on pourrait tout autant s’émerveiller de l’infiniment petit avec les cellules, les atomes… imaginez-vous que rien que dans votre système digestif, on trouve une petite galaxie de 40 milliards de bactéries… Sans oublier l’incroyable diversité qui caractérise notre planète : au niveau minéral, végétal, animal… [70 espèces de menthes ; un nouvel animal sous-marin découvert à chaque excursion de quelques minutes de plongée en Méditerranée… et jusqu’aux décimales du nombre Pi, estimées récemment à 10 000 Milliards par une équipe japonaise…] Cela nous donne une (minuscule) idée de ce qu’est l’infini de Dieu : infini dans le temps, infini dans l’espace, sans limites aucune… Ca donne le vertige !

https://www.youtube.com/watch?v=1VOXpmqtze4

Le psaume 145 met particulièrement en avant la grandeur de Dieu dans sa puissance (il est capable de tout, dans le bon sens du terme) et dans sa bonté, son amour. L’auteur parle même de prodiges : Dieu est prodigieux ! incroyable ! Tout ce qu’il fait ou met en place est prodigieusement intelligent, harmonieux, bon et beau…  La création le montre, mais l’ensemble de ceux qui ont une relation avec Dieu par la foi en sont particulièrement témoins.

Et vient l’acclamation, qu’on ne peut dire sans une pointe de surprise : aussi grand soit-il, Dieu, le grand Dieu, le Dieu de l’infini… est proche de ceux qui l’appellent. Il rejoint ceux qui le cherchent. Ce Dieu si grand n’a pas perdu le compte de ceux qu’il aime, il veille avec fidélité sur eux. Encore un vertige : plus de 7 milliards d’humains sur terre et dans cette foule, Dieu vous voit et vous rejoint…

Si Dieu est infini, qu’est-ce que ça implique dans notre façon de penser à lui, et d’être avec lui ?

Si Dieu est infini, alors nous ne pouvons nous lasser de Dieu. Vous avez sûrement dans votre vie des choses qui vous lassent, et d’autres qui vous émerveillent sans fin : une chanson que vous écoutez en boucle, un film que vous regardez à chaque Noël, un tableau chez vous qui vous étonne toujours autant par sa beauté, un paysage même (voire votre jardin) que vous aimez contempler jour après jour en y voyant toujours de nouvelles nuances. Si de telles choses ne nous lassent pas, alors Dieu !… Il est infiniment harmonieux, infiniment agréable, infiniment lumineux, d’une splendeur aux infinies nuances ! Pour l’auteur du psaume, même en plusieurs siècles on ne saurait tout dire ! Tout chanter ! Remarque en passant : la louange, ce n’est pas que le chant, c’est d’abord cette capacité à nous émerveiller de Dieu et à le lui montrer, avec tout ce que nous sommes – par nos paroles, nos pensées, notre silence admiratif, mais aussi nos choix de vie, nos actes et nos projets.

Si Dieu est infini, alors on ne peut pas le classer. On ne peut pas le mettre dans une boîte, bien étiquetée, bien rassurante. Non, par définition, il dépasse notre vue, notre imagination – impossible d’en faire le tour, même en pensée !

Par notre lecture et méditation de la Bible, par l’observation de la nature, par la réflexion, ou par nos expériences personnelles, nous avons appris des choses sur Dieu : pour ma part, du haut de mes 33 ans, je peux dire que Dieu m’a protégée dans le danger, est patient devant mes fautes, a ouvert des possibilités là où tout semblait bouché. Ca rejoint totalement ce que je lis dans la Bible de la puissance de Dieu, de son pardon constamment renouvelé, de sa créativité inimaginable. Et vous, dans votre lecture de la Bible, dans vos réflexions et vos expériences, qu’avez-vous appris sur Dieu ?

Ce que nous savons de lui est un trésor. Mais comme tous les trésors, on peut en abuser et vouloir le posséder, le capitaliser, le rentabiliser. Or le trésor de ce que nous savons de Dieu n’est qu’une pépite dans les merveilles qui le caractérisent… Nous rappeler que Dieu est infini nous pousse à l’humilité : il ne nous appartient pas, nous lui appartenons !

A cet égard, le v.19 pourrait nous faire tiquer [Il fait la volonté de ceux qui le craignent,
il écoute leurs cris et les sauve] : est-ce vraiment vrai ? Si ça l’était, ce serait presque dangereux… Imaginez que Dieu soit esclave de mes prières, de vos prières et exécute vos moindres volontés… A mon avis, ce verset affirme avec force le fait que Dieu écoute chacun de nos prières, la prend en compte et agit pour nous faire avancer sur son chemin, vers le meilleur.

