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Réhabiliter Zachée !

 

Lecture biblique : Luc 19.1-10

Le regard traditionnel sur Zachée voit en lui un méchant collecteur de taxes, malhonnête, qui a besoin de se repentir, de changer de vie, pour être sauvé. On voit alors dans sa rencontre avec Jésus l’occasion pour lui de se convertir : c’est à ce moment-là qu’il décide de réparer ses torts et de rembourser généreusement ceux qu’il a extorqué. Alors Jésus affirme qu’il est sauvé !

Sauf que ce n’est pas forcément ce que dit le texte… Malgré la traduction de certaines versions françaises, au verset 8, Zachée ne parle pas au futur. Il ne dit pas : « Désormais je vais donner la moitié de mes richesses aux pauvres et je vais rembourser au quadruple celui à qui j’ai pris trop d’argent. ». Il dit : « Ecoute, Seigneur ! Je donne la moitié de mes richesses aux pauvres et si j’ai pris trop d’argent à quelqu’un, je lui rend quatre fois plus ! ». Il ne dit pas ce qu’il va désormais faire mais ce qu’il fait déjà.

En fait, c’est comme s’il disait à Jésus : « Tu sais, je ne suis pas comme ce que les gens disent de moi. Je ne mérite pas ma réputation… » Car d’où vient la réputation de Zachée ? De ce que disent les foules de lui : « Voilà que Jésus s’arrête chez un pécheur ! » Tout est dit : Zachée est un collecteur de taxes, donc c’est un pécheur !

Il faut dire que les collecteurs d’impôts n’avaient pas bonne réputation. Ils étaient la figure même du collaborateur à la solde de l’occupant romain : ils collectaient les taxes pour l’envahisseur. Et ils avaient souvent tendance à s’en mettre un peu dans les poches au passage… Qu’est-ce qu’on disait alors des collecteurs de taxes ? Ils sont tous pourris !

Jésus, lui, a une toute autre attitude puisqu’il dit à Zachée qu’il veut manger chez lui. Qu’est-ce qui l’a décidé à le faire ? Peut-être le fait de le voir, ainsi, monter sur un arbre à son passage. Une attitude qui n’est pas très digne d’un homme de son statut social… et qui traduit surtout son ardent désir de rencontrer Jésus. Peut-être Jésus a-t-il vu que Zachée n’était pas un collecteur de taxes comme les autres.

Car, il faut le dire, Jésus ne se laissait pas enfermer dans les a priori sur les gens. Ce n’est pas la première fois qu’il approchait un collecteur de taxes. Il a même appelé l’un d’eux à devenir son disciple et il l’a ensuite choisi pour faire partie des 12 apôtres. Il s’agit de Matthieu (appelé Lévi). Jésus mangeait aussi avec les collecteurs de taxes, comme avec tous ceux qu’on rejetait ou qu’on considérait comme pécheur. Les évangiles nous disent même que plusieurs suivaient Jésus.

Jean le baptiste, lui aussi, a vu des collecteurs de taxes venir à lui. Et lui non plus ne les a pas chassés. Il leur disait seulement d’être intègre dans leur tâche :

« Des collecteurs des taxes aussi vinrent pour recevoir le baptême ; ils lui demandèrent : Maître, que devons-nous faire ? Il leur dit : N’exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné. » (Luc 3.12-13)

Et si Zachée avait reçu le baptême de Jean ? On n’en sait rien, évidemment, mais pourquoi pas ? Ca expliquerait son attitude intègre, peut-être même suite à son baptême. Ca expliquerait aussi son désir de rencontrer Jésus : Jean-Baptiste n’avait-il pas annoncé que le Messie allait venir à sa suite ?

Ce sont, bien-sûr, des conjectures. Mais ce qui est sûr, c’est que le texte de l’évangile laisse bien entendre que Zachée avait déjà une attitude intègre avant de rencontrer Jésus. Tous les collecteurs de taxes n’étaient donc pas des pourris ! Mais les foules n’étaient pas capables de le voir, semble-t-il…

Jésus, lui, non seulement décide d’aller manger chez Zachée mais il ne lui fait aucun reproche, il ne lui demande même pas de changer d’attitude. Il accueille au contraire ce que Zachée dit de son intégrité avec joie : « Aujourd’hui le salut est venu dans cette maison ! » De plus, il le réhabilite aux yeux de tous : « Zachée aussi est de la famille d’Abraham ! »

La conclusion du récit : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » s’adresse donc peut-être moins à Zachée qu’à ceux qui le jugeaient… « Ne jugez pas afin de ne pas être jugés ! »

Les leçons de cet épisode

Je vous propose de tirer des leçons de ce récit non pas en se demandant s’il faut ou pas agir comme Zachée mais en considérant l’attitude de ceux qui entourent Zachée. Et dans ce cas, je crois qu’on peut dire que nous devons prendre exemple sur Jésus et considérer la foule comme un contre-exemple à ne pas suivre :
La foule juge et enferme Zachée dans ses a priori : c’est un collecteur de taxe donc c’est un pécheur !
Jésus accueille Zachée tel qu’il est et sait le reconnaître à sa juste valeur : c’est un fils d’Abraham !

