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Les apparences sont trompeuses

Cette prédication fait partie d’un mini-culte filmé pendant la période de confinement due au CoVid 19. La vidéo peut être visionnée ci-dessous.

L’épisode biblique des Rameaux, dont nous avons lu le récit, est trompeur. Pris de façon isolée, on pourrait avoir l’impression que tout va pour le mieux pour Jésus : il est accueilli triomphalement par la population de Jérusalem. Mais quand on considère ce qui précède, et en particulier ce que Jésus annonçait le concernant, et quand on sait ce qui va suivre, et qui conduira à la condamnation et la crucifixion de Jésus, on se rend compte qu’il ne faut pas se fier aux apparences…

C’est toujours vrai, d’ailleurs ! Les apparences sont souvent trompeuses. Nous en avons tous fait l’expérience… Faites-vous un opinion sur quelqu’un sur la seule base de son apparence, et vous êtes à peu près sûr de vous tromper ! Les gros durs sont parfois les plus douillets et les silhouettes fragiles cachent parfois une force insoupçonnée.

Avec Jésus aussi, il faut aller au-delà des apparences. Dans la lettre de Paul aux Philippiens, un fameux hymne centré sur le Christ lève le voile sur la personne de Jésus. Il va au-delà des apparences de l’homme Jésus pour dépeindre le Fils de Dieu devenu homme. Lisons cet hymne dans le deuxième chapitre de la lettre Paul aux Philippiens, aux versets 6-11.

Philippiens 2.6-11
6 (Jésus-Christ) possédait depuis toujours la condition divine,
mais il n’a pas voulu demeurer à l’égal de Dieu.
7 Au contraire, il a de lui-même renoncé à tout ce qu’il avait
et il a pris la condition de serviteur.
Il est devenu un être humain parmi les êtres humains,
il a été reconnu comme un homme ;
8 il a accepté d’être humilié et il s’est montré obéissant
jusqu’à la mort, la mort sur une croix.
9 C’est pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place
et lui a donné le nom supérieur à tout autre nom.
10 Il a voulu qu’au nom de Jésus, tous les êtres,
dans les cieux, sur la terre et sous la terre,
se mettent à genoux,
11 et que tous reconnaissent publiquement :
« Le Seigneur, c’est Jésus Christ,
pour la gloire de Dieu le Père. »

Il ne faut pas se fier aux apparences… Cet hymne le souligne à propos de Jésus-Christ.

Souvenons-nous de l’humble arrivée de Jésus sur terre, le soir de Noël. Avec la naissance d’un petit enfant, dans une famille modeste, à l’écart de tous… mais c’est pourtant le Fils de Dieu qui vient sur terre !

Et cet enseignant entouré de quelques disciples, ce Galiléen, regardé avec méfiance voire avec mépris par bien des habitants de Judée… c’est pourtant le Messie annoncé par les prophètes, venu apporter le salut de Dieu à l’humanité.

A l’inverse, cette entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, avec les foules dans la joie et l’agitation… c’est pourtant le prélude à son arrestation, à un procès et une condamnation injuste, une mort infamante sur une croix.

Les apparences sont trompeuses…

Mais la foi permet d’aller au-delà des apparences. Elle permet de proclamer que cet homme qui a vécu il y a deux mille ans, qui a marché sur cette terre, qui a enseigné et qui est mort crucifié, cet homme était le Fils de Dieu devenu homme. Il a accepté de tout quitter pour devenir l’un des nôtres. Plus encore, son tombeau vide, le témoignage de ses disciples qui l’ont vu après sa mort, annoncent qu’il est ressuscité. Il est vivant aujourd’hui, et chemine avec nous qui croyons.

Voilà la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, source de paix et d’espérance.

Croyant ou non, nous traversons les mêmes jours troublés. Nous sommes soumis aux mêmes restrictions, nous sommes susceptibles d’être atteints par le même virus, avec les mêmes risques et les mêmes conséquences… La foi ne nous immunise pas, contrairement à ce que disent certains leaders spirituels irresponsables ! Elle ne nous extrait pas du monde et de ses épreuves. Le chemin emprunté par le Christ, celui de la solidarité en notre humanité, jusqu’à la mort, en est un signe fort.

