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Un nouvel espoir !

Lecture biblique : Esaïe 40.1-11

1 Redonnez de l’espoir à mon peuple. Oui, redonnez-lui de l’espoir, dit votre Dieu. 2 Rendez courage à Jérusalem. Annoncez-lui à haute voix : « Les travaux forcés sont terminés pour toi, tu as fini de réparer ta faute, le SEIGNEUR t’a fait payer le prix total de tous tes péchés. » 3 Quelqu’un crie : « Dans le désert, ouvrez un chemin pour le SEIGNEUR. Dans ce lieu sec, faites une bonne route pour notre Dieu. 4 Remplissez de terre le creux des vallées, abaissez les montagnes et les collines. Changez en plaines toutes les pentes, et les hauteurs en vallée. 5 Alors la gloire du SEIGNEUR paraîtra, et tous les habitants de la terre la verront. Voilà l’ordre du SEIGNEUR. » 6 Quelqu’un me dit : « Crie ! » Je demande : « Qu’est-ce que je dois crier ? » Il répond : « Ceci : les êtres humains sont comme l’herbe, ils ne sont pas plus solides que les fleurs des champs. 7 Quand le souffle du SEIGNEUR passe sur elles, l’herbe sèche et la fleur tombe. — Oui, les êtres humains sont aussi fragiles que l’herbe. — 8 L’herbe sèche et la fleur tombe, mais la parole de notre Dieu tient toujours. » 9 Jérusalem, monte sur une haute montagne. Ville de Sion, crie de toutes tes forces. Toi qui apportes une bonne nouvelle, élève la voix, n’aie pas peur. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! 10 Voici le Seigneur DIEU. Il vient avec puissance. Il est assez fort pour gouverner. Il rapporte ce qu’il a gagné, il ramène la récompense de son travail. 11 Comme un berger, il garde son troupeau, il le rassemble d’un geste de la main, il porte les agneaux dans ses bras, il conduit doucement les brebis qui allaitent leurs petits. »
Nous sommes le 10 décembre. La date tant attendue approche ! Plus que quelques jours pour arriver au jour que tous, petits et grands, attendent depuis des semaines. Et tout le monde s’y prépare. On essaye de deviner ce que nous allons découvrir avec émerveillement ce jour-là… L’attente grandit. La tension est palpable. Enfin, nous allons bientôt savoir…

Je ne parle pas de Noël, je parle du nouvel épisode de Star Wars qui sort mercredi ! Qui sont les parents de Rey ? Luke est-il passé du côté obscure de la force ? Et qui est réellement Snoke, le nouveau grand méchant ?

Les mauvaises langues disent bien que la nouvelle trilogie ne fait que copier la première trilogie. Mais les mythes se répètent… l’histoire aussi ! Ce qui s’est passé il y a très longtemps, dans une lointaine galaxie, rappelle ce qui s’est passé il y a longtemps, dans un lointain pays en Palestine… et fait même écho à ce qui se passe aujourd’hui, chez nous.

Hier comme aujourd’hui, ne connaissons-nous pas un monde qui a perdu l’espoir, où de nouvelles formes de mal menacent, face à un avenir incertain voire bouché ? Et pourtant, hier comme aujourd’hui certains parlent de l’espoir fou d’un sauveur qui fera vaincre la lumière face aux ténèbres.

Et on n’est pas dans un film… Avec Esaïe, on est en Israël. Le prophète apparaît au VIIIe siècle avant Jésus-Christ alors que la menace assyrienne est aux portes du royaume d’Israël. Esaïe présente cette menace comme l’intervention de Dieu lui-même à l’égard de son peuple infidèle. Mais dans sa deuxième partie, qui commence avec le chapitre 40, le livre évoque un autre contexte, celui de l’invasion babylonienne au VIe siècle avant Jésus-Christ. Les Juifs ont été déporté à Babylone. Loin du pays que Dieu leur avait donné, loin du Temple où ils allaient rencontrer Dieu, les exilés sont dans le désespoir, avec la certitude que Dieu les a abandonné. Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir… Mais c’est dans ce contexte que Dieu va vouloir redonner de l’espoir à son peuple. Non, il ne l’a pas abandonné et il a encore des projets de libération pour lui. Et au cœur de ces chapitres 40-55, quatre poèmes commenceront à présenter un personnage mystérieux, le Serviteur du Seigneur, dans lequel le Nouveau Testament verra la figure du Messie, Jésus-Christ.