Toute l’histoire de Zachée est résumée par ces deux affirmations : c’est un pécheur ou c’est un fils d’Abraham.

Pour la foule, Zachée est un pécheur !

Pour la foule, dire de Zachée « c’est un pécheur », c’est l’enfermer dans une catégorie. Les pécheurs, ce sont les gens à ne pas fréquenter. Ce sont les infidèles, les impurs, les gens de mauvaise vie. Pour la foule, Zachée est de ceux-là. Il est déjà jugé ! Victime des a priori.

Nous avons tous des a priori sur les gens. Mais il faut prendre conscience qu’ils sont autant de prisons qui enferment les autres… et nous-mêmes.

Ne souffrons-nous pas lorsque nous sommes victime d’a priori ? Je suis sûr qu’en tant que chrétien, peut-être plus encore en tant que protestant évangélique, vous avez déjà été confronté à des a priori des gens à votre égard. Convaincus que les chrétiens c’est comme ça, ils pensent ceci et ne font pas cela. Et ce n’est pas agréable…

Mais nous avons aussi nos a priori sur les autres. Regardez autour de vous. Que pensez-vous des gens que vous voyez ? Que savez-vous vraiment d’eux ? Quelle est la part d’a priori dans votre jugement sur eux ? Avez-vous déjà collé une étiquette sur leur front ?

Pour sortir de nos a priori, il y a deux règles d’or :
– Il faut se méfier des apparences.
– Il faut rejeter les étiquettes.

Les apparences sont trompeuses. La première impression que vous avez de quelqu’un est très rarement conforme à la réalité. Et pourtant, on en reste si souvent à cette première impression… Passez du temps avec quelqu’un, apprenez à le connaître vraiment et vous découvrirez quelqu’un d’autre. En bien ou en mal d’ailleurs…

Il faut rejeter les étiquettes. C’est pourtant tellement facile. On classe les gens en catégories et on les y enferme. Les politiciens. Les artistes. Les patrons. Les pasteurs (!) Ou alors les non-chrétiens. Les « gens du monde ». Ou même les catholiques. Les pentecôtistes… Et derrière ces étiquettes, on met en gros tout le monde dans le même panier.

Mais enfermer l’autre dans ses a priori, c’est refuser de le rencontrer tel qu’il est ! Et c’est, d’une certaine manière, le juger…

Pour Jésus, Zachée est un fils d’Abraham !

Pour Jésus, dire « c’est un fils d’Abraham », c’est reconnaître en Zachée un frère, un homme de foi. Et le dire publiquement, c’est inviter les autres à faire de même et changer de regard sur lui.

Jésus, lui, savait reconnaître la vraie valeur des gens et ne pas se laisser piéger par les apparences ou la réputation. Alors bien-sûr, on n’arrivera jamais à être comme Jésus. Il n’empêche, Jésus n’allait pas tout seul voir Zachée et les gens de mauvaise réputation qu’il n’hésitait pas à rencontrer. Il emmenait ses disciples avec lui ! N’est-ce pas aussi pour leur montrer l’exemple et les inviter à faire de même ?

N’y a-t-il pas pour nous un défi à accueillir comme Jésus accueille, à regarder comme Jésus regarde ? N’est-ce pas ainsi que nous pourrons glorifier Dieu dans nos relations ?

« Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu. » (Romains 15.7)

Sommes-nous prêts à changer notre regard ?
Sommes-nous prêts à aller au-delà des apparences et des réputations ? A aller vraiment à la rencontre des autres, à nous laisser surprendre par eux ?
Sommes-nous prêts à croire que les gens peuvent changer ou les enfermons-nous à tout jamais dans des a priori, incapable de retirer l’étiquette que nous avons collé sur leur front ?

Conclusion

L’histoire de Zachée est donc peut-être moins l’histoire d’un pécheur qui se repent que d’un homme victime de sa réputation. Nous sommes comme la foule, victimes de nos a priori. Et l’accueil du Christ nous invite à changer notre regard. Non seulement sur Zachée, mais aussi sur notre prochain !

L’offrande de la pauvre veuve

 

La semaine dernière, je vous ai proposé un autre regard sur l’histoire de David et Goliath. Et comme ça a visiblement plu à plusieurs, je vous propose ce matin de lire un autre récit assez connu, dans le Nouveau Testament cette fois, et de le voir aussi d’un regard différent. Il s’agit de l’épisode de l’offrande de la pauvre veuve.

Ici, je suis redevable à un collègue pasteur qui, lors d’une pastorale il y a quelques années, m’a ouvert les yeux sur ce texte, si bien que je ne peux plus le lire aujourd’hui comme avant.

Marc 12.41-44
41 Dans le temple, il y a un endroit où les gens donnent de l’argent en offrande. Jésus s’assoit en face et il regarde ce qu’ils font. De nombreux riches mettent beaucoup d’argent. 42 Une veuve pauvre arrive, et elle met deux pièces qui ont très peu de valeur. 43 Alors Jésus appelle ses disciples et leur dit : « Je vous le dis, c’est la vérité : cette veuve pauvre a donné plus que tous les autres. 44 En effet, tous les autres ont mis de l’argent qu’ils avaient en trop. Mais elle, qui manque de tout, elle a donné tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Traditionnellement, on loue la générosité remarquable de cette pauvre femme qui, proportionnellement, donne beaucoup plus que les riches qui, eux, donnent de leur superflu. Elle, elle donne de son nécessaire, tout ce qu’elle a pour vivre.

Je ne veux pas complètement nier cette interprétation. Mais est-ce vraiment la leçon que nous devons retirer de cet épisode ? Nous faut-il prendre en exemple cette femme et faire de même ? Pour répondre à cette question, le contexte de ce récit est particulièrement intéressant.

Qu’avons-nous juste avant ? Un discours sévère de Jésus à l’égard des maîtres de la loi :

Marc 12
38 Jésus dit dans son enseignement : « Attention ! Ne faites pas comme les maîtres de la loi ! Ils aiment se promener avec de grands vêtements, ils aiment qu’on les salue sur les places de la ville. 39 Ils choisissent les premiers sièges dans les maisons de prière et les premières places dans les grands repas. 40 Ils prennent aux veuves tout ce qu’elles ont, et en même temps, ils font de longues prières, pour faire semblant d’être bons. À cause de cela, Dieu les punira encore plus que les autres. »

Avez-vous remarqué cette expression au verset 40 : « Ils prennent aux veuves tout ce qu’elles ont » ? Littéralement : « ils dévorent les maisons des veuves ». Ils privent les veuves, une population particulièrement pauvre et fragile à l’époque, de leurs biens, de leurs moyens de subsistance. Et comment le font-ils ? En leur imposant un fardeau légaliste qu’elles ne devraient pas porter !

Et juste après ce discours, nous avons l’épisode de l’offrande de la pauvre veuve, qui met dans le tronc tout ce qu’elle avait pour vivre… Ce n’est pas une coïncidence !

Et cela se confirme si on considère ce qui se trouve juste après notre épisode : l’annonce, par Jésus, de la destruction du temple :

Marc 13
« 1 Ensuite, Jésus sort du temple, et un de ses disciples lui dit : « Maître, regarde ! Quelles belles pierres ! Quels grands bâtiments ! » 2 Jésus lui dit : « Tu vois ces grands bâtiments. Eh bien, il ne restera pas ici une seule pierre sur une autre, tout sera détruit. »

Autrement dit, nous voyons une pauvre veuve qui donne de son nécessaire, tout ce qu’elle a pour vivre, pour un temple qui va bientôt être détruit…

Est-ce que tout cela ne doit pas nous mettre la puce à l’oreille ? Quand l’apôtre Paul organise la collecte en faveur des chrétiens de Jérusalem, il invite bien-sûr à la générosité mais il précise aussi qu’il ne s’agit pas pour ses lecteurs de se mettre sur la paille mais de donner en fonction de leurs moyens ! « Car il ne s’agit pas de vous exposer à la détresse pour le soulagement des autres, mais de suivre une règle d’égalité » (2 Corinthiens 8.13).

Est-il juste que cette veuve, déjà en situation de précarité, se mette sur la paille en apportant son offrande au temple ? Je ne pense pas !

D’ailleurs, pourquoi Jésus se met-il à regarder comment les gens déposait de l’argent dans la Trésor du Temple ? Vous pensez qu’il ne savait pas ce qui se passait ? C’est plutôt qu’il s’attendait à voir quelque chose de précis. Et quand la veuve y dépose ses deux petites pièces, Jésus le fait aussitôt remarquer à ses disciples, comme si c’était exactement ce qu’il attendait de voir. Comme s’il leur disait : « vous voyez, c’est bien ce que je vous disais à propos des maîtres de la loi qui mettent les veuves sur la paille ! »

Le récit de l’offrande de la pauvre veuve ne serait pas alors un exemple de générosité à suivre mais un dramatique exemple d’un système injuste entretenu pour les autorités religieuses. La preuve que ce que Jésus dit des maîtres de la loi est vrai : « ils dévorent les maisons des veuves » !

Jésus ne dit d’ailleurs pas à ses disciples : « Regardez cette veuve et faites comme elle ! » Evidemment, il ne reproche rien non plus à cette femme. Elle est, certes, très généreuse. Mais Jésus la désigne avant tout comme une victime des chefs religieux qui exigent d’elle ce qu’elle ne devrait pas devoir donner.

Quelles leçons tirer de ce récit ?

Leçon 1 : L’institution religieuse peut être source d’injustice et d’oppression.

Dans cette séquence qui inclut l’épisode de l’offrande de la veuve mais aussi les paroles qui précèdent et qui suivent, il y a de la part de Jésus une critique de l’institution religieuse. Jésus dénonce une forme d’injustice et d’oppression des plus fragiles. Le tout justifié par l’enseignement des chefs religieux. Leur légalisme obtus pousse des pauvres veuves à se mettre sur la paille !

Et dans les évangiles, la destruction du temple que Jésus annonce est perçue aussi comme une forme de jugement de Dieu.
En réalité, le christianisme devrait être une religion sans temple, sans lieu sacré. Voyez les paroles de Jésus à la femme Samaritaine :

Jean 4
21 Jésus lui dit : « Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. (…) 23 Mais l’heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père.

Ca ne veut pas dire qu’il ne faut pas de temple ou d’église, qu’il ne faut pas prêter attention aux lieux de culte. Mais bien que les personnes comptent plus que les bâtiments, ce sont les pierres vivantes des croyants qui sont l’Eglise.

Le christianisme devrait être aussi une religion méfiante de l’institution religieuse, surtout quand celle-ci prend la place qui revient à Dieu. Relisez l’épître aux Hébreux, où Jésus apparaît comme l’unique grand prêtre, le seul intermédiaire entre Dieu et les hommes ! Tous les croyants sont prêtres, c’est ce qu’on appelle le sacerdoce universel.

Ca ne veut pas dire qu’il ne doit pas y avoir de structure d’Eglise, avec des responsables et des ministères particuliers. Mais il faut rester vigilant quant à l’institution. Le problème de l’institution religieuse, c’est quand elle devient une fin en soi : les clercs assoient leur autorité, les structures sont plus importantes que les personnes, le dogme prend le pas sur la vie.

Dans ce cas, l’institution religieuse peut devenir source d’injustice, d’oppression… et d’une certaine façon prendre la place de Dieu !

Leçon 2 : On peut être généreux de bien des façons… et nul besoin de se mettre sur la paille pour cela.

C’est peut-être ici plus un prolongement qu’une application directe de notre texte mais on peut sans doute dire quelque chose de la générosité à partir de ce récit. Certes, la pauvre veuve fait preuve d’une grande générosité… mais elle semble bien manipulée par les exigences folles des chefs religieux. Sous leur pression, elle se met en danger.

Il faut donc commencer par dire qu’on peut être généreux de bien des façons, sans forcément se mettre sur la paille. D’abord parce que la générosité n’est pas qu’une affaire d’argent. Elle est aussi affaire d’attention, d’écoute, de temps consacré à l’autre… On ne peut être généreux que de ce que l’on a. Du temps, on en a tous ! Et on n’est pas toujours prêt à le donner…

La générosité est une affaire personnelle, un appel que chacun doit entendre. A chacun de voir comment il peut y répondre, en fonction de ses moyens. La générosité est finalement relative. Dans notre récit, les riches qui donnent beaucoup ne sont pas forcément généreux… Il n’y a pas grand mérite à donner ce dont on est riche !

Nous sommes tous appelés à entendre l’appel à la générosité mais pour soi-même, pas pour les autres. Nous n’avons pas à dire comment les autres doivent être généreux. C’est trop facile d’exiger la générosité des autres… surtout quand on est soi-même riche ! Et c’est encore pire quand on le fait avec des motifs religieux comme dans notre récit !

La question de la générosité est personnelle, individuelle. Comment, moi, je pourrais être plus généreux ? Plus généreux avec mon argent, avec mon temps, avec mes dons et capacités, avec mes prières…

Conclusion

L’épisode de l’offrande de la pauvre veuve s’avère donc être d’abord une flagrante injustice, qui met en danger une femme en situation précaire. Et cela par la faute des chefs religieux ! C’est un scandale !

Je vous le dis (avec humour) : méfiez-vous des prêtres ! Et méfiez-vous des pasteurs ! Mais examinez toutes choses et retenez ce qui est bon… Et voyez comment, vous-mêmes, vous pouvez vous montrer demain plus généreux qu’aujourd’hui, avec les moyens qui sont les vôtres !