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Attendre sa venue

Aujourd’hui c’est le premier dimanche de l’Avent… Dans quel état d’esprit êtes-vous au début de cette période des fêtes de fin d’année ?

Pour certains, c’est une période de joie et d’excitation… et je ne parle pas seulement des enfants ! On ressort les décorations de Noël pour le sapin, on profite des illuminations le soir dans la ville, on va faire un tour au marché de Noël, on peaufine sa « liste pour le père Noël », on réfléchit aux cadeaux originaux à acheter ou confectionner pour ceux qu’on aime, on ressort les CD de chants de Noël traditionnels, on imagine les bons menus pour le Réveillon… « Les fêtes ? C’est le meilleur moment de l’année ! »

Pour d’autres, c’est une période de stress… C’est un vrai casse-tête pour trouver des cadeaux un peu originaux pour la belle-mère ou l’oncle machin, ou pour confectionner un menu qui plaira à tout le monde. Et puis il faut faire tous les achats, après les heures de boulot, et donc en se retrouvant aux heures de pointe dans les magasins et faire la queue pendant des heures aux caisses. Sans oublier une place pour le sapin, qui va mettre des épines partout dans la maison… et même si c’est un faux sapin, il faut quand même déménager la moitié du salon pour l’installer. « Les fêtes ? Vivement que ce soit fini ! »

Pour d’autres enfin, c’est une période difficile et triste… Certains n’aiment pas les fêtes parce qu’elles font remonter à la surface des souvenirs douloureux. Je pense à ceux qui ont perdu récemment un être cher et passeront les fêtes sans lui ou sans elle. Et puis il y a ceux qui sont seuls et qui s’apprêtent à passer le réveillon de Noël devant la télé, ou les familles désunies ou en conflit pour lesquelles la perspective de réunions de famille est une vraie inquiétude… « Les fêtes ? J’angoisse… »

Je suis sûr qu’on peut trouver ces différents sentiments parmi nous. Parfois même avec un mélange de plusieurs sentiments…

Mais comment peut-on vivre autrement ce temps de l’Avent, dans l’Eglise et en tant que chrétien ? Le calendrier liturgique nous invite chaque année à consacrer quatre dimanches à préparer la célébration de Noël. En venant à l’église le dimanche matin, nous pouvons décider de faire une pause, pour attendre Noël autrement.

Qu’est-ce qu’on attend pendant l’Avent ? Etymologiquement, l’Avent c’est l’avènement, la venue. C’est un temps où on se prépare à commémorer la venue du Fils de Dieu sur terre mais aussi où on se rappelle qu’on attend encore sa venue, une autre venue, celle de son retour, comme il l’a promis.

La question du retour du Seigneur était, il y a quelques décennies, un sujet brûlant dans les églises évangéliques. Chacun se battait pour son schéma eschatologique (le calendrier des événements liés au retour de Jésus), et ça allait parfois jusqu’à l’anathème pour celui qui ne pensait pas comme nous ! Heureusement, on en est sorti… mais il ne faudrait pas pour autant oublier que l’attente du retour du Seigneur fait bien partie de l’enseignement du Nouveau Testament. Et le temps de l’Avent est un temps propice pour nous le rappeler !
Cette attente de la venue du Seigneur peut d’ailleurs aussi être vécue de différentes façons.
On peut l’attendre avec joie, voire avec impatience, en se remémorant les promesses de l’établissement du Royaume de Dieu !
Mais on peut aussi l’attendre dans le stress ou l’angoisse, en s’interrogeant : Serai-je prêt ? Aurai-je fait tout ce qu’il faut ?

La question de l’attente du retour de Jésus-Christ est au coeur de la première lettre de Paul aux Thessaloniciens et l’apôtre s’efforce surtout de rassurer et d’apaiser les craintes de ses lecteurs, tout en les encourageant à persévérer dans leur attente. C’est le texte du Nouveau Testament de ce dimanche :

1 Thessaloniciens 3.12-4.3
12 Que le Seigneur fasse grandir de plus en plus l’amour que vous avez les uns pour les autres et pour tous ! Que cet amour ressemble à notre amour pour vous ! 13 Ainsi, le Seigneur remplira vos cœurs de sa force. Et quand notre Seigneur Jésus viendra avec tous ceux qui lui appartiennent, vous serez saints devant Dieu notre Père, et on ne pourra rien vous reprocher.
1 Frères et sœurs chrétiens, vous avez appris de nous comment vous devez vivre pour plaire à Dieu, et c’est bien de cette façon que vous vivez. Mais faites encore des progrès ! Nous vous demandons et nous vous conseillons cela au nom du Seigneur Jésus. 2 En effet, vous connaissez les conseils que nous vous avons donnés de la part du Seigneur Jésus. 3 Ce que Dieu veut, c’est que vous soyez entièrement à lui. N’ayez pas une vie immorale.