Notre texte de ce matin est un texte d’espérance, qui répondait aux besoins spirituelles des Juifs exilés à Babylone… mais qui répond aussi à nos besoins spirituels aujourd’hui. Je vous propose d’en souligner trois.

On a besoin d’espoir !

Un nouvel espoir. C’est désormais le titre du tout premier film de la saga Star Wars… L’espoir, c’est le premier besoin auquel notre texte répond : « Redonnez de l’espoir à mon peuple ! ». Un appel qui trouve un écho bienfaisant pour nous aujourd’hui, particulièrement en ce temps de l’Avent.

Les versions traditionnelles préfèrent traduire par « Consolez » ou « Réconfortez », et c’est bien le sens premier du verbe hébreux. Mais la consolation et le réconfort dont il s’agit s’expriment bien par un nouvel espoir dans le contexte du livre d’Esaïe. C’est bien en ouvrant des perspectives d’avenir que le Seigneur console son peuple. Le temps est venu de faire place au Seigneur et de l’accueillir comme un libérateur.

Dans ce temps de l’Avent, les paroles d’Esaïe trouvent leur écho dans le personnage de Jean-Baptiste, dont le ministère a été de préparer la venue du Christ, d’ouvrir ce chemin pour le Messie libérateur.

Aujourd’hui encore nous avons besoin d’espoir. Et le message de Noël est bien celui d’un espoir, toujours renouvelé. Le Fils de Dieu est venu, sa lumière brille dans notre obscurité. Face aux guerres et aux conflits, face au terrorisme et à la haine, face à la précarité et l’incertitude du lendemain, nous rappelons que le Fils de Dieu est venu naître dans une étable, pour nous éclairer de la lumière de Dieu, pour offrir sa vie pour nous, pour ressusciter victorieux.

Notre attente aujourd’hui, c’est qu’il vienne à nous par son Esprit pour nous relever, nous consoler, nous guider. Notre attente aujourd’hui, c’est qu’il revienne au jour fixé par Dieu, pour accomplir pleinement son Royaume et chasser définitivement jusqu’au dernier ennemi, la mort.

On a besoin d’espoir, et cet espoir se trouve en Jésus-Christ !

On a besoin de promesses fiables !

Des promesses, on en a entendu cette année, avec la campagne électorale… Sans se faire trop d’illusion sur leur fiabilité. Il y a bien un cynisme ambiant auquel nous cédons facilement. Nous n’arrivons arriver à croire aux promesses qu’on nous fait, échaudés que nous sommes par l’omniprésence de la langue de bois, les publicités mensongères ou les fake news…

Esaïe le dit : « les êtres humains sont comme l’herbe, ils ne sont pas plus solides que les fleurs des champs. Quand le souffle du SEIGNEUR passe sur elles, l’herbe sèche et la fleur tombe. — Oui, les êtres humains sont aussi fragiles que l’herbe… » (v.6b-7)

Oui les humains sont fragiles… et leurs promesses aussi ! Ce n’est pas sur un homme que tout notre espoir peut reposer. Même s’il s’agissait d’un Jedi… C’est un appui bien trop fragile. Mais comme le dit Esaïe : « L’herbe sèche et la fleur tombe, mais la parole de notre Dieu tient toujours. » (v.8)

A la fragilité de l’être humain, le prophète oppose la force de la parole de Dieu. Sa parole, ce sont ses promesses. Elles sont fiables et solides. Les Israélites l’avaient oublié, dans le désespoir de leur exil. Ils avaient oublié que le jugement de Dieu n’effaçait pas ses promesses irrévocables.

Nous pouvons penser parfois que nos erreurs, nos fautes, nous ferment les portes des promesses de Dieu. Elles peuvent, certes, nous éloigner de Dieu, provoquer en nous une sorte d’exil spirituel. Mais les promesses de Dieu demeurent.

« Si nous lui sommes infidèles,
lui demeure fidèle,
car il ne peut se renier lui-même. »
(2 Timothée 2.13)

Il est donc toujours temps de revenir à lui et de repartir à zéro. Toujours.