Cet exemple de Jésus, qui s’est fait serviteur, nous incite d’ailleurs à la solidarité avec les plus faibles, à la compassion envers ceux qui souffrent, à l’esprit de service pour le bien de tous. Aujourd’hui, même dans le confinement. Et demain, lorsque la crise sera passée. Le Fils de Dieu devenu homme nous invite à nous montrer concrètement frère et soeur de notre prochain.

Comment pourrais-je l’être un peu plus aujourd’hui ?

Mais le Christ a vaincu la mort. Et sa présence, vivant à nos côtés, fait toute la différence. Elle nous donne l’assurance de n’être jamais seul, même isolé en confinement. Elle nous donne un espérance, celle qu’aucune épreuve, aucune maladie, aucune épidémie, pas même la mort, ne pourront jamais nous séparer de son amour.

Comment puis-je l’accueillir, tout à nouveau, aujourd’hui ?

Faire confiance au Dieu de la vie

Cette prédication fait partie d’un mini-culte filmé pendant la période de confinement due au CoVid 19. La vidéo peut être visionnée ci-dessous. Sentez-vous libres d’ajouter des temps de chant ou de prière pour avoir un culte plus complet.

A la fin de cette deuxième semaine de confinement, un grand nombre d’entre nous est enfermé à la maison, peut-être dans un confinement vide et ennuyeux, ou au contraire submergé par le télétravail, l’aide aux enfants… Et puis il y a cette minorité qui se démène sur le front, épuisée, inquiète face aux pressions du présent, et de l’avenir. En fait, j’ai l’impression que l’inquiétude est notre lot commun, à différents degrés. Même si certains essaient de saisir le bon côté (relatif) de la situation, en rattrapant le bricolage, des lectures, en prenant du temps en famille… malgré le soleil printanier, au fond nous sommes en tension. Il y a les drames du quotidien bien sûr, relayés par les médias, mais aussi l’isolement, les incertitudes, l’inquiétude pour le travail, pour la santé de nos proches…

Dans les textes bibliques proposés aujourd’hui par le plan de lecture La Bible en 6 ans, j’ai choisi la vision du prophète Ezechiel, qui nous rejoint dans notre actualité. Au moment de cette vision, plusieurs siècles avant Jésus-Christ, le peuple d’Israël est dispersé, déporté à des milliers de kilomètres, la capitale a été détruite, et le Temple de Jérusalem, ravagé. La situation est tellement grave que les Israélites se disent : “Nous sommes des ossements desséchés, notre espoir est mort, nous sommes perdus !” (v.11) Alors bien sûr, nous ne sommes sûrement pas dans un tel désespoir, mais ce que le prophète va dire aux Israélites, de la part de Dieu, peut a fortiori nous encourager, nous aussi.

Alors, je vous préviens, comme bien des visions d’Ezechiel, c’est un texte étrange ! Je vous invite donc à ouvrir votre Bible, dans le livre d’Ezechiel au chapitre 37, versets 1 à 5. Pour mieux comprendre, vous pouvez lire jusqu’au verset 14.

Lecture biblique: Ezechiel 37.1-5

1 La puissance du Seigneur s’empara de moi ; son Esprit m’emmena et me déposa dans une large vallée couverte d’ossements. 

2 Le Seigneur me fit circuler partout parmi eux, dans cette vallée : ils étaient très nombreux et complètement desséchés. 

3 Alors le Seigneur me demanda : « Fils d’Adam, dis-moi, ces ossements peuvent-ils reprendre vie ? » 

 Je répondis : « Seigneur Dieu, c’est toi seul qui le sais. » 

4 Il reprit : « Parle en prophète à ces ossements, dis-leur : Ossements desséchés, écoutez ! 

5 Voici ce que le Seigneur Dieu vous déclare : Je ferai venir en vous un souffle, et vous reprendrez vie. 

A la suite de cet ordre divin, Ezechiel va effectivement, dans le cadre de la vision, prophétiser sur ces os desséchés et les voir se rassembler, se couvrir de chair. Dieu les remplit ensuite de son souffle vital, en suivant un peu la façon dont la création de l’être humain est racontée au début du livre de la Genèse. La situation est tellement désespérante que, si Dieu intervient, ce n’est rien de moins qu’une re-création.

Pour Israël, cette parole est une promesse d’abord politique : eux qui sont exilés retourneront dans leur pays, les divisions entre les clans seront abolies, parce que Dieu a encore un projet pour eux. Alors que rien dans leur situation ne permet de spéculer sur un avenir national, Dieu affirme qu’il va intervenir. Non, l’espoir n’est pas mort! Même si on peut pas trouver notre espoir dans les circonstances, on peut le trouver dans la fidélité et la puissance de Dieu.

Je pense qu’à l’époque, ceux qui ont entendu Ezechiel ont dû se dire qu’il était fou. D’ailleurs, quand Dieu lui demande si de la mort peut surgir la vie, tout ce que le prophète peut répondre à Dieu, c’est « Seigneur, toi tu sais »… un « oui » serait trop fou ! Mais seulement quelques dizaines d’années plus tard, par le décret inattendu d’un roi perse, ils sont rentrés. La promesse de Dieu, aussi folle qu’elle ait pu paraître, s’est réalisée.

Ce texte est proposé aujourd’hui pour nous préparer à Pâques – une autre folle promesse qui s’est réalisée, une autre promesse de vie au milieu de la mort : la résurrection du Christ crucifié. Par sa résurrection, le Christ triomphe de nos fatalités – la pire, bien sûr, qui est la mort : il nous ouvre le chemin de la vie éternelle auprès de Dieu. En lui, d’une manière que nous ne pouvons pas imaginer, nous avons la certitude de pouvoir vivre pour toujours, avec Dieu.

Mais le Christ ressuscité triomphe d’autres fatalités : les fardeaux qui nous pèsent, les addictions qui nous enchaînent, les blessures qui nous paralysent, notre propre péché (cette gangrène intérieure qui nous tire vers le bas) – puisque le Christ a triomphé de la mort, il peut triompher de tout.

Et cette situation présente, qui ressemble à une autre fatalité, pour laquelle nous sommes, individuellement, impuissants ? Croyons-nous que le Dieu révélé en Christ puisse y faire surgir la vie ?

Être chrétien ne nous empêche de nous inquiéter. Mais cette vision d’Ezechiel, cette assurance de la résurrection du Christ, pointent vers la présence et la puissance de Dieu, ce Dieu qui ne cesse de créer, de re-créer (le printemps n’en est-il pas un petit signe ?).

Devant des situations anxiogènes ou décourageantes, la tendance naturelle est de sombrer dans le désespoir ou de se changer les idées en se divertissant. Dieu ajoute une autre piste : tourner nos regards vers lui. A chaque fois que l’inquiétude pointe, nous pouvons, avec réalisme mais confiance, nous tourner vers le Dieu qui a su prendre soin de son peuple dispersé, vers le Dieu qui a su ramener le Christ d’entre les morts : il est à l’œuvre encore aujourd’hui, dans nos vies, dans notre monde.

Est-ce que nous croyons que ces os pourront revivre ? Est-ce que nous croyons que la vie pourra surgir de ce que nous vivons ? Je n’ai pas de prophétie révélée à vous transmettre, seulement la certitude biblique que Dieu est à l’œuvre.

Et cela peut produire trois effets en nous : d’abord une forme de paix, qui ne dépend pas des circonstances actuelles, mais de la confiance en notre Dieu, fidèle et puissant. Ensuite, la prière – persévérante : à chaque fois que nous sommes confrontés à une situation désespérante pour nous et pour d’autres, nous pouvons la confier à Dieu. Enfin, la certitude que le Dieu vivant est à l’œuvre nous invite à ne pas baisser les bras mais à poser nous-mêmes des actes, aussi simples ou virtuels soient-ils, qui encouragent et bénissent les autres.

Devant l’inquiétude, nous avons le choix : nous pouvons sombrer, nous divertir, ou nous tourner vers Dieu. Malgré les circonstances, sa fidélité et sa puissance sont une réalité sur laquelle nous pouvons nous appuyer.