Mais ce meilleur, parfois nous ne le voyons pas. Parfois pris dans l’étau de nos limites personnelles, de notre myopie et de notre ignorance, nous doutons, oubliant que si Dieu est infini, alors toutes ses qualités sont infinies : sa puissance et sa bonté, oui, mais aussi sa sainteté, sa vérité, sa paix, et sa justice.

J’insiste sur sa justice… comme le psaume d’ailleurs ! [Le SEIGNEUR est juste dans toutes ses voies, fidèle en tous ses actes, v.17] Pourtant nous croyons parfois que nous ferions mieux ! Si nous étions Dieu, alors… plus de maladies, plus d’accident, plus de méchanceté, plus de catastrophes naturelles, etc. En disant cela, nous exprimons notre désarroi et notre souffrance devant le mal, et c’est légitime ! Mais parfois, parfois, peut-être quand nous sommes touchés personnellement par une épreuve (nous-mêmes ou un proche) nous nous risquons à imaginer que Dieu est injuste parce que nous ne comprenons pas pourquoi ces choses arrivent. Si nous tirions toutes les conséquences de cette présomption, nous devrions dire que si Dieu est injuste, alors il doit l’être infiniment. Et comment pourrions-nous dire qu’il est infiniment injuste tout en étant infiniment bon ? Ou alors il est infiniment mauvais, ou infiniment neutre ? La création, nos expériences ordinaires de Dieu ne semblent pas aller dans cette voie…

Certains liront le livre de Job pour digérer : un homme juste qui se récupère toutes les misères imaginables – et pourquoi ? Dieu finit par répondre, sans expliquer : il est plus grand que ce que Job peut imaginer. Lui seul, Dieu, a une vue d’ensemble. Son histoire nous rappelle que dans la souffrance et l’épreuve, nous nous cognons aux murs de nos propres limites, de nos doutes, de nos peurs. Pourtant notre point de vue est bien étroit, et nous ne savons que peu de choses de ce qui se passe vraiment.

Dans de tels moments, nous pouvons crier à Dieu notre souffrance, et lui demander de se montrer. Mais ce psaume de louange nous invite aussi à enraciner profondément en nous (déjà quand ça va bien) cette conviction que Dieu est juste, infiniment juste, et que dans nos limites, nous avons peut-être une vision trouble et partielle de ce que Dieu est en vrai. Job, impressionné, répondra avec humilité : « Maintenant que je t’ai vu, je n’ai plus qu’à me taire… » Osons parler (les psaumes invitent à exprimer toute la gamme de nos sentiments, de l’exubérance au désespoir, au doute et à la rage) mais prenons aussi en compte ces vérités sur Dieu : si Dieu est infini, il est infiniment juste et infiniment fidèle. Nous pouvons avoir confiance en lui.

Conclusion

Le v.20 [Le SEIGNEUR garde tous ses amis, mais il supprimera tous les infidèles] affirme que ceux qui se détournent de Dieu, ne pourront pas subsister ni tenir devant lui. C’est dur à lire ! Dur pour ceux qui ne connaissent pas Dieu, dur pour nous aussi… Bien que limités, nous avons plutôt l’impression d’être infiniment faillibles. Bien qu’aimant Dieu, nous savons que nous le trahissons.

Et c’est là que le mystère infini de la Bonne Nouvelle qu’est Jésus-Christ nous saisit. En lui, Dieu l’infiniment grand, s’est fait petit enfant. Puisque nous sommes incapables de l’atteindre, il vient nous rejoindre dans ce que nous sommes, avec nos limites et nos failles.  Eternel, il a enduré la mort. Infiniment juste, il a assumé nos injustices. Nos injustices à nous tous, sans limites. En Jésus, nous avons la preuve de l’infinie puissance, l’infinie bonté, et l’infinie justice de Dieu.

Romains 3.23-26 :

23 tous ont péché et tous sont privés de la gloire de Dieu. 24 Mais dans sa bonté, Dieu les rend justes gratuitement par Jésus-Christ, qui les libère du péché. 
25-26 Dieu l’a offert en sacrifice. Alors par sa mort, le Christ obtient le pardon des péchés pour ceux qui croient en lui. Ainsi Dieu a voulu montrer qu’il est toujours juste : il l’était autrefois, quand il a été patient et n’a pas puni les péchés des êtres humains. Mais il est juste aujourd’hui, puisqu’il veut à la fois être juste et rendre justes ceux qui croient en Jésus.

 

 

 

Pour aller plus loin, le livre qui a inspiré cette série

None Like Him: 10 Ways God Is Different from Us (And Why That’s a Good Thing), Jen Wilkin, Crossway books, 2016.

Qu’est-ce qui compte vraiment ?

 

Qu’est-ce qui compte vraiment ? C’est ce qui est au cœur de ma vie, ce sans quoi ma vie perdrait toute saveur, toute valeur. Est-ce que c’est ma famille, mes amis, mes proches ? Est-ce que c’est ma situation professionnelle, mon statut social ? Est-ce que c’est ce que j’ai construit de mes mains, ce que j’ai acquis à la sueur de mon front ?

Qu’est-ce qui compte vraiment ? C’est ce à quoi je consacre le plus de temps. C’est là où je mets mon argent. C’est ce qui occupe mes réflexions, mes projets, mes prières. C’est ce qui me fait vibrer, m’enthousiasme, me rend fier.

Qu’est-ce qui compte vraiment ? L’apôtre Paul répond à cette question ainsi : « ce qui compte c’est d’être une nouvelle créature. » (Galates 6.15).

Pour bien comprendre ce qu’il veut dire par là, je vous propose de commencer la lecture quelques versets auparavant :

Galates 6.11-18
11 Regardez ces grosses lettres : je vous écris de ma main ! 12 Ceux qui vous obligent à être circoncis, ces gens-là veulent se faire bien voir pour des raisons humaines. Leur seul but est d’éviter de souffrir à cause de la croix du Christ. 13 Ces hommes qui se font circoncire n’obéissent pas à la loi ! Et pourtant, ils veulent que vous soyez circoncis pour se vanter de votre circoncision. 14 Moi, je veux me vanter d’une seule chose : c’est de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ. Par la croix, le monde est mort pour moi, et moi aussi, je suis mort pour le monde. 15 Être circoncis ou ne pas être circoncis, cela n’a pas d’importance ! Ce qui compte, c’est que Dieu nous crée à nouveau.

Quand il écrit aux chrétiens de Galatie, l’apôtre Paul est assez frontal. Ainsi, dès le tout début de sa lettre, juste après les formules de politesse d’usage, il écrit (version TOB) : « J’admire avec quelle rapidité vous vous détournez de celui qui vous a appelés par la grâce du Christ, pour passer à un évangile différent. » (Galates 1.6) Et le reste de l’épître est du même acabit, jusqu’à cette conclusion que nous venons de lire.

Être fier du Christ

Il faut dire que Paul en veut vraiment à ceux qu’il nomme ici « ceux qui vous obligent à être circoncis ». Il s’agissait de croyants d’origine juive qui estimaient nécessaire pour les chrétiens d’origine païenne de se faire circoncire. La circoncision, c’est le rite que Dieu a donné à Abraham comme signe de l’alliance. C’est un marqueur identitaire Juif. Autrement dit, pour ces croyants, pour devenir chrétien, il fallait aussi devenir Juif. Pour Paul, c’est intolérable : c’est même une trahison de l’Evangile… La Bonne Nouvelle, c’est que tout être humain, quel qu’il soit, reçoit le salut de Dieu par la foi seule. Exiger des croyants d’origine païenne de se faire circoncire, c’est nier cette donnée fondamentale et dire que la foi ne suffit pas.

Or Paul lui-même était Juif et il était profondément attaché à l’héritage reçu de ses pères. Pourtant il peut dire, sans ambiguïté : « Être circoncis ou ne pas être circoncis, cela n’a pas d’importance ! » Car désormais il n’est fier que d’une chose : la croix du Christ. La formule a de quoi surprendre : comment peut-on se vanter de quelque chose dont on n’est pour rien ? La croix du Christ ? Je n’y suis pour rien. Vous non plus… Et l’apôtre Paul non plus !

L’expression « la croix du Christ » désigne, par une formule condensée, tout ce qui a conduit Jésus-Christ jusqu’à la mort sur la croix et tout ce qui découle de cette mort sur la croix.

  • La croix est l’aboutissement de l’incarnation : le Fils de Dieu est devenu homme, il nous a rejoint dans notre humanité, jusqu’à la mort.
  • La croix est la fin d’un monde et l’aube d’un nouveau monde. Après la croix vient le tombeau vide, le Christ est mort mais il est aussi ressuscité. D’ailleurs Paul y fait référence en évoquant une création nouvelle : « Ce qui compte, c’est que Dieu nous crée à nouveau. »
  • La croix du Christ dans ma vie est l’expérience de ce changement de monde : « Par la croix, le monde est mort pour moi, et moi aussi, je suis mort pour le monde. » Plus rien n’est comme avant.

Alors oui, il y a de quoi être fier du Christ dans notre vie !

Se centrer sur le Christ

Connaître Jésus-Christ, faire l’expérience du changement de monde qui s’est joué à la croix, voilà ce qui est vraiment important. Et ne laissons pas d’autres marqueurs identitaires l’occulter.

Aujourd’hui, ce n’est plus la question de la circoncision qui pose problème parmi les chrétiens. Mais ne met-on pas en avant d’autres critères, d’autres marqueurs identitaires qui risquent d’occulter ce qui compte vraiment ? Par exemple lorsqu’on sous-entend qu’être « vraiment » chrétien, c’est être ceci ou cela, c’est faire et dire ceci ou cela… Être vraiment chrétien, ça serait appartenir à telle confession chrétienne plutôt qu’une autre, adopter telle culture évangélico-compatible, souscrire à telles valeurs, assumer telle posture éthique (surtout en matière sexuelle et familiale), etc ?

Je ne dis pas que ces choses ne sont pas à prendre en considération. Je dis simplement que ce n’est pas ça qui est vraiment important… Reprenons l’affirmation de l’apôtre Paul : « Être circoncis ou ne pas être circoncis, » – et vous pouvez mettre ici à la place tous les marqueurs identitaires que vous voulez – « cela n’a pas d’importance ! Ce qui compte, c’est que Dieu nous crée à nouveau. »

Être disciple du Christ

Oui, pour nous comme pour l’apôtre Paul, ce qui compte vraiment, c’est la croix du Christ et la vie nouvelle qu’il nous donne. Et on le dit sans doute ! Mais on le dit peut-être avec hésitation : « Ce qui compte vraiment, pour moi, c’est le Christ. Enfin, surtout le dimanche, et même surtout le dimanche matin… Mais du lundi au samedi, c’est moins évident »

On peut facilement cloisonner ces deux dimensions et être deux personnes différentes le dimanche et les autres jours de la semaine. Ou alors, on peut avoir l’impression d’être en apnée spirituelle toute la semaine en attendant de reprendre notre souffle le dimanche, et avant de retourner en apnée. Et c’est épuisant…

La bonne posture à adopter est celle de se voir à la fois comme pleinement disciple du Christ le dimanche, dans l’Eglise rassemblée, avec mes frères et sœurs dans la foi, et comme pleinement disciple du Christ chaque jour de la semaine, à la maison, dans ma famille, avec mes amis, dans mon travail.

Ici, il faut tordre le cou à l’idée selon laquelle il y aurait dans l’Eglise des chrétiens à plein temps pour Dieu et les autres. Comme s’il n’y avait que les pasteurs ou les missionnaires qui étaient à plein temps pour Dieu ! En réalité, tous les croyants sont à plein temps pour le Seigneur ! Du lundi au dimanche.

Evidemment, si on ne voit dans le fait d’être disciple du Christ que le seul fait de témoigner explicitement de l’Evangile, alors personne n’est à plein temps pour lui. Pas même les pasteurs !

Ce qui compte vraiment, c’est le Christ dans notre vie. Et on pourrait le reformuler en disant que ce qui compte vraiment ; c’est d’être disciple du Christ. C’est de voir toute notre vie comme une occasion de vivre en disciple du Christ : dans notre travail professionnel au quotidien, dans notre engagement associatif, dans nos relations à la maison et avec nos amis…

Conclusion

Qu’est-ce qui compte vraiment ? Chacun répondra pour lui-même, en fonction de la réalité de son cœur. Mais prenons en compte l’exhortation de l’apôtre Paul. Envisageons la croix du Christ et la vie nouvelle qui en découle comme ce qui doit compter vraiment dans notre vie.

Et cela se concrétise, notamment, selon ces trois axes :
Être fier du Christ : c’est ce qui nous anime, ce qui nous motive et nous fait vibrer. C’est le Christ dans notre vie, qui nous ouvre sur un monde nouveau.
Se centrer sur le Christ : il s’agit de ne pas se disperser. Donner trop d’importance à des choses secondaires c’est oublier l’essentiel !
Être disciple du Christ : c’est la façon concrète de vivre et de mettre en pratique ce qu’il y a dans notre cœur. Et c’est une job à plein temps ! Du lundi au dimanche !