On a besoin de douceur !

La fin de notre texte est extraordinaire. Le prophète annonce la venue du Seigneur, en vainqueur, dans toute sa puissance… Et c’est un berger qui arrive, plein de douceur et de bienveillance !

« Voici le Seigneur DIEU. Il vient avec puissance. Il est assez fort pour gouverner. Il rapporte ce qu’il a gagné, il ramène la récompense de son travail. Comme un berger, il garde son troupeau, il le rassemble d’un geste de la main, il porte les agneaux dans ses bras, il conduit doucement les brebis qui allaitent leurs petits. » (v.10-11)

Dans la promesse d’Esaïe Dieu ne vient pas en inspirant la peur mais en inspirant la paix et la confiance. Comme il se révéla à Elie dans la souffle doux et subtil et non dans le feu et la tempête.

Comme le disait Yoda à Anakin Skywalker avant qu’il devienne Dark Vador, avec une sagesse aux accents bibliques : « La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance. »

La peur, la colère, la haine, la souffrance… L’espérance d’Esaïe y répond. Le message de Noël y répond. En Jésus, Dieu ne vient pas en inspirant la peur mais la paix et la confiance. Le Fils de Dieu vient avec douceur. Alors même que le peuple attendait un libérateur guerrier, que Jean-Baptiste lui-même semblait annoncer un juge intraitable, c’est un petit enfant qui viendra. Un enfant qui, adulte, se comparera à un bon berger qui prend soin de ses brebis, qui est prêt même à donner sa vie pour elles.

On a besoin de douceur et de bienveillance. Alors même que ce ne sont pas vraiment des valeurs qui sont mises en avant dans notre société, beaucoup plus marquée par la compétition, la lutte, la réussite personnelle… des valeurs qui sont aussi souvent génératrices de peur : la peur d’échouer, d’être devancé.

Nous pouvons, au contraire, regarder l’avenir avec paix et confiance, parce que nous avons un Dieu tout-puissant qui porte sur nous un regard bienveillant et plein de douceur.

Conclusion

Mercredi, je serai au cinéma pour voir le nouveau Star Wars. J’ai réservé ma place depuis plusieurs semaines… Je suis impatient ! Mais, évidemment, ce n’est que du cinéma. Le véritable espoir dont nous avons besoin ne peut pas venir d’un homme, même s’il s’agissait d’un Jedi !

Ou plutôt, il ne peut pas venir d’un homme seulement… Car Jésus-Christ est bien un homme mais il est aussi le Fils de Dieu.

On a besoin d’espoir. On a besoin de promesses fiables. On a besoin de douceur. Tout cela on le trouve en Jésus-Christ. Il a vaincu la mort : sa résurrection est notre espoir le plus grand. Il est venu accomplir le projet de Dieu : il accomplit ses promesses. Il est devenu l’un des nôtres, humble serviteur, pour manifester la compassion de Dieu.

 

Que ton règne vienne!

 

Nous commençons aujourd’hui la période de l’Avent, qui nous mène jusqu’à Noël. Un des textes proposés pour aujourd’hui touche au thème de l’attente : certes, nous nous préparons à fêter Noël, le souvenir de la naissance de Jésus il y a 2000 ans, mais cette période est aussi l’occasion de nous rappeler qu’en tant que chrétiens, nous attendons aussi son retour, le retour du Christ ressuscité, qui a promis de venir mettre en place le royaume de Dieu.       Quand cela arrivera-t-il ? demandent les disciples. Jésus répond : « Peu importe quand, l’essentiel est de persévérer : ne vous découragez pas ». Il fait tout un discours qui annonce à la fois des événements proches (qui devaient arriver quelques années plus tard) et des événements lointains, que nous attendons encore : le retour du Seigneur. Le texte que nous allons lire arrive en conclusion du discours pour insister sur l’essentiel.

Lecture biblique: Marc 13.33-37

33 Faites attention ! Ne dormez pas. En effet, vous ne savez pas quand ce moment viendra. 
34 Pensez, par exemple, à un homme qui part en voyage. Il quitte sa maison et la confie à ses serviteurs. Il donne à chacun un travail à faire et il commande au gardien de la porte de rester éveillé. 
35 Restez donc éveillés ! En effet, vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir. Ce sera peut-être le soir, ou au milieu de la nuit, ou quand le coq chante, ou le matin. 
36 S’il revient tout à coup, il ne faut pas qu’il vous trouve endormis. 
37 Ce que je vous dis, je le dis à tous : restez éveillés ! »

L’image qu’utilise Jésus se veut simple : attendre le retour du Seigneur, c’est comme un gardien de propriété qui ignore quand le maître doit revenir, et du coup reste éveillé pour pouvoir l’accueillir correctement. Puisqu’on ne sait pas, on attend – activement. On se tient prêt, on se concentre ! Les autres serviteurs sont eux aussi dans l’attente : ils ont un travail à faire, et il vaut mieux qu’il soit fait au moment où le maître reviendra !

  • La réalité du monde à venir

On divise souvent les gens en deux catégories: ceux qui voient le verre à moitié plein, et ceux qui voient le verre à moitié vide. A quelle catégorie appartenez-vous?

Quand on pense à la fin du monde, c’est un peu pareil. Il y a ceux qui voient le verre à moitié vide : les crises politiques, économiques, sociales, les catastrophes écologiques, les luttes spirituelles (p. ex. la persécution des chrétiens, comme on l’a vu dimanche dernier), les aberrations morales… L’inquiétude est légitime, et on peut vite se demander où cela nous mène, si l’humanité n’est pas en train de signer sa propre fin. Et face à ces difficultés, à ces impasses qui se multiplient, certains peuvent être tentés de se décourager. « Est-ce que le Maître va vraiment revenir ? Est-ce que c’est déjà la fin ? » avec peut-être mille questions qui surgissent alors : comment ça va se passer, etc. A ceux-là, Jésus répond : « peu importe quand la fin arrivera ou comment, faites ce que vous avez à faire, restez concentrés sur votre tâche, ne vous laissez pas détourner ou décourager par les difficultés qui vous entourent. »

Mais il y a aussi ceux qui voient le verre à moitié plein : mais non, ça va, l’humanité a déjà surmonté beaucoup d’épreuves et qui paraissent aussi dures qu’aujourd’hui (les invasions barbares, les guerres, les épidémies, l’Holocauste…). On trouvera bien une solution ! La fin n’est pas pour demain, rassurez-vous… Ce n’est pas seulement de l’optimisme, il y a peut-être aussi une part de routine, de nonchalance, qui repousse instinctivement l’échéance. « Le Maître reviendra, mais pas ce soir, enfin ! Peut-être demain, ou après-demain… » Le risque, c’est de nous laisser happer par le ronronnement du quotidien, de somnoler à moitié, en s’appuyant éventuellement sur le refus de spéculer : la fin viendra quand elle viendra (mais c’est très loin tout ça). Et à ceux-là aussi Jésus répond : « peu importe quand le Maître va venir ! Ne vous laissez pas entraîner sur les chemins de traverse, de détour en détour, au risque d’être bien loin du chemin quand le Maître reviendra. Restez concentrés sur votre route. »

Que nous penchions vers le verre à moitié vide ou à moitié plein, Jésus nous rappelle la réalité de son retour. Il rassure les inquiets, et il interpelle les détendus. On est tous concernés ! Devant cette réalité, il faut être prêt, en partant du principe que le Christ peut revenir dès aujourd’hui. Il y a un présupposé derrière, c’est que la « fin du monde », ce n’est pas la disparition pure et simple de notre monde, ni l’épuisement de notre univers qui pourrait s’annihiler, mais c’est la transformation de ce que nous connaissons, avec le retour du Maître qui revient dans sa maison. Dieu, qui vient instaurer son royaume. Jésus à ce stade ne va pas plus loin, mais l’espérance de son retour, aujourd’hui, ou demain, ou dans 3000 ans, anime les chrétiens depuis toujours. C’est même une donnée particulièrement présente dans le N.T. : se tenir prêt à accueillir le règne de Dieu.

  • Le regard fixé sur l’horizon

Alors, à quoi ça ressemble de rester éveillé ? d’attendre activement, avec détermination et concentration, le retour de Jésus ? Jésus ne le dit pas !

Dans le reste du discours, c’est garder l’esprit affûté : rester attaché au message de l’Evangile, sans se laisser perturber par d’autres discours ou par d’autres « messies ». C’est aussi persévérer dans l’épreuve : face à la difficulté, la souffrance, la persécution, tenir bon en gardant les yeux fixés sur la ligne d’arrivée. Dans d’autres passages, rester éveillé, c’est prier. On peut aussi penser que veiller, rester vigilant, c’est veiller à notre relation avec Dieu chaque jour (comme si c’était le dernier), ressaisir chaque jour en tant que chrétiens et en tant qu’Eglise la mission de Dieu dans laquelle nous sommes appelés à entrer (être témoins de ce que Dieu fait et va faire).

Au-delà de l’image de la veille et du sommeil, cette exhortation insistante de Jésus nous invite peut-être à redécouvrir aujourd’hui quelle est notre espérance, et son impact sur notre vie avec Dieu. A notre époque, l’espérance n’est plus un élément majeur de notre foi. On est souvent concentré sur la vie quotidienne, et le secours ou les conseils que Dieu peut nous apporter. Et c’est très légitime ! Sauf que la vie avec Dieu, c’est plus qu’une vie avec le meilleur coach du monde ! C’est une vie qui s’enracine dans l’assurance que le Christ est mort, a vaincu le mal, et est ressuscité – en anticipation d’un monde autre, juste, paisible, lumineux. C’est une vie qui tend vers l’accomplissement total de la promesse entrevue au matin de Pâques. Vivre avec Dieu, c’est lever la tête pour regarder l’horizon – et laisser l’horizon nous transformer, laisser les perspectives éternelles transformer nos objectifs, nos comportements, nos relations. C’est nous préparer au règne de Dieu.

Je vous donne juste un exemple : j’ai lu l’an dernier un excellent livre sur le mariage « Vous avez dit oui à quoi ? Et si Dieu avait imaginé le mariage pas seulement pour vous rendre heureux, mais aussi pour vous rendre saint ? » de Gary Thomas. Dans le mariage, nous avons souvent une perspective de quelques décennies, liée au plaisir, au bonheur, à l’intimité et à la confiance que nous pouvons vivre avec l’autre. Mais Gary Thomas pose le filtre de l’espérance sur la façon de vivre le couple : comment je peux, grâce à ma relation avec l’autre, devenir un peu plus celui/celle que je suis appelé à être pour l’éternité – et comment je peux l’aider lui à devenir un peu plus la merveilleuse personne qu’il est appelé à être pour l’éternité. Le mariage comme un chemin, ou une préparation, pas seulement vers le bonheur, mais aussi vers la vocation éternelle que Dieu nous donne. Ca change la perspective ! Chaque discussion, chaque décision ensemble, chaque dispute, devient, à la lumière de l’horizon, un lieu d’apprentissage de l’amour véritable, de la justice, de la vérité, de la paix – en un mot, de la sainteté.

Bien sûr, l’espérance a un impact dans toutes les situations de notre vie : la façon d’élever un enfant (avec quelle priorité : qu’il me réjouisse, qu’il fasse ce qui est bien vu dans la société, ou que Dieu le transforme peu à peu en la personne qu’il est appelé à être ?), le célibat, le travail, les relations familiales, les difficultés de la vie. Qu’attend Dieu de moi dans cette situation ? Comment je peux avancer avec lui, en apprendre davantage, me laisser transfigurer par l’Esprit de celui qui est ressuscité et qui veut, un jour, me ressusciter pour vivre dans la présence éternelle de Dieu ?

On peut vivre bien dans le présent, les pieds sur terre, mais les yeux fixés sur l’horizon – et la vision claire de là où nous allons aura forcément un impact sur notre façon d’avancer.

Alors c’est facile à dire, mais à faire… C’est sûrement une des raisons pour lesquelles Jésus insiste autant dans ce texte : restez éveillés ! gardez les yeux fixés sur le but ! Peut-être qu’une première étape sera de se rendre attentif, dans la lecture de la Bible, au poids de l’espérance qui nous est donnée, pour redécouvrir son impact. Peut-être qu’une deuxième étape, ce sera de prier : Seigneur, quelle est ma tâche aujourd’hui, dans cette situation ? Que ton règne vienne, un peu plus, dans ma vie, comme un signe de ce monde transformé que tu vas venir instaurer.