La perspective de ce texte est bien le retour du Seigneur (v.13), et le fait que nous soyons prêts pour son retour : « quand notre Seigneur Jésus viendra avec tous ceux qui lui appartiennent, vous serez saints devant Dieu notre Père, et on ne pourra rien vous reprocher. »

Être saint, ici, ce n’est pas être parfait ! Car alors on pourrait craindre de ne jamais être à la hauteur ! Être saint, ici, c’est être consacré à Dieu, lui appartenir… autrement dit, être prêt pour accueillir le Seigneur qui vient.

C’est Lui qui nous prépare

La première chose que dit ce texte à propos de notre attente du retour du Seigneur, c’est que c’est Dieu qui nous prépare à sa venue : c’est lui qui fait grandir son amour en nous, c’est lui qui nous remplit de sa force.

C’est quand même réconfortant. Ça nous enlève une sacrée pression : c’est lui qui nous prépare ! Pas besoin de nous demander si nous serons à la hauteur, si nous aurons fait tout ce qu’il fallait, si nous avons les ressources et les compétences nécessaires pour être prêt. C’est lui qui nous prépare à sa venue !

Il suffit de nous laisser remplir de son amour et de sa présence. Il y a comme un paradoxe : avant son retour, le Seigneur n’est pas absent. Être dans l’attente de la venue du Seigneur, c’est aussi s’ouvrir à sa présence aujourd’hui, par son Esprit. C’est lui qui nous remplit de l’amour de Dieu et de sa force, que nous soyons dans la joie, dans la tristesse ou l’angoisse.

C’est nous qui devons progresser

Mais la deuxième chose que dit ce texte à propos de notre attente du retour du Seigneur, c’est que nous ne pouvons pas vivre cette attente les bras croisés, passifs. Nous avons toujours des progrès à faire… Paul le dit aux chrétiens de Thessalonique : « Faites encore des progrès ! » (v.1). Et il rappelle un peu plus loin que ce que Dieu attend de nous, c’est un chemin de progrès spirituels constants : « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification » (v.3)

Ce rappel, chaque année, de l’attente de la venue du Seigneur doit entretenir en nous une certaine insatisfaction. Non pas pour ne jamais être content mais pour ne pas croire qu’on est arrivé au bout du chemin… Un des plus grands dangers pour notre vie spirituelle, c’est la suffisance, l’autosatisfaction. Elle commence quand on se compare aux autres et qu’on se dit que, finalement, on est plutôt pas mal comme chrétien.

Les chrétiens de Thessaloniques étaient plutôt des bons chrétiens ! Paul le dit : « vous avez appris de nous comment vous devez vivre pour plaire à Dieu, et c’est bien de cette façon que vous vivez. » Vous êtes de bons chrétiens ! Mais il ajoute aussitôt : « faites encore des progrès ! » Ne vous contentez pas de vos acquis, ne pensez pas une seconde que vous êtes arrivés au bout du chemin !

Et ce n’est pas contradictoire avec ce qui précède, c’est complémentaire… C’est Dieu qui nous prépare mais il ne le fera pas sans nous, à notre insu.
Oubliez que c’est Dieu qui nous prépare, et vous vous épuiserez à chercher à plaire à Dieu par vos propres forces, vous ploierez sous la culpabilité parce que vous n’y arriverez pas et vous vous découragerez de ne pas voir assez de progrès dans votre vie spirituelle !
Mais oubliez que vous avez votre part à faire, et vous oublierez aussi de vivre l’attente du Seigneur comme une autre façon de vivre sa présence. Votre attente sera vide, triste, sans espérance.

Conclusion

Et si nous vivions ce temps de l’Avent comme une occasion de nous rapprocher du Seigneur ? Attendre le Seigneur, c’est s’attendre à lui, dès aujourd’hui ! Il vient, par son Esprit, il s’approche de nous, là où nous sommes. Chacun peut y trouver son compte.

Regardez le récit de Noël ! C’est la fête, le choeur des anges se réjouit ! Mais c’est aussi le stress et l’angoisse : il vient dans une famille modeste en situation précaire puisqu’elle doit loger dans une étable !

Jésus nous rejoint là où nous sommes. Il vient se réjouir avec nous. Il nous apporte le repos au milieu du stress. Il apaise notre angoisse et nous console. Nous rapprocher de lui c’est le laisser nous rejoindre… et vivre sa présence autrement, dans l’attente de son retour !

Une place pour elles

 

Savez-vous qu’il existe au moins 500 journées mondiales dans l’année, pour des causes plus ou moins sérieuses ou importantes ? Certaines sont plutôt légères, voire farfelues. Par exemple :

  • 21 janvier : journée internationale des câlins (Hug Day)
  • 1er vendredi d’octobre : journée mondiale du sourire (à l’origine du fameux smiley !)
  • 1er samedi de septembre : Journée mondiale de la barbe
  • 4 mai : Journée mondiale Star Wars (May the Fourth… be with you)

D’autres journées sont soutenues par l’ONU, pour de grandes causes : en mémoire des victimes de l’Holocauste (27 janvier) ou de l’esclavage (25 mars), contre le travail des enfants (12 juin), journée internationale des femmes (8 mars), journée mondiale des réfugiés (20 juin), journée internationale de la paix (21 septembre)…

Mais savez-vous quelle est la journée qui est commémorée aujourd’hui, le 25 novembre ? La journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

J’ai une amie qui est à l’origine d’une initiative, en France, qui s’appelle « Une place pour elles ». Il s’agit de choisir une chaise dans un lieu public, éventuellement de la recouvrir d’un tissu de couleur, et d’y adosser une pancarte « Une place pour elles ». Une chaise vide pour signifier l’absence des femmes victimes de violences conjugales. Savez-vous que tous les trois jours, en France, une femme meurt sous les coups de son partenaire ? Chaque année, plus de 200 000 femmes se déclarent victimes de violences conjugales en France. Plus de 80 000 femmes adultes se déclarent victimes de viols ou tentatives de viols. Les chiffres explosent si on parle de toutes les violences dont sont victimes les femmes : physiques, psychologiques, verbales, sexuelles, économiques, spirituelles… que ce soit dans le couple, dans la famille, au travail ou ailleurs.

On en entend peut-être un peu plus parler aujourd’hui, après une certaine libération de la parole via les hashtags #MeToo ou #balancetonporc sur les réseaux sociaux, et suite à tous les scandales qui ont éclaté. Mais faut-il en parler dans l’Eglise ?

Il y a quelques jours, j’ai été contacté par une journaliste de l’hebdomadaire Réforme, pour un article qui est paru cette semaine à propos des violences faites aux femmes. Elle me demandait ce qu’on faisait et ce qu’on disait de ce sujet dans les Eglises évangéliques. Et j’ai bien dû répondre… qu’on n’en disait pas grand chose ! Vous en avez souvent entendu parler, vous, de ce sujet, dans une Eglise ?

Et pourquoi n’en parle-t-on pas, m’a-t-elle demandé ? Eh oui, au fait, pourquoi ? Penses-t-on que les cas ne se rencontrent pas dans les églises évangéliques ? Vraiment ? Se voile-t-on la face, pour préserver l’image de couples et de familles unis parce qu’on est chrétiens ? N’impose-t-on pas un silence qui fait peser un poids supplémentaire sur les femmes qui subissent ces violences, et qui n’osent pas briser le tabou ?

Aux USA, la parole s’est plus libérée qu’en France. Un hashtag #ChurchToo est apparu, dénonçant les violences subies, dans l’Eglise. Et des Eglises évangéliques, et même des responsables évangéliques, étaient aussi concernés !

La journaliste m’a aussi posé la question : pensez-vous qu’il soit légitime d’aborder ces questions dans les églises ? Oui, bien-sûr, ai-je répondu ! Pourquoi ? Parce qu’il y a un impératif biblique constant, qui traverse autant l’Ancein Testament que le Nouveau Testament : nous devons protéger et prendre soin des plus faibles, des rejetés, des victimes de toutes les violences.

Alors je me suis dit que j’allais en parler ce matin… D’autant que la Bible a bel et bien des choses à nous dire à ce propos. Je propose de l’évoquer dans un premier temps par une évocation globale de ce que la Bible nous dit des rapports entre les hommes et les femmes, puis dans un deuxième temps à partir d’un texte du Nouveau Testament qui évoque à quel type de relation nous sommes tous appelés en Christ.

Les hommes et les femmes dans la Bible

Au début, tout se passait bien, dans l’harmonie. Dans le récit de Genèse 1, l’homme et la femme sont créés en même temps, en parfaite égalité : « Dieu créa les humains à son image : il les créa à l’image de Dieu ; homme et femme il les créa. » (Gn 1.27) La Bible laisse même entendre que c’est en tant qu’hommes et femmes que les humains sont à l’image de Dieu !

Dans Genèse 2, tout est aussi paisible et harmonieux. Certes, dans ce récit, la femme est créée après l’homme… mais le texte souligne que tant que la femme n’avait pas été créée, l’homme n’était pas heureux. Dieu le constate : « il n’est pas bon que l’homme soit seul… » (Gn 2.18) Et l’explosion de joie (et d’amour !) de l’homme lorsqu’il voit la femme pour la première fois le confirme : « Cette fois, voici quelqu’un comme moi ! Elle tient vraiment de moi par tout son corps ! » (Gn 2.23 – PdV)

Mais c’est en Genèse 3 que ça se complique ! Le Serpent met en doute la parole de Dieu, fait naître la suspicion dans le coeur de la femme et l’homme qui désobéissent à Dieu… et l’harmonie est brisée, avec Dieu, entre l’homme et la femme. « Ton désir se portera vers ton mari, et lui, il te dominera. » (Gn 3.16) D’un point de vue biblique, la domination de l’homme sur la femme est bien un conséquence du péché, pas l’expression d’un ordre créationnel ! On ne peut donc pas la justifier !

Mais le mal est fait. Et même si dans l’AT, quelques fois, Dieu parvient à faire émerger une femme, une prophétesse comme Miriam, la soeur de Moïse, ou même une Déborah pour délivrer son peuple, la domination masculine est écrasante…

Dans les évangiles, les choses semblent changer, un peu. Certes, les 12 apôtres sont des hommes… Mais bon nombre de femmes font partie des proches de Jésus, elles jouent un rôle important, plusieurs sont données en exemple de foi, les premiers témoins de la résurrection sont des femmes ! L’élan se poursuit dans le reste du Nouveau Testament. Dans les Actes des apôtres, Priscille a instruit Apollos, Lydie a été la première chrétienne en Europe. Dans les salutations de ses épîtres, l’apôtre Paul nomme plusieurs femmes et les appelle ses collaboratrices, Phoebé est désignée comme ministre de l’Église de Cenchrées, Junia même comme apôtre…

Pourtant tout n’est pas si simple et l’apôtre doit plusieurs fois répondre à des questions ou des problèmes quant à la place des femmes dans l’Eglise. Il faut faire avec les traditions et les cultures de l’époque, il faut alors fixer quand même certaines règles, veiller à ce que ce ne soit pas un contre-témoignage envers l’extérieur. C’est, à mon avis, les raisons des quelques restrictions qu’on voit figurer dans certaines épîtres.

Mais Paul ne parle pas des femmes dans l’Eglise seulement en terme de restrictions et de limites. Ainsi, quand il évoque le changement radical que l’Evangile apporte aux chrétiens, jusque dans leurs relations, il affirme avec force : « Il n’y a plus ni Juifs ni Grecs, ni esclaves ni hommes libres, ni hommes ni femmes ; car tous vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ. » (Galates 3.28)

Il évoque trois fractures qui existaient dans l’Eglise et qui étaient appelées à disparaître sous l’influence de l’Evangile : entre Juifs et non-Juifs, entre esclaves et hommes libres, entre hommes et femmes. Et il faut reconnaître, avec tristesse, que la troisième perdure aujourd’hui… peut-être parce qu’elle est aussi la plus ancienne. On l’a vu, elle remonte à la Genèse !

De nouvelles relations en Christ

Ailleurs dans le NT, plusieurs textes soulignent la nécessité de relations transformées par le Christ. D’ailleurs, à la suite de l’exemple laissé par Jésus-Christ, l’idéal évangélique quant aux relations, pour tous, hommes ou femmes, c’est la soumission mutuelle. « Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte du Christ. » (Ephésiens 5.21) Ou comme le disait Jésus : « Si l’un de vous veut être le premier, il doit être l’esclave de tous. » (Marc 10.44)

Lisons ce que Paul écrit dans sa lettre aux chrétiens de Philippe. Ce sont les versets qui précèdent immédiatement ce grand hymne à la gloire du Christ qui a quitté la gloire du ciel pour se faire serviteur, jusqu’à la mort sur la croix :

Philippiens 2.1-4 (Bible en Français Courant)
1 Votre union avec le Christ vous donne-t-elle du courage ? Son amour vous apporte-t-il du réconfort ? Êtes-vous en communion avec le Saint-Esprit ? Avez-vous de l’affection et de la bonté les uns pour les autres ? 2 Alors, rendez-moi parfaitement heureux en vous mettant d’accord, en ayant un même amour, en étant unis de cœur et d’intention. 3 Ne faites rien par esprit de rivalité ou par désir inutile de briller, mais, avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. 4 Que personne ne recherche son propre intérêt, mais que chacun de vous pense à celui des autres.

Pensez-vous que ce que dit l’apôtre Paul ici ne concerne pas les relations entre les hommes et les femmes ? Evidemment non ! L’exhortation est générale, fondamentale et vraie pour tout chrétien, homme ou femme. Elle est motivée par l’union avec le Christ, son amour pour nous, notre communion avec le Saint-Esprit, le lien qui nous unit entre croyants… Bref, tout ce qui fait le coeur de l’Evangile. Et l’enjeu n’est rien d’autre que l’unité de l’Eglise.

L’exhortation de l’apôtre se résume par cette formule choc, absolue : « Considérez les autres comme supérieurs à vous-mêmes. »

Il ne suffit pas de considérer les autres comme nos égaux, il faut les considérer comme supérieurs à nous-mêmes. L’idée n’est pas de se rabaisser soi-même mais d’élever l’autre. Il s’agit de refuser toute relation basée sur la domination en faveur d’une relation basée sur le service.

Encore une fois, l’exemple de Jésus s’impose. Lui qui a, littéralement, pris la posture du serviteur, de l’esclave, en lavant les pieds de ses disciples. N’a-t-il pas dit ensuite : « Je vous ai donné un exemple : ce que je vous ai fait, faites-le vous aussi. » (Jean 13.15)

En réalité, quand nous adoptons la posture du serviteur, toute tentation de domination tombe. Et il ne peut plus être question de violence puisqu’on recherche les intérêts de celui ou celle au service duquel ou de laquelle on se met !

L’exhortation est pertinente pour toute relation où la tentation de la domination existe. Elle est encore bien présente aujourd’hui entre les hommes et les femmes. Mais on la trouve aussi en lien avec la fonction (le ministère), avec l’expérience ou la connaissance, la culture, l’âge, etc.

Toute autorité dans l’Eglise est une autorité de service. C’est pourquoi il est anti-biblique, contraire à l’Evangile, qu’une autorité s’exerce par la domination, peu importe ici qu’on parle d’un homme ou d’une femme !

Conclusion

Dans l’article de Réforme, une psychologue témoigne du cas d’une femme qui lui avait confié qu’elle subissait des violences conjugales et qu’elle craignait pour sa vie. Elle lui avait conseillé de trouver de toute urgence un lieu pour être en sécurité mais elle apprend 4 mois plus tard que cette femme a été tuée par son mari. Et plusieurs années plus tard, elle apprend que cette femme était pourtant bien partie se mettre à l’abri chez sa mère… mais que c’est son Église qui avait fait pression pour qu’elle rentre chez elle !

Si aujourd’hui vous êtes dans un telle situation, pensez à vous, pensez à vos enfants si vous en avez. Mettez-vous à l’abri. Brisez le silence ! Et en tant qu’Eglise soyons prêts à l’entendre, à ne pas nous voiler la face.

Autour de vous, en dehors de l’Eglise, vous avez peut-être des femmes qui sont dans cette situation et qui vous tendent des perches, vous lancent des appels au secours dissimulés. N’y soyez pas sourds !

Et puis examinons toujours nos paroles, nos attitudes, nos relations, dans l’Eglise et en dehors. Demandons à Dieu de nos purifier de toute forme de violence, physique, verbale, psychologique, de toute tentation de domination. Et choisissons d’emprunter humblement la voie ouverte par Jésus-Christ, celle